#1 26/11/2006 14:22

MéliePuce
220 message(s)
Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables : Le pouvoir des fables

Bonjour,
J'ai une analyse linéaire à faire de la fables du livre VIII qui s'intitule "le pouvoir des fables" et j'ai une ou deux questions à poser. Etant donné que je ne suis pas chez moi je n'ai pas mes livres d'histoire littéraire et j'aimerais savoir dans quel contexte a été écrite cette fable. qui était Mr Barbillon.
Pour ma part je suis en train d'éssayer de faire l'analyse ligne par ligne mot à mot, donc je n'en suis qu'au début même si dois le rendre vendredi (et oui comme d'habitude je travaille dans l'urgence)
Merci d'avance!


À bas l’orthographe sms !
 

#2 26/11/2006 14:27

préscillia
5 message(s)
Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables : Le pouvoir des fables

salut.
j'ai étudié le "pouvoir des fables". c'est quoi exactement que tu dois faire ? une analyse complète ?

 

#3 27/11/2006 21:09

MéliePuce
220 message(s)
Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables : Le pouvoir des fables

C'est une analyse linéaire, c'est comme un commentaire composé mais l'étude se fait non pas par axe mais en suivant le cour du texte.

 

#4 27/11/2006 21:14

mozart62000
425 message(s)
Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables : Le pouvoir des fables

La qualité d'ambassadeur
Peut-elle s'abaisser à des contes vulgaires?
Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères?
S'ils osent quelquefois prendre un air de grandeur,
Seront-ils point traités par vous de téméraires?
            Vous avez bien d'autres affaires
            A démêler que les débats
          Du lapin et de la belette.
            Lisez-les, ne les lisez pas;
            Mais empêchez qu'on ne nous mette
            Toute l'Europe sur les bras.
            Que de mille endroits de le terre
            Il nous vienne des ennemis,
            J'y consens; mais que l'Angleterre
Veuille que nos deux rois se lassent d'être amis,
            J'ai peine à digérer la chose.
N'est-il point encor temps que Louis se repose?
Quel autre Hercule enfin ne trouvait las
De combattre cette hydre ? Et faut-il qu'elle oppose
Une nouvelle tête aux efforts de son bras?
            Si votre esprit plein de souplesse,
            Par éloquence et par adresse,
Peut adoucir les coeurs et détourner ce coup,
Je vous sacrifierai cent moutons: c'est beaucoup
            Pour un habitant du Parnasse.
            Cependant faites moi la grâce
            De prendre en don ce peu d'encens;
            Prenez en gré mes voeux ardents,
Et le récit en vers qu'ici je vous dédie.
Son sujet vous convient, je n'en dirai pas plus:
            Sur les éloges que l'envie
            Doit avouer qui vous sont dus,
            Vous ne voulez pas qu'on appuie.
Dans Athèneautrefois, peuple vain et léger,
Un orateur , voyant sa patrie en danger,
Courut à la tribune; et d'un art tyrannique,
Voulant forcer les coeurs dans une république,
Il parla fortement sur le commun salut.
On ne l'écoutait pas. L'orateur recourut
            A ces figures violentes
Qui savent exciter les âmes les plus lentes:
Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu'il put.
Le vent emporta tout, personne ne s'émut;
            L'animal aux têtes frivoles,
Etant fait à ces traits, ne daignait l'écouter;
Tous regardaient ailleurs; il en vit s'arrêter
A des combats d'enfants et point à ses paroles.
Que fit le harangueur? Il prit un autre tour.
« Céres , commença-t-il, faisait voyage un jour
            Avec l'anguille et l'hirondelle;
Un fleuve les arrête, et l'anguille en nageant,
            Comme l'hirondelle en volant,
Le traversa bientôt.» L'assemblée à l'instant
Cria tout d'une voix: « Et Céres, que fit-elle?
            - Ce qu'elle fit? Un prompt courroux
            L'anima d'abord contre vous.
Quoi? de contes d'enfants son peuple s'embarrasse!
            Et du péril qui la menace
Lui seul entre les Grecs il néglige l'effet!
Que ne demandez-vous ce que Philippe fait?»
            A ce reproche l'assemblée,
            Par l'apologue réveillée,
            Se donne entière à l'orateur:
            Un trait de fable en eut l'honneur.

Nous sommes tous d'Athènes en ce point, et moi-même,
Au moment que je fais cette moralité,
            Si Peau d'Ane m'était conté,
            J'y prendrais un plaisir extrême.
Le monde est vieux, dit-on: je le crois; cependant
Il le faut amuser encor comme un enfant

Juste pour replacer le contexte.


L'innocence palmaire implorant les noirs cieux
 

#5 27/11/2006 22:43

Léah
9936 message(s)
Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables : Le pouvoir des fables

Je ne vois pas de Mr Barbillon dans cette Fable ?


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.
 

#6 28/11/2006 10:28

Jean-Luc
2940 message(s)
Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables : Le pouvoir des fables

Bonjour Méliepuce,

Je te joins quelques notes sur cette fable. J'espère qu'elles t'aideront.

Pouvoir des fables
La Fontaine

A M. De Barillon

La qualité d'Ambassadeur
Peut-elle s'abaisser à des contes vulgaires ?
Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères ?
S'ils osent quelquefois prendre un air de grandeur,
Seront-ils point traités par vous de téméraires ?
Vous avez bien d'autres affaires
A démêler que les débats
Du Lapin et de la Belette.
Lisez-les, ne les lisez pas ;
Mais empêchez qu'on ne nous mette
Toute l'Europe sur les bras.
Que de mille endroits de la terre
Il nous vienne des ennemis,
J'y consens ; mais que l'Angleterre
Veuille que nos deux Rois se lassent d'être amis,
J'ai peine à digérer la chose.
N'est-il point encor temps que Louis se repose ?
Quel autre Hercule enfin ne se trouverait las
De combattre cette Hydre ? et faut-il qu'elle oppose
Une nouvelle tête aux efforts de son bras ?
Si votre esprit plein de souplesse,
Par éloquence, et par adresse,
Peut adoucir les coeurs, et détourner ce coup,
Je vous sacrifierai cent moutons ; c'est beaucoup
Pour un habitant du Parnasse.
Cependant faites-moi la grâce
De prendre en don ce peu d'encens.
Prenez en gré mes voeux ardents,
Et le récit en vers qu'ici je vous dédie.
Son sujet vous convient ; je n'en dirai pas plus :
Sur les Eloges que l'Envie
Doit avouer qui vous sont dus,
Vous ne voulez pas qu'on appuie.

Dans Athène autrefois peuple vain et léger,
Un Orateur voyant sa patrie en danger,
Courut à la Tribune ; et d'un art tyrannique,
Voulant forcer les coeurs dans une république,
Il parla fortement sur le commun salut.
On ne l'écoutait pas : l'Orateur recourut
A ces figures violentes
Qui savent exciter les âmes les plus lentes.
Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu'il put.
Le vent emporta tout ; personne ne s'émut.
L'animal aux têtes frivoles
Etant fait à ces traits, ne daignait l'écouter.
Tous regardaient ailleurs : il en vit s'arrêter
A des combats d'enfants, et point à ses paroles.
Que fit le harangueur ? Il prit un autre tour.
Cérès, commença-t-il, faisait voyage un jour
Avec l'Anguille et l'Hirondelle :
Un fleuve les arrête ; et l'Anguille en nageant,
Comme l'Hirondelle en volant,
Le traversa bientôt. L'assemblée à l'instant
Cria tout d'une voix : Et Cérès, que fit-elle ?
- Ce qu'elle fit ? un prompt courroux
L'anima d'abord contre vous.
Quoi, de contes d'enfants son peuple s'embarrasse !
Et du péril qui le menace
Lui seul entre les Grecs il néglige l'effet !
Que ne demandez-vous ce que Philippe fait ?
A ce reproche l'assemblée,
Par l'Apologue réveillée,
Se donne entière à l'Orateur :
Un trait de Fable en eut l'honneur.
Nous sommes tous d'Athène en ce point ; et moi-même,
Au moment que je fais cette moralité,
Si Peau d'âne m'était conté,
J'y prendrais un plaisir extrême,
Le monde est vieux, dit-on : je le crois, cependant
Il le faut amuser encor comme un enfant.

1) Dégagez la structure de la fable. Que remarquez vous?
La structure de la fable est sa composition (ici dans la 2e partie) : tu peux remarquer la structure d'un apologue, un récit suivi d'une morale ou d'une leçon, le récit étant lui-même subdivisé en deux épisodes contrastés.
2) Relevez et analysez les indices de la parole qualifiant l'orateur. Que pouvez-vous en dire? Question un peu alambiquée, cherche les qualificatifs qui décrivent le premier discours de l'orateur.
Comment est qualifiée la première manière de l'orateur ? sa façon de parler au peuple ?
Je t'ai encadré les termes :

Dans Athène autrefois peuple vain et léger,
Un Orateur voyant sa patrie en danger,
Courut à la Tribune ; et d'un (art tyrannique),
(Voulant forcer les coeurs dans une république),
(Il parla fortement) sur le commun salut.
On ne l'écoutait pas : l'Orateur (recourut
A ces figures violentes
Qui savent exciter les âmes les plus lentes).
(Il fit parler les morts, tonna), dit ce qu'il put.
Le vent emporta tout ; personne ne s'émut.
L'animal aux têtes frivoles
Etant fait à ces traits, ne daignait l'écouter.
Tous regardaient ailleurs : il en vit s'arrêter
A des combats d'enfants, et point à ses paroles.
Que fit le (harangueur) ? Il prit un autre tour.


Que noter ? La violence et la force des propos, l'excès des moyens, le tout résumé dans l'expression "art tyrannique", or La Fontaine fait remarquer qu'Athènes est une République, donc une démocratie dont les valeurs essentielles sont la liberté et le consentement du peuple. Tu comprends pourquoi l'orateur échoue : il brime ses auditeurs et ne sait pas les rejoindre dans leurs goûts simples. Bien qu'il ait raison, il ne se montre pas efficace par suite d'une erreur dans sa stratégie argumentative. Avant de convaincre les Athéniens, il faut connaître intimement les Athéniens. Cependant, ayant eu la perspicacité de remarquer que certains s'intéressaient "A des combats d'enfants…", l'orateur va montrer son habileté et pouvoir donner sa leçon finale en acceptant de leur parler comme à des enfants (du moins au début) en utilisant une histoire pour captiver leur attention.


4) Que pensez vous du changement de stratégie de l'Orateur? Expliquez

L'orateur sert de justification au projet de La Fontaine. La fable a toujours été considérée comme un genre mineur. Pour défendre une cause, la rhétorique classique choisit le genre noble de l’éloquence. Or La Fontaine prétend que la fable avec son art du récit peut être plus séduisante et efficace qu'une démonstration aride même parée des prestiges de l'éloquence. Suprême habileté, il le démontre par une fable sur les fables. Si tu as compris les intentions du poète, tu peux alors apprécier personnellement le changement de stratégie du Démade d'Esope (l'orateur). Dans ton objet d'étude "Argumenter, persuader, convaincre", tu peux examiner l'efficacité des procédés démonstratifs de la fable qui se sert des aspects concrets et de la magie d'une anecdote révélatrice pour préparer une leçon qui ne sera plus de ce fait théorique.



La fable a toujours été considérée comme un genre mineur. Dans le « Proemium », l’humaniste italien Abstémius opposait déjà l’éloquence, genre noble, à la fable. Il avait lui-même emprunté le récit à Esope (« L’Orateur Démade »).


M. de Barillon: Il s’agit de Barillon d’Amoncourt, ambassadeur de France en Angleterre. Il aura pour mission de rallier le souverain britannique à Louis XIV. Paul de Barillon fréquentait les salons parisiens et spécialement le très coté salon de Mme de la Sablière où La Fontaine l’a rencontré.

Du Lapin et de la Belette: Allusion à la fable VII, 16 : « Le Chat, la Belette et le petit Lapin ».

L’hydre de Lerne est un monstre antique qui a été vaincu par Hercule.

Le Parnasse: C’est sur cette montagne de Grèce que vivaient les Muses, inspiratrices des poètes.

Athène: Pas de « s » pour la liaison.

Un orateur: Il s’agit du Démade d’Ésope.

Cérès: La déesse des moissons. On célébrait ses mystères à Éleusis.

Peau d'Ane: La Fontaine parle du « Peau d’Ane » dont parle Louison dans " Le Malade imaginaire de Molière. L’œuvre de Perrault portant le même titre ne paraîtra qu’en 1694.


Jean-Luc    "Il n'y a jamais nulle part où aller qu'en dedans." Doris Lessing :)
 

#7 28/11/2006 10:57

MéliePuce
220 message(s)
Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables : Le pouvoir des fables

Merci beaucoup Jean-Luc,
Bon j'avais trouvé à peu près la moitié des idées mais c'est toujours aussi mal formulé quabd sa sort de ma tordue de tête. Je vais m'y mettre sérieusement.

 

#8 28/11/2006 15:36

MéliePuce
220 message(s)
Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables : Le pouvoir des fables

Quelqu'un connais un site où je peux trouver les textes d'Abstémius, il est ni sur gallica ni dans mon Lagarde et Michard?

 

#9 21/01/2007 12:04

Akhésa
2 message(s)
Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables : Le pouvoir des fables

Merci à tous, j'avais moi aussi un travail à faire sur cette fable et vos indications m'ont bien aidées. Iil me reste cependant un point obscure : qui est Philipe dans :

Lui seul entre les Grecs il néglige l'effet !
Que ne demandez-vous ce que Philippe fait ?

La Fontaine doit surement faire référence à l'identité de l'orateur mais j'avoue que j'ai du mal à saisir à qui il veut nous faire penser. Avez vous une idée ?

Merci d'avance

 

#10 21/01/2007 14:51

Léah
9936 message(s)
Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables : Le pouvoir des fables

Non ce n'est pas l'orateur, je pense qu'il s'agit d'un personnage historique. L'orateur veut attirer l'attention du peuple sur des sujets graves, il n'y parvient pas et dit la fable de Cérès. Puis il se met en colère pour recentrer l'attention du public sur les sujets graves