Bonsoir Anas,
Je persiste et je signe : Oran n'a pas connu la peste au XXe siècle.
Il se trouve qu'il y a eu en 1941 et 1942, une grande épidémie de typhus en Algérie. Des zones entières ont été interdites, frappés de quarantaine, comme Oran dans le roman. On estime le nombre des personnes contaminées à 55000 pour 1941 et 200000 pour 1942, avec une mortalité de trente pour cent.
Camus a écrit dans ses Carnets, en 1942 : "Je veux exprimer au moyen de la peste l'étouffement dont nous avons souffert et l'atmosphère de menace et d'exil dans laquelle nous avons vécu. Je veux du même coup étendre cette interprétation à la notion d'existence en général." La peste est donc une allégorie de la condition humaine. C'est l'absurdité d'une existence qui débouche inexorablement sur la mort, la terre vue comme une prison, le lieu de toutes les lâchetés ou de tous les dévouements.
Bonjour Jean-Luc,
Pourriez-vous s.v.p. expliquer les expressions soulignées dans l'extrait de votre article, puisque je n'en ai pas tout à fait capté le sens. Votre article a bien éclairé cette oeuvre et donne envie de la relire.
D'autre part, malgré son refus du lyrisme, Rieux y cède parfois, surtout à partir de la 3e partie : la description des convois de tramways remplis de cadavres, passant sur la corniche qui domine la ville, face à la mer, n'est pas indigne de Lucrèce. Quelques pages constituent des morceaux d'anthologie,
Merci
Bonsoir Isibu,
Quelques explications complémentaires :
1 - Pour Lucrèce :
Cette page rappelle la poésie "noire" de Lucrèce par l'effroi devant le désordre, la solitude du témoin, le spectacle de la misérable condition humaine, le sentiment du néant, l'omniprésence de la mort, l'horreur physique, la mort palpable devenue obsessionnelle dans le recours aux descriptions macabres.
2 - Quant aux pages qui pourraient entrer dans une anthologie du lyrisme :
au début de la 4e partie, la mort de l’acteur sur la scène de l'Opéra,
le bain de mer pour les survivants.
Bonsoir Jean-Luc,
Merci beaucoup de votre réponse détaillée. Oui, maintenant que vous le dites et que je me suis un peu plus exactement renseignée sur Lucrèce, je vois bien que c’est son et eripitur persona, manet res dont tout ce roman témoigne.
D’ailleurs, j’ai trouvé bien aiguë cette définition d’une ville moderne : « une ville sans soupçon, c’est à dire une ville toute à fait moderne. »
Quel sont vos impressions sur La peste de Camus?
La plupart de ma classe n'a pas aimée mais j'aimerais avoir votre avis s'il vous plait
Dernière modification par webmestre (01/05/2008 19:44)
Je viens de lire La Peste, que j'ai beaucoup aimé du fait de son aspect symbolique de l'humanité ou encore de la montée du nazisme, mais il y a un terme dont je ne comprends pas la réelle signification: c'est celui "d'abstraction". En quoi le Peste est-elle une "abstraction"? Parce qu'elle représente un mal non concret mais symbolique ? Merci de me répondre (je précise que ce n'est pas pour un devoir, mais juste pour ma culture personnelle)