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Merci Kroa pour la pertinence, la profondeur et la tenue de l'analyse.
Pour compléter les propos de ton professeur de faculté, il semble que la mode critique actuelle soit la génétique des oeuvres. La critique universitaire reste indispensable pour approcher les significations profondes d'une production, ce qu'elle doit à une culture... mais elle se révèle souvent peu efficace pour apprécier directement sa beauté de la même manière qu'un scalpel ne permet pas de mettre à nu une âme...
C'est pourquoi grande est la tentation de rattacher la littérature aux sciences humaines, à son sens, à son utilité, plutôt que de lui conserver son autonomie, sa recherche de l'accomplissement (du beau) dans son ordre propre, celui du langage.
Le Matin (ou "au matin") à la flûte c'est de Grieg ; Peer Gynt est aussi un roman de Ibsen
Le problème de la littérature, c'est que le matériau (les mots) n'est pas réservé aux œuvres littéraires exclusivement. En musique, les notes de musique ne servent qu'à écrire de la musique... Les mots sont accompagnés de connotations qui sont à la fois partagées par plusieurs personnes ; et qui sont propres à chacun de nous, selon le contexte affectif dans lesquels les enfants les ont entendus.
joli coup Léah.
Il n'est point de domaine impérméable aux autres pourtant. La musique est un texte et la lecture un chant. La peinture se construit et l'architecture se dessine et se lit ou se calcule. La sculpture se conçoit sur papier parfois et possède aussi un corpus théorique.
Les catégories sont artificielles, une simplification comode, rien de plus. Ex: Qu'est-ce qu'un son? Les éléments que nous percevons distinctement par un sens particulier ne sont pas distincts dans la nature.
Mais il est vrai que certains courants littéraires - et depuis toujours - sont porteurs de contenus philosophiques. Comme il est vrai que d'autres textes sont exclusivement dédiés à des plaisirs esthétiques. Vive la diversité!
Une des propriétés principales de la littérature est, il me semble, son caractère intellectuel ou conceptuel ; par opposition aux autres arts plus perceptuels. Une chose a changé: la lecture silencieuse (depuis qd déjà?)
Littérature, peinture, sculpture, la seule chose qui vaille, c'est la recherche.
Seul le cheminement est important, peu importe le moyen.
Vivre pour? pourquoi pas. Seul importe ce que nous faisons vers.
Et ne me parlez pas de perfection: elle est la mort personnifiée: encore une fois, c'est faire et aller vers qui importe.
Foin de ces querelles: vivons, nom de Dieu...C'est-àdire cheminons.....
La littérature n'est ni entre deux éléments ni de chaque côté:
ELLE EST.
A chacun d'y trouver ce dont il a besoin pour avancer.
Dernière modification par lebeau (27/01/2007 23:59)
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