#1 09/11/2006 18:39

Linoa
8 message(s)
Entraide scolaire et méthode Flaubert, Madame Bovary, II, 8

Bonjour à tous!

je me présente vite fait quand même, je suis Linoa, et je suis étudiante en 2e année de Lettres Modernes.

Ce semestre nous avons un cours sur Madame Bovary, et j'ai été désignée pour un commentaire oral !

Pour ceux qui peuvent m'aider, l'extrait se trouve dans la deuxième partie du roman, chapitre VIII ("Il se tenait les bras croisés sur ses genoux [...] la voix du Conseiller qui psalmodiait ses phrases").

Je sais que je dois certainement traiter du personnage d'Emma, mais je me demande si je ne dois pas le lancer en problèmatique (comme: Comment apparait le personnage d'Emma dans ce passage? ou Quelles sont les caractéristiques du personnage d'Emma?) ou bien si je dois faire une partie sur elle! si ce n'est qu'une partie, que me conseillez vous comme autre(s) partie(s)?


D'avance merci beaucoup!

 

#2 09/11/2006 21:08

mozart62000
425 message(s)
Entraide scolaire et méthode Flaubert, Madame Bovary, II, 8

Il se tenait les bras croisés sur ses genoux, et, ainsi levant la figure vers Emma, il la regardait de près, fixement. Elle distinguait dans ses yeux des petits rayons d'or s'irradiant tout autour de ses pupilles noires, et même elle sentait le parfum de la pommade qui lustrait sa chevelure. Alors une mollesse la saisit, elle se rappela ce vicomte qui l'avait fait valser à la Vaubyessard, et dont la barbe exhalait, comme ces cheveux-là, cette odeur de vanille et de citron; et, machinalement, elle entreferma les paupières pour la mieux respirer: Mais, dans ce geste qu'elle fit en se cambrant sur sa chaise, elle aperçut au loin, tout au fond de l'horizon, la vieille diligence l'Hirondelle, qui descendait lentement la côte des Leux, en traînant après soi un long panache de poussière. C'était dans cette voiture jaune que Léon, si souvent, était revenu vers elle; et par cette route là-bas qu'il était parti pour toujours! Elle crut le voir en face, à sa fenêtre; puis tout se confondit, des nuages passèrent; il lui sembla qu'elle tournait encore dans la valse, sous le feu des lustres, au bras du vicomte, et que Léon n'était pas loin, qui allait venir ... et cependant elle sentait toujours la tête de Rodolphe à côté d'elle. La douceur de cette sensation pénétrait ainsi ses désirs d'autrefois, et comme des grains de sable sous un coup de vent, ils tourbillonnaient dans la bouffée subtile du parfum qui se répandait sur son âme. Elle ouvrit les narines à plusieurs reprises, fortement, pour aspirer la fraîcheur des lierres autour des chapiteaux. Elle retira ses gants, elle s'essuya les mains; puis, avec son mouchoir, elle s'éventait la figure, tandis qu'à travers le battement de ses tempes elle entendait la rumeur de la foule et la voix du Conseiller qui psalmodiait ses phrases.

J'ai collé le texte, c'est mieux ainsi... 


Quelques idées vite fait...

- Analyser le vocabulaire AXIOLOGIQUE du passage. Les verbes de perception. Tout ce qui apparaît POSITIF.
- Les fonctions des REMINISCENCES (Léon, Vaubyessard)
- Le symbolisme de "l'hirondelle" (l'oiseau messager)
- L'importance du MOUVEMENT, ce qui est ici essentiel : la Bovary a besoin de mouvement, de bouger, de "tourbillonner" ; l'immobilité la fige, l'ennuie. Elle est toute entière dans l'inconstance. Relève donc tout ce qui participe du MOUVEMENT : syntaxe (mime l'élan de la valse), ponctuation, isotopie, etc.

Il est même possible d'élaborer ta problématique à partir de cette nécessité du mouvement qui caractérise clairement le personnage de Bovary.   

Voilà pour l'instant.


L'innocence palmaire implorant les noirs cieux
 

#3 09/11/2006 23:21

Léah
10050 message(s)
Entraide scolaire et méthode Flaubert, Madame Bovary, II, 8

Et resituer le passage dans le cours du roman. (les Comices agricoles)
Importance aussi des sensations olfactives (le sens qui réveille nos plus anciens souvenirs)


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.