Le Sphinx a écrit :
Vous avez sans doute lu Siddhartha et le loup des steppes. J'ai souvent conseillé le second à mes proches et ils m'en ont témoigné une gratitude durable, rappelant à l'occasion devant une personne que je ne connaissais pas encore que c'était moi qui leur avait fait découvrir. Ce livre semble marquer des vies.
Le Loup des Steppes a été pour moi aussi été un grand moment, et j’ai une expérience similaire avec mes proches. J’ai aimé Gertrude aussi, mais beaucoup moins Siddhârta. Je serais heureux de vous entendre sur ce livre, peut-être que vos impressions me donneront envie de le relire. Quelles confirmations vous a-t-il apporté ?
Peut-on seulement l'apprécier si on n'adhère pas un temps soit peu à la pensée bouddhiste ?
(Peut-on seulement l'apprécier en français quand on ne connaît pas l'allemand ?)
J'ai lu les oeuvres en français il y a quelques années. Je n'ai pas été impressionné par le style de la traduction, comme j'ai pu l'être par celle de L'homme sans qualités de Musil - approximativement de la même époque et du même pays. C'est le conflit moral, l'éclatement de la personnalité, et l'incompatibilité entre deux configurations du monde (Harry semble incapable de la légèreté d'Hermine et Pablo) qui m'avaient touché dans Le loup des steppes. Si je le relisais aujourd'hui, je serais vraisemblablement attiré par le thème social qui s'est glissé dans l'oeuvre: Harry garde la nostalgie du monde bourgeois, qu'il méprise par certains aspects mais auquel il reste attaché de fait.
Siddhartha m'avait fait, au contraire, l'impression d'une profonde unité, de résorber les conflits moraux, les opposés, les antagonismes, les luttes, de les subsumer dans un même tout spirituel. Cela m'avait procuré un effet de bien-être, de soulagement, lors de la lecture. Comme si, toute chose, en ce monde, était dans l'ordre normal des choses.
suivant mon programme estival, voilà où j'en suis
l'Eneide, de Virgile: un incontournable traduit maintes fois , mais je ne m'en suis pas lassée. bon, ça doit être mon côté féminin qui ressort mais parfois les descriptions de bataille m'ont vraiment ennuyée... il ya des longueurs donc. mais ce livre est aussi un vrai trésor, c'est une épopée donc j'ai beaucoup apprécié les querelles entre dieux ainsi que tout le côté merveilleux, avec ces monstres serpents qui surgissent de nulle part, comme celui qui dévore Laocoon et ses enfants. je n'ai pas préféré à l'Odyssée mais en revanche je trouve Enee beaucoup plus intéressant que Ulysse, qui,à mon sens est insupportable dans l'Odyssée (il n'arrête pas de geindre :p )
Middlesex, de Jeffrey Eugenides: alors là, j'ai été bluffée. je tenais déja cet auteur en haute estime, mais je crois qu'il va désormais rentrer dans mon palmarès des auteurs préférés. déja, ce que j'apprécié, c'est que Eugenides sait manier les différents regristres de langage à la perfection et il sait les mêler sans pour autant qu'on soit perdu. ensuite, l'histoire est prenante et trépidante, et cela faisait longtemps que je n'avais pas été aussi émue par une fin de personnage (en l'occurence, celui de la grand mère, Desdemona).
si Eugenides brosse le portrait d'un hermaphrodite, d'une petite fille devenu homme,histoire qui nous passionne, il dresse aussi le tableau d'une Amérique en construction, depuis le début du 20 èeme sicècle jusqu'à nos jours.
c'est mordant, c'est cynique, c'est émouvant, c'est drôle, on rit donc, mais on pleure aussi un peu et on referme ce livre de 600 pages à grands regrets.
pour l'instant je n'ai pas encore fini Sans Nom de Wilkie Collins, je rendrai mon verdict plus tard
En ce qui me concerne, je viens tout juste de terminer Andromaque, une tragédie classique de Racine. Bien qu'il n'y ait pas suffisamment d'actions(règle des trois unités). Le style envoûtant de Racine l'emporte, on a tout d'un coup envie de plonger dans les vers si bien écrit de Racine et d'y longer jusqu'à l'infini! Andromaque nous montre le dilemme ou se trouve une femme de bonne fois qui se trouve déchirée entre le fait de préserver la mémoire de son mari défunt Hector et de succomber aux avances du roi Pyrrhus, le meurtrier de son mari. Je n'ai jamais aimé les mythes de L'antiquité mais avec Racine Engouement et plaisir Garantis!

a présent je suis en train de lire Hamlet de shakespear, il me parait , à partir des premières scènes qu'il s'agit d'une pièce de théâtre inédite. il y a quelque jours j'ai terminé l'étranger d'Albert Camus. c'est un récit philosophique qui, une fois lu, pousse toute personne à méditer, à se poser certaines questions. je vous le recommande. lisez le, et j'aimerai bien en discuter après, et voir le point de vue de chacun de vous. a bientôt!
J'ai adoré le film Ran de Kurosawa. Aussi essayé-je de lire la pièce de Shakespeare le roi Lear, de laquelle le film tire son sujet. Je n'y arrive pas, cela me tombe des mains. Je suis bien embêté par ce genre de lecture: l'intrigue me plaît, mais la lecture est laborieuse, pénible et finalement sans saveur. Je crois que je vais laisser tomber.
D'accord avec Nouni pour Andromaque, que j'ai lu il y a peu de temps ! Seulement, j'ai lu La Curée de Zola juste après, et alors le style de la tragédie de Racine m'est apparu comme très dépouillé et au fond presque simpliste... De grandes lignes pures, des personnages entiers, mais... J'ai préféré le monde grouillant de notre ami Emile.