#1 18/11/2006 22:51

battosai
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Entraide scolaire et méthode "Je n'estime la poésie qu'autant qu'elle est l'ornement de la raison"

Bonjour, je suis en prépa littéraire et j'ai à faire une dissertation d'après cette citation de Voltaire...
D'après ce que j'ai compris, Voltaire associe raison et poésie, et substitue même la poésie à la raison... Ce qui peut paraître bizarre étant donné que la poésie coïncide généralemen plus avec une expression profonde du moi et des sentiments de l'auteur, considérations bien éloignées de toute reflexion dite "raisonnable".
Mais hormis cette approche plus que superficielle, j'éprouve les plus grandes difficultés à extraire de cette citation des données plus profonde et ainsi à batir un plan correct...
Si vous pouviez m'aider. Merci (P.S Sujet à traiter par rapport à l'histoire littéraire)

 

#2 18/11/2006 23:12

Jean-Luc
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Entraide scolaire et méthode "Je n'estime la poésie qu'autant qu'elle est l'ornement de la raison"

Bonsoir,

Voltaire est effectivement le tenant d'une poésie qui veut s'éloigner du sentimentalisme et des folies de l'imagination.

Son idéal est une poésie didactique et philosophique, une ornementation de la pensée.

Il a en particulier critiqué la poésie biblique pour ses délires.
Va voir ce lien.

Pour Voltaire, l’orient est le lieu de toutes les exagérations, de l’abus de l’imagination, en somme tout l’opposé de la mesure du rationalisme philosophique. Il en voit tous les dangers et les excès dans la Bible notamment et s’emporte contre ces tissus d’absurdité sur lesquels pourtant se fonde notre croyance religieuse : collines qui bondissent, chronologie biblique, miracles… Voltaire n’aura de cesse de démontrer que la Bible n’est qu’un tissu d’affabulations incohérentes. Autant dire que Voltaire n’est pas sensible au genre poétique. Dans le Taureau blanc de 1774, il se moque ouvertement des récits de l’ancien testament, avec l’histoire de la princesse égyptienne Amaside amoureuse d’un taureau blanc, en fait Nabuchodonosor victime d’un sortilège, gardé par une ménagerie particulière : serpent de la genèse, ânesse de Balaam, poisson de Jonas, chien de Tobie…
L'Orient, c'est donc le langage « fleuri », hyperbolique et outré : vois l'Épître dédicatoire de Zadig à la sultane Shéraa « charme des prunelles, tourment des cœurs, lumière de l’esprit, je ne baise point la poussière de vos pieds, parce que vous ne marchez guère… »


Jean-Luc    "Il n'y a jamais nulle part où aller qu'en dedans." Doris Lessing :)