panno a écrit :
Je viens de terminer L'élégance du hérisson de Muriel Barbery et Inasouvies, nos vies, de Fatou Diome. Je vais lire à présent je pense L'étranger de Camus, car ce n'est pas encore fait et c'est honteux pour une étudiante en quatrième année de lettres...
Il n'a rien de honteux ... Ce n'est pas que vous êtes en fac que vous avez obligatoirement tout lu (de toute façon c'est quasi-impossible...) Je suis certaine que vous allez vite corriger cet oublie. (mais il n'y a pas de raison à se sentir honteux, sauf si vous deviez l'étudier en cours...)
Pour ma part, je suis en pleine lecture de Et après de Musso et après je me met à la lecture de In Tenebris de Chattam.
Je viens de terminer Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise de Dai Sijie, que j'ai franchement adoré, et je viens de commencer Le Lièvre de Vatanen d'Arto Paasilina
Jérémy a écrit :
Impolitis ! Cela tombe bien, je regardais "qui a peur de Virginia Woolf", et je n'ai tjrs pas saisi pourquoi elle était citée dans ce superbe métrage avec Taylor !
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Bonjour Jeremy,
avant d'être un superbe métrage avec Taylor, c'est une pièce de théâtre d'Albee. Et j'ai bien peur que si vous n'avez pas saisi le sens du titre, vous avez probablement manqué le sens profond de la pièce.
Comme chacun sait Virginia Woolf a essayé dans ses oeuvres ( et réussi avec brio) de dépeindre l'âme humaine, ses pensées . Elle écrit selon la technique du "courant de conscience" afin de révéler les émotions profondes des personnages, et c'est absolument ce que cherchent à éviter les personnages de la pièce. Ils ne parviennent pas à communiquer d'une façon sincère en dévoilant leurs sentiments. Il est plus facile pour eux de communiquer en s'insultant ( ce qu'ils font tout le long) et en étant très durs et ainsi cacher leurs vrais sentiments.
D'ailleurs le fait qu'ils n'arrêtent pas de boire toute la soirée montre leur désir de masquer leurs émotions ( on cache la vérité en se saoulant, en jouant à des jeux douteux).
A la fin, dans l'acte intitulé "exorcisme" ( on comprend pourquoi) Martha admet la vérité (le fils imaginaire..etc) et dit enfin " oui , j'ai peur de Virginia Woolf" ,elle en a peur parce que cette romancière est connue pour essayer de comprendre les complexité de l'âme humaine( et elle, ne souhaite pas se dévoiler face à son mari et encore moins de comprendre elle-même ce qu'il se passe dans son moi profond).
Autre importance du titre, il ne faut pas oublier que l'histoire se déroule sur un campus, et que la question de l'ambition sociale ( symbolisée par Nick ) est également centrale.
Virginia Woolf est réputée pour être une intellectuel, ses oeuvres sont assez complexes, il y'a un sens étoffé à pouvoir comprendre. Ainsi dans cette ambiance de compétition sociale, les personnages peuvent avoir peur de ne pas comprendre Woolf et ne pourront pas l'admettre.
En fait le tire est vraiment très important parce que Albee part de la célèbre comptine " Who's afraid of the big bad wolf?" qu'il détourne en " who's afraid of Virginia Woolf?" ( pour toutes les raisons ci-dessus).
En prenant pour base la comptine ( modifiée par Martha, ce qui n'est pas un hasard), il nous plonge aussi dans l'univers de l'enfance, qui est un autre thème très important de la pièce ( le désir d'enfant des deux couples , mais aussi le fait que les deux couples sont eux même encore des enfants, ils ne sont pas réellement devenu adultes, et à cet égard ne sont pas prêts à être parents, idée symbolisée par Honey!)
Et ainsi la comptine elle- même ( qui sert de base au titre) devient le symbole de la peur qu'éprouvent les personnages à vivre sans illusion.
Référence aussi à Virginia Woolf parce la pièce a des liens forts et beaucoup de ressemblances avec Lappin and Lapinova de Woolf!
( Lapin c'est George, Lapinova Martha)
Enfin il y'a énormément de choses à dire sur cette pièce et sur son titre qui se pose comme une énigme ou une diversion ( en lisant le titre on s'attend à une comédie et le début nous conforte dans cette impression, on baisse ainsi notre garde; ce qui permet à Albee et à la cruauté de la pièce de mieux nous prendre à la gorge).
Finalement une question s'impose Jéremy : Avez-vous peur de Virginia Woolf? 
Clin d'œil dans le titre à la locution "who's afraid of the big bad wolf?" (=qui a peur du grand méchant loup).
Sans doute en parenté avec Petit Chapéron Rouge et le dessein animé des "Trois Petits Cochons".
Dernière modification par JSC (31/08/2008 17:11)
Je connaissais Nietzsche qu'avec Zarathoustra, ça remonte d'il y a quelques années, je le découvre avec la "Naissance de la Tragédie", "La Volonté de Puissance", "Par delà Bien et Mal" et "Le Crépuscule des Idoles".
Exceptionnel.
Et toujours, tout le temps : Rimbaud, Artaud, Char, Baudelaire, Céline, Hugo.
'Faut que je me lance dans Nerval, surtout "Aurélia" dont j'ai lu le résumé. Spinoza, Proust, Pauwels, Flaubert, Mallarmé, Saint-John Perse et Kafka sont mes lectures prochaines. Voilà ce que je lis, et ce que je lirai dans nombres de mois.
Les liaisons dangereuses de Laclos. Je le lis après avoir vu les films sur cette oeuvre.