#31 19/11/2006 20:04

godwin
4 message(s)
Sujets variés Poème : qu'en pensez-vous ?

Je pense que vous avez tous raison et tous tort. Car finalement, nous vivons un présent permanent entre Ancien et Moderne. Nous sommes des Présents. Quant à mes vers, je veux écrire quelque chose qui me ressemble. C'est tout. En tout cas, Alain a raison sur un point (eh oui ! Lol) : c'est que je suis content que mon cas fasse réfléchir et discuter. J'étais ouvert autant aux critiques positives que négatives, et je reste content que certains n'aiment pas ce que je fais et me fasse avancer.

Je suis allé faire un tour sur votre site et... je suis tombé sur un petit post laissé par notre cher Mozart ! Je comprends tes réactions, Mozart du 62 ! car nous nous ressemblons, non ? Je laisse aux critiques ton petit texte, très intéressant ma foi. Il faudra que tu m'envoies ta pièce, si tu le veux bien. Au moins tu auras une réponse.

Toutefois, deux critiques : la première, c'est que ton texte me semble être plus un texte à lire qu'à jouer : me trompè-je ? La seconde, c'est que tu fais de la musique avec les mots, non ? Comme moi !



« La fidélité ! La Fidélité !... La fatalité, oui ! A bat la fidélité ! L'échafaud de l'amour ! L'ordalie des désirs ! L'homme n'est pas fait pour cela. L'homme sauvage est volage... mais la conscience le secoue ! Alors, faut-il aimer ? Où faut-il, sans cesse, recréer l'homme à l'infini, sur toute terre, sur toute mère ? Aimer, vivre ; vivre, aimer : là est l'unique clef de l'écrin du plaisir. Aimer en vivant et consacrer tout un pan de sa vie à une autre personne, la connaître par coeur et du fond du coeur, mais se méconnaître quand même. Ou vivre à aimer, n'ignorant pas les nécessités de son propre corps et l'insatiable soif de beauté de son esprit... Alors ? Aimer ? Vivre ? Moi, mon choix est tout fait. Imaginez-vous donc chercher l'Unique sans toutefois trouver toute sa vie et errer et errer après l'Amour... – Mais errer après l'Amour, c'est tenter de saisir une âme en plein vol, c'est chercher l'âme qui vibre dans le vide des immensités !... Ou chaircher, incessamment, dans les impatientes prémices, parfois se tromper, mais souvent frapper juste et plus qu'au centre... Seul parmi tous ou seul contre tous ?... Quand l'amour est jeune et encore frémissant, qu'il commence à voir poindre sur sa chair les duvets voluptueux du violent frisson, l'homme n'a qu'un coeur faible et puissant, facile à briser, difficile à embraser... Puis le temps le rend de plus en plus sensible à la Beauté, et il pressent les premiers frissons comme des promesses d'insupportables jouissances, mais son unique coeur ne crie plus que pour une âme... Et, finalement, comme toujours, l'amour meurt, et l'ultime triste coeur désormais sensible à mourir à toutes les ineffables magnificences qui fugacent paisiblement ici-bas ne peut plus qu'expirer devant tant d'impossibilité !... Ah ! Saisissons notre coeur dès le berceau de ses états d'âme et exhibons-lui le monde et ses affluentes splendeurs ! Il expirera face à tant de possibilités !... Ne disons plus «  Nous n'en faisons qu'à notre tête ! » ; mais « Nous n'en faisons qu'à notre coeur ! ». Ah ! L'amour, la séduction, si lente et si plaisante, l'ardent désir, l'ardeur désirable même, l'impitoyable despotique jalousie, l'agaçante impatience toute faite d'excitation, de mystère et de soupir, l'omniprégnante obsession, les étranges fantasmes étrangers à notre être, le sublime, l'impérissable, l'expression essentielle de la conscience humaine, l'art même, l'impulsif uranisme profond, le défi de toute existence avant d'engendrer l'infime univers de notre univers : tout cela pour quoi ? D'après vous ? Pour quoi ? – Pour un sexe qui ressemble à tous les autres sexes. Vous ne l'ignorez point, nous tendons tous à la même perle baroque, étrange, humide, parfois fétide, pâle et marine : faudrait-il que nous nous battions pour une coquille de chair, pour une carcasse de pierre sensible, toujours différente toujours similaire ?... Eh bien non, pour moi, la Fidélité est callipyge et légère. Ainsi, si selon votre conscience, la fidélité résonne comme une félicité éternelle, infiniment enrichissante, comme une vie soeur attachée à votre sein par les lèvres du plaisir et de la réciprocité, elle n'exprime en moi que les tièdes pluies lourdes et monocordes pâlement éventées des fins de l'été... Mais que chacun fasse ce qu'il souhaite ! Vive la Liberté !... »

Je livre le texte à la critique !... (J'espère que tu ne m'en voudras pas...)

 

#32 19/11/2006 23:59

mozart62000
425 message(s)
Sujets variés Poème : qu'en pensez-vous ?

Ah, mille mercis Godwin... J'avais oublié que j'avais posté cette tirade. Personne ne m'avait répondu. J'en déduis que j'ai moins de talent que toi. Ou alors, le public est unanime. 

Je rigole. De toute façon, Alain va vite me montrer que je fais fausse route. D'ailleurs, j'ai arrêté d'écrire. Lol.

Petite question à Alain :

Le tour de force est de parvenir, dans l'espace précis et réduit du poème, à faire aboutir une
idée, de manière sensible au regard du discours qui se déploie presque inexorablement.

Qu'est-ce que cela veut dire ? Voilà une belle définition de la poésie avec des mots du quotidien.

Dernière modification par mozart62000 (20/11/2006 08:59)


L'innocence palmaire implorant les noirs cieux
 

#33 21/11/2006 12:42

mozart62000
425 message(s)
Sujets variés Poème : qu'en pensez-vous ?

C'est marrant, à chaque fois que ma tirade apparaît, le silence se fait... C'est si nul que cela ? Dites-moi donc.

 

#34 21/11/2006 15:44

Léah
9924 message(s)
Sujets variés Poème : qu'en pensez-vous ?

Je n'ai pas lu en détails, mais j'apprécie les "affluentes splendeurs"


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.
 

#35 21/11/2006 22:23

mozart62000
425 message(s)
Sujets variés Poème : qu'en pensez-vous ?

Merci Léah pour cette courte remarque. Essayez donc de lire en détails cette petite tirade, peut-être en vaut-elle le coup... Je ne sais trop que penser. Car personne ne semble frappé par un élan critique dévastateur ou exaltateur, voire les deux... Lol.

Je vais me tirer vendre des armes en Afrique...

 

#36 22/11/2006 21:38

mozart62000
425 message(s)
Sujets variés Poème : qu'en pensez-vous ?

Voilà, comme personne ne me répond, je vous assène la fin de mon acte II, lorsque Don Juan retrouve nostalgia et s'en va s'enfoncer au fin fond d'un sanctuaire pour... Vous le savez bien ! Lol.

DON JUAN
(Du grave à la joie souriante) Ah !... Nostalgia ! Comme je suis heureux de vous revoir ! Je m’impatientai de vous.

NOSTALGIA
Vous ne me demandez pas qui étaient ces hommes ? Et surtout ce qu’ils me voulaient ? Et...

DON JUAN
... Non. Ce ne sont que morts. J’ignore qui est ce Sarpédon, mais je l’espadonnerai comme les autres... Je ne veux rien savoir de ces hommes, au contraire je veux tout ignorer sinon l’amour que vous me portez... Le reste, vous savez, m’importe peu : tout est si étrange pour une seule vie.

LEPORELLO
(A part) De toute façon, la chair et le sang seuls l’intéressent.

DON JUAN
Alors ? M’aimez-vous ?... Nostalgia ? (En se rapprochant)

NOSTALGIA
(De même) Bien sûr que je... (Apercevant Leporello) Vous n’êtes point venu seul ?

DON JUAN
Eh bien non, voici mon Diable.

LEPORELLO
Vous me flattez, seigneur. (Révérences) Je ne suis qu’un de ses fidèles sbires... Vous n’ignorez pas, patron, que celui qui joue au diable joue au plus mâlin... (Silence)

DON JUAN
Leporello ?...

LEPORELLO
Oui, j’écoute patron.

DON JUAN
Veux-tu bien courir voir si les chiens sont partis ?... (Opine du chef) Et prends tout ton temps pour vérifier chaque arbre, chaque branche, chaque fourrée, chaque brin d’herbe, si jamais les chiens se feignent dans la forêt... (Bas) Nous prendrons le nôtre... (Leporello part, tête basse)

LEPORELLO
(Comme au public) Que voulez-vous ? Laissons-le s’amuser un peu avant la tempête...

DON JUAN
(Haut) A qui parles-tu, Leporello ?

LEPORELLO
A Dieu, seigneur, à Dieu...

DON JUAN
Ah bon. Eh bien, fais-lui signe de ma part et remercie-le pour sa bienveillance... pendant que j’encense son Innocente vertueuse... (Leporello disparaît en souriant)

NOSTALGIA
Que faire à présent ? Peut-être devrai-je retourner implorer dans mon tombeau, dans cette magnifique autopsie du Temps, pour ressourcer et ma foi et ma vertu.

DON JUAN
Non, de grâce, Nostalgia, de grâce, soyez-moi sympathique et éprouvez donc ce que les tréfonds de mon impatience me font endurer... Et toutes ces secondes qui, par kyrielles sempiternelles, s’écrasent devant et derrière moi, me cloîtrent à jamais dans l’attente inéluctable, incertaine, ignorante autant qu’imprévisible, de vous revoir, et m’éclatent le cœur jusqu’à le rompre cruellement. Ayez pitié de mon âme ! Ayez pitié de mon amour ! Car l’Amour est une âme puissante et généreuse dans ses souffrances. L’Amour est litanie de l’âme et violence de la chair. Comme l’on pardonne à l’homme qui se meurt ses désirs d’impatience, pardonnez-moi les tortures de mon ardeur, puisque je suis au lit de l’Amour. De grâce, je vous en supplie, ayez pitié de mon âme ! Ayez pitié de mon amour ! Restez. A peine vous avais-je croisée, il y a à peine un instant, ici, face à ce glorieux édifice étirant son emprise au plus haut des plus hautes cimes, et au-delà des plus anciennes, face à cette immensité droite d’un marbre acéré, je vous aimais déjà comme Dieu aime son incarnate Créature. Je voyais en vous le messie de l’amour, la mère de mon cœur, la mémoire de mon avenir, la source et le souffle et le soupir de tous mes sourires ! Ah oui !... Nostalgia, les poètes ont raison ! Et les peintres, et les musiciens, et tous les hommes de paix, de culte et de foi ! Prophètes sublimes de ce que nous n’admirons pas. L’Amour est grand, l’Amour est puissant, l’Amour est transcendant ! Grâce à sa toute-puissance sur nos êtres captifs, nous aimons, nous adorons, nous adulons, nous idolâtrons, nous louons, nous vénérons, nous brûlons, nous exubérons dans des instants d’infini nos bornes humaines... Ah ! (Il s’agenouille) Je rends grâce à l’Amour, à cette passion faite des supplices, des plaisirs et des plaintes solitaires et nocturnes... Ô Amour ! Toi qui tire des néants de nos entrailles les impeccables ténèbres des délices... Toi qui sièges au sein des univers présents et à venir... Ô Amour ! Force indélébile de toute vie, imprime dans les cordes des arbres, et les bruissements des cœurs qui errent, fourvoyés des fatalités, les murmures amoureux de ma chair qui ne cessent de monter en mon âme comme un vertige, comme une mer que l’immensité affame ! Car l’Amour seul exalte, car l’Amour seul transporte, car l’Amour seul incarne ! et que je vous aime de tout mon esprit... De grâce, croyez-moi : les ferventes flammes purifient mes lèvres ; je vous parle avec le cœur de la sincérité. Qui clame son amour enflamme ses souffrances. Nostalgia, voyez les feux qui m’échancrent l’âme... Nostalgia, je crois que l’Amour nous lie : où que vous soyez, je suis avec vous, et mon âme anime votre âme, et ma chair réchauffe votre chair... Et je crois que je vous... aime... Oui, je vous aime.

NOSTALGIA
Moi aussi, je suis avec vous. De toute ma vie. Je ne crois qu’en un seul Amour, tyran éclairé et poète dictateur, aussi visible dans nos yeux qu’invisible dans nos chairs, et cet Amour est le nôtre, à la fois enfant et mère de notre union, unique, indivisible, et absolu : nous sommes victimes, Don Juan, mon Don Juan, d’un amour créateur.

DON JUAN
Et le reste est silence ou plutôt... (Il l’embrasse partout lentement, petit à petit)

NOSTALGIA
In... car... na... tion...? (Decrescendo)

DON JUAN
Ab... so... lu... ment... (Decrescendo)

NOSTALGIA
(Fixement) Dans le sanctuaire ?

DON JUAN
Mais le sphinx ?... et vos contraintes ?

NOSTALGIA
Ne vous inquiétez pas, le sphinx n’a aucun mystère pour moi et je n’ai plus aucune contrainte... Venez : la nuit des désirs nous attend... (Ils entrent)
Rideau.

Peut-être verrez-vous ce que j'ai parodié dans la tirade de Don Juan.



s’il vous plaît...

Dernière modification par mozart62000 (22/11/2006 21:39)

 

#37 22/11/2006 23:48

Katarina
45 message(s)
Sujets variés Poème : qu'en pensez-vous ?

J'arrive un peu tard dans la conversation mais je vais donner mon avis. Je ne suis pas sensible à la poésie en général, elle m'ennuie même profondément... mais... parfois, j'ignore pourquoi, les mots me frappent par leur association et me touchent en plein coeur, j'en ressens des frissons, comme quand on écoute une belle musique. Ce que je crois, c'est que chacun ressent les mots selon sa sensibilité, son imagination et son vécu. C'est leur musique qui est importante, mais aussi le rythme des phrases entre elles, le sens qu'on leur donne. Pourquoi quelqu'un va-t-il être plus ému par un tableau qu'un autre ? Il faut rechercher dans son enfance, son insconscient, dans l'inconscient collectif, même. Parfois, je lis une phrase et je suis émue jusqu'aux larmes, j'en ignore la raison, mais je ne m'interroge pas, je le prends comme un cadeau. Dernièrement, une amie auteur m'a dédicacé son premier roman. Ses mots m'ont touchée à l'extrême, et j'ai beau les relire dix fois, vingt fois, j'ai la larme à l'oeil à chaque relecture. Ses mots me touchent, me transpercent, atteignent mon coeur. Voilà, c'est ça la poésie : aligner des mots bien choisis de façon musicale, émerveiller les êtres humains en utilisant l'écrit et son coeur. J'aime m'émouvoir sur les notes des mots, d'autant plus que je n'ai aucun talent pour écrire moi-même de la poésie.


Depuis que les femmes écrivent, les hommes ont perdu des plumes.
 

#38 24/11/2006 22:52

mozart62000
425 message(s)
Sujets variés Poème : qu'en pensez-vous ?

Alors, ma pièce intéresse-t-elle quelqu'un ?...



Assis


Assis sur mon banc contemplant les vies
Qui passent Que se passe t’il dans
Ma Vie ? Rien Le Néant Le Vide Le Vent
L’indicible déflagration de l’Ennui
J’erre ma pensée défilent mes soucis
Je fane à même la fleur de mes envies
Et je pleure et me perds de temps en temps...

Dernière modification par mozart62000 (25/11/2006 13:16)

 

#39 25/11/2006 23:04

Kroâ
82 message(s)
Sujets variés Poème : qu'en pensez-vous ?

Mozart62000 a écrit :

Peut-être verrez-vous ce que j'ai parodié dans la tirade de Don Juan.

T'es pas le seul à le parodier !!

Dernière modification par Kroâ (25/11/2006 23:10)

 

#40 26/11/2006 10:18

mozart62000
425 message(s)
Sujets variés Poème : qu'en pensez-vous ?

Coucou mon amie Kroâ,

Douze poèmes ? Bien sûr que non ...      Je suis allé sur le site que tu as indiqué insidieusement dans ton dernier message, et je n'ai vu que des footballeurs qui ne me renseignaient guère sur ce que j'avais parodié dans ma tirade. je ne vais donner la réponse tout de même... Surtout le jour du seigneur. A l'heure (enfin presque !) de la messe.

En tout cas, je suis content que tu aies répondu à mes questions.  Toutefois, pourrais-tu me dire si tu as apprécié les deux fragments théâtraux ? J'ai besoin de savoir si ceux-ci valent le coup. personne encore ne m'a donné son avis.



(même si c'est nul, il faut le dire....  )