En,tièrement d'accord Mozart. D'ailleurs, si les mots de tous les jours à eux seuls faisaient la poésie, ça se saurait chez les poètes ! Si ceux qui "font poème" faisaient la poésie, on le saurait tout autant. Ça ne me gêne pas de voir une cariatide ou un tanagra à côté d'une HLM... et ça peut faire un poème si c'est écrit comme il faut, dans l'ordre, ou mieux dans le désordre
Mais une phrase comme
La Pensée est une pierre sans cesse poussée vers les Sommets malgré ses mots "de tous les jours" pour moi ça fait pas poésie. Alors que
J’ai le cœur qui claque tout contre les cotes c'est déjà beaucoup mieux !
Enfin, Godwin a lu Baudelaire et les Parnassiens; C'est une bonne influence...
Dernière modification par Léah (17/11/2006 23:44)
Bonjour,
Ce que je dis concernant les mots est un excellent principe pas une doctrine. Il faut s'exorciser soi-même du démon de la fausse poésie, éloigner de soi son charlatanisme, refuser la parure facile que ne manquent pas de nous jeter aux yeux ces affections d'un autre siècle. Mais tous les mots peuvent surgir tant que leur présence devient simplement nécessaire, en musique ou en sens.
Moi, je pense que Alain ne comprend pas la musique
Je suis musicien et sans musique on ne peut pas écrire.
Un trou noir effaré dans le silence atterré
Faut oser ! Moi je trouve cela vieux.
Dernière modification par Alain (19/11/2006 12:22)
Nous revoilà dans notre bon vieux combat des anciens et des modernes !

Toutefois je pense que la poésie est au-dessus de cette lutte... Pourquoi ? Parce que la poésie est avant tout subjectivité, individualité, sentiments. Et si Godwin préfère exprimer son être ainsi, avec des mots qui sonnent justes, et des vers, certes, qui ont une consonnance parfois lointaine (pour ceux qui ne connaissent de la poésie que celles du XIXème) ? C'est son droit. Je ne pense pas qu'il cherche à réinventer la poésie.
Ce serait intéressant que nos fameux lecteurs réguliers nous donnent leur avis... N'est-ce pas Jean-Luc, Edy, Krystyna, etc ?

Réinventer la Poésie... depuis Rimbaud, Mallarmé et Lautréamont c'est assez périlleux !
Rebonjour à tous ! Je ne sais comment répondre à vos réactions, sinon par des poèmes. Il faut savoir cependant, que tout mot, aussi "quotidien" soit-il, est lourd d'une histoire, d'une phonologie, d'une série de sens parfois inconnu(s), étymologiques, archaïques, ou néologiques : aucun mot n'est clairement "quotidien", et surtout dans la poésie, car, dans le cadre du vers, de la prose poétique, ils ne sont plus DU TOUT utilitaire, ils sont NOUVEAUX, sans cesse changeants, et pour chacun DIFFERENTS.
Tel était mon amie. Jamais plus je ne vis
Son visage rieur et ses yeux de remords ;
Elle s'était évanouie, sans âme sans avis,
Et j'ignore, à regrets, où sa chair en démords.
Et seul, vague somnambule à l'aile ravie,
Maintenant j'erre, et nu, murmure matamore,
Je traîne creusement l'âme, plaine de vie,
Pâle, bien que cruelle, et je me remémore :
Les rires, ces éclats fantômes de l'Envie,
Les impatientes joies qui jaillissent des vi-
- Sages furieux contre ce Temps qui nous mord,
Et, ce regard tragique, brave archet de la Vie,
Qu'elle me susurre alors que je la convie
A vivre, à saisir la faulx qui la frappe à mort.
HUMANITE
Dans l'arche le déluge tonne
La pensée frappe Noé
Et la vague vorace résonne
Dans les hublots diminués
La vigne au coeur Noé chante
Pendant que la chair lui tangue
Et que la nuit feule et vente
Et que l'âme va battant la langue
L'ombre gémit le temps s'ennuie
La pluie conspire dans les yeux
Comme si chaque front à la vie
Confrontait son désir silencieux
Mais Noé les bras ouverts tourné
Vers les Cieux sombre et content
D'une lèvre pense "Liberté !"
Et de l'autre verse un étang !...
REND-COEUR
Mes rives prochaines sont des lèvres grises
D'infernales agitations de membres émus
Je me jette dans ces bras d'affres brises
Comme dans l'Oubli effroyable femme nue
Je ne suis plus qu'une aile incertaine et perdue
Voletant sur des eaux volages et surprises
Se déchirant la poitrine sur un vide pendu
Où ne battent plus que les secondes en crise
L'océan me prête sa rose nuque pour naviguer
Les vaines vagues palpitent sous ma rame aigüe
J'erre et sous mon aile inquiète les femmes gaies
Hurlent leurs seins dans leurs chevelures déçues
Les mains crispées du désir incroyable de mourir
Elles s'arrachent la chair sanglantes et terribles
Et tout en se griffant les couinements de rire
Des rouges élans de leurs morsures m'épient horribles
Je vais et leur rage sublime supplie mon calme
D'unir mon nom à leurs ombres malsaines et pâles
L'abysse est sous mon pas L'abîme me tend sa lame
Je vais mes lèvres à demi sur leurs rages égales
Je me traverse et les hyènes ivres de charognes
Se crèvent les yeux leurs ongles vomissant de furie
Des lambeaux de regard des loques de hargnes
Mains de feux Oeil de vide Coeur de folie
Elles vont s'abîmant en eux-mêmes éparses et nues
Nombrils creux grouillant de girons écrabouillés
Et crient des crânes sans langues en râles crûs
Comme si l'univers n'était plus qu'une mâchoire rouillée
Les femmes ne sont que des cercles bruyants
Le Temps coule la vie s'écoule et roule mon corps
Sur l'étroite pente du déchirement des sangs
Je pars d'autres pensées encore attendent encore...

Dernière modification par godwin (18/11/2006 12:07)
Oui Godwin, la poésie réinvente sans cesse les mots. Chacun répond à d'autres dans une relation de sons et de sens dont chaque poète a "sa" clef
Cet alex est impair !
Seul, vague somnambule à l'aile ravie,
et quand il s'agit de la faux de la Mort on écrit faulx
Ben donne-nous des exemples de djeun !
Rien à voir avec mon propos.
Nous revoilà dans notre bon vieux combat des anciens et des modernes !
Jamais compris qu'il y avait un combat, les anciens n'ont pas raison, c'est tout.
Je ne pense pas qu'il cherche à réinventer la poésie.
C'est ce que j'avais remarqué. Mais la poésie comme tout ce qui est humain est toujours en
réinvention, je dirais même, simplement en invention.
Ben donne-nous des exemples de djeun ! Sourires j'ai écrit ça parce que tu écris "moi je trouve cela vieux" Ça veut dire quoi "vieux" en poésie ? Pourquoi les anciens n'ont-ils pas raison ? et pourquoi ce "c'est tout" qui péremptoire ?
Oui la poésie est en invention, sans cesse. Je ne vois pas vraiment où Godwin n'invente pas ?
Il faut s'exorciser soi-même du démon de la fausse poésie, éloigner de soi son charlatanisme, refuser la parure facile que ne manquent pas de nous jeter aux yeux ces affections d'un autre siècle Je suis tout-à-fait d'accord, mais il y a autre chose dans les textes de Godwin : une émotion et une sincérité qui "passent" sous ces mots que tu trouves ringard, et qui ne le sont pas du tout.
Dernière modification par Léah (18/11/2006 23:01)
pourquoi ce "c'est tout" si péremptoire ?
Parce que la poésie a une manière radicale d'envisager la vie. C'est un petit écho de Rimbaud quand il disait que la poésie doit être "résolument moderne". Ce ne sont pas des mots en l'air, c'est réellement trouver le chemin d'être moderne, absolument.
Quand la magie réussi ont ne s'apperçoit pas que l'on lit un poème, ont est choqué par le circuit qu'une voix est parvenue à offrir aux mots.
Vieux en poésie veut dire surfait et emprunté, non réel, non présent.
Mon cher Goldwin, je voudrais simplement te faire entendre une voix plus profonde. Ecrire c'est précisément ne pas écrire, comme vivre c'est ne pas vouloir vivre, chanter pas chanter...
La poésie n'est pas un jeu littéraire, c'est toujours une révolution. Si vous saviez qui vous dit cela vous comprendriez.
(Léah)