Je vais y revenir : j'ai trouvé une discussion intéressante à ce propos.
Bonjour !
* Il faut être gentil.
Nature de la séquence « ETRE GENTIL »
En proposant « régime », je ne pensais pas être tombé sur une querelle de grammairiens.
Grevisse en fait un bel exposé ; je pense qu’il est utile de vous le reproduire pratiquement mot à mot.
1 Pour certains, la séquence est un PREDICAT ou un propos (De Boer).
2 Pour d’autres, c’est un COD (Brunot).
3 Le Bidois considère que c’est un TERME COMPLETIF du sujet. Cette théorie n’est pas tellement éloignée de la distinction traditionnelle entre sujet apparent et SUJET REEL, à laquelle sont revenus, avec des nuances diverses, beaucoup de linguistes, certains par résignation, d’autres de manière plus décidée (notamment les partisans de la grammaire générative).
Plusieurs grammairiens acceptent la notion de SUJET REEL quand la séquence peut être transformée en véritable sujet : Il est arrivé une catastrophe. -> Une catastrophe est arrivée,
Mais non quand c’est impossible : Il y a du bruit. Il faut de l’argent.
L’interprétation de Brunot a l’avantage que le pronom substitué à la séquence se met à la forme qu’il a comme COD.
* QUE lui faut-il ? Il ne sait pas ce QU’il lui faut. Il LE faut. Il me LES faut. QUE reste-t-il ? Ce QU’il en reste.
D’autres interprétations CONTREDISENT l’interprétation de Brunot, celle du COD.
1 La plupart des verbes impersonnels sont des verbes INTRANSITIFS.
* S’il naît un enfant pendant un voyage en mer… (Code civil 59)
2 Certaines constructions impersonnelles sont au PASSIF, ce qui est incompatible avec la notion de COD.
* Il a été décidé que la réunion serait remise.
3 Si le verbe est TRANSITIF, il peut parfois avoir un COD distinct de la séquence envisagée.
* Quand il ne M’amusera plus de ME DEGUISER… (Parturier)
4 Le PARTICIPE PASSE ne s’accorde pas avec ce qui est censé être un COD.
* Les efforts qu’il a FALLU.
* Les intempéries qu’il y a EU.
En conclusion, Grevisse conserve l’appellation de SUJET REEL :
1 à cause de la similitude avec des phrases où la séquence est sujet tout court,
2 parce qu’on peut considérer que les tours impersonnels sont souvent des transformations de ces phrases.
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Voici maintenant la source de ce que j’ai écrit à propos de REGIME.
Grammaire du français de Denis et Sancier (Usuels de Poche) :
« Pour bien marquer la spécificité de ce fonctionnement syntaxique, propre à cette structure, on conviendra, comme l’ont déjà proposé plusieurs grammairiens, de nommer REGIME cette fonction particulière. Ainsi, dans le tour « Il s’est produit une chose étrange », le groupe nominal « une chose étrange » sera analysé comme REGIME de la construction impersonnelle. »
Plus haut, cette grammaire avait invoqué :
1 l’impossibilité de pronominaliser la séquence, comme on le fait avec un COD :
* Il entre trois hommes. -> ° Il les entre.
2 l’impossibilité fréquente de la faire fonctionner comme sujet :
* Il faut que tu viennes. -> ° Que tu viennes faut.
3 il n’est pas bon de donner au sujet une définition sémantique (sujet réel), alors que le sujet doit préférablement avoir une définition syntaxique [celui qui donne ses marques au verbe].
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CONCLUSION
A vous de choisir entre COD, sujet réel, prédicat, terme complétif et régime.
Personnellement, je persiste à préférer régime.
Grammaticalement et cordialement vôtre,
Edy