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Bonjour,
Je travaille sur un texte de Marguerite Duras, pour me préparer à la composition trimestrielle de français demain... J'ai pris une 1h30 pour analyser et établir un plan ! Je remarque que c'est toujours aussi médiocre, mon analyse est incomplète... J'ai eu le malheur, une fois le plan et la problématique terminés, de lire le corrigé fourni par mes annales, ça ne correspond absolument pas, il me manque énormément d'informations ! Ça me décourage un peu, mais voici tout de même mon travail.
L'enfant va voir vers le bar, elle n'entre pas bien sûr, elle va sur l'autre pont. Là il n'y a personne. Les voyageurs sont à bâbord pour guetter l'arrivée du vent de la haute mer. De ce côté-là du navire il y a seulement un très jeune homme. Il est seul. Il est accoudé au bastingage. Elle passe derrière lui. Il ne se retourne pas sur elle. Il ne l'a sans doute pas vue. C'est curieux qu'à ce point il ne l'ait pas vue. Elle non plus n'a pas pu voir son visage, mais elle se souvient de ce manque à voir de son visage comme d'un manque à voir du voyage. Oui, c'est bien ça, il portait une sorte de blazer. Bleu. A rayures blanches. Un pantalon du même bleu il portait aussi, mais uni. L'enfant était allée au bastingage. Parce qu'ils étaient si seuls tous les deux de ce côté-là du bateau sur ce pont désert, elle aurait tellement voulu qu'ils se parlent. Mais non. Elle avait attendu quelques minutes. Il ne s'était pas retourné. Il désirait rester seul, plus que tout au monde il désirait ça, être seul. L'enfant était repartie. L'enfant n'avait jamais oublié cet inconnu, sans doute parce qu'elle lui aurait raconté l'histoire de son amour avec un Chinois de Cholen. Au bout du pont, lorsqu'elle s'était retournée, il n'était plus là. Elle descend dans les coursives1. Elle cherche encore la double cabine où elles ont leurs couchettes, la mère et elle. Et puis elle s'arrête de chercher tout à coup. Elle sait que ça ne sert à rien, la mère restera introuvable. Elle remonte sur le pont-promenade. Sur l'autre pont l'enfant ne trouve plus sa mère non plus. Et puis elle la voit, elle est plus loin cette fois-ci, elle dort encore, dans une autre chaise longue, légèrement tournée vers l'avant. L'enfant ne la réveille pas. Elle retourne encore dans les coursives. Elle attend encore. Puis elle repart encore. Elle cherche son petit frère Paulo. Et puis elle cesse de le chercher. Et puis elle repart vers les coursives. Et elle se couche là, devant la double cabine dont la mère a oublié de lui donner la deuxième clé et elle se souvient. Et elle pleure. S'endort. Un haut-parleur avait annoncé que la terre avait disparu. Qu'on a atteint la pleine mer. L'enfant hésite et puis elle remonte sur le pont. Une houle très légère est arrivée avec le vent de la mer. Sur le bateau la nuit est arrivée. Tout est éclairé, les ponts, les salons, les coursives. Mais pas la mer, la mer est dans la nuit. Le ciel est bleu dans la nuit noire, mais le bleu du ciel ne se reflète pas dans la mer si calme soit-elle et si noire. Les passagers sont de nouveau accoudés au bastingage. Ils regardent vers ce qu'ils ne voient plus. Ils ne veulent pas rater l'arrivée des premières vagues de la haute mer et avec elles celle de la fraîcheur du vent qui d'un seul coup s'abat sur la mer. L'enfant cherche encore sa mère. Elle la retrouve cette fois encore endormie dans ce sommeil d'immigrée à la recherche d'une terre d'asile. Elle la laisse dormir.
Rouge = Procédés stylistique
Vert = Repérages
Bleu = Interprétation
1- Réseau lexicaux:
- Navire
"bastingage, bâbord, navire, pont, coursives, salon…"
>> Termes techniques, surabondance de lieux, souvenir précis = ancré dans sa mémoire.
- Mer
"Mer, terre disparue, vent de la mer, houle premières vagues, fraîcheur du vent"
>> Contexte naturel favorisant la solitude, le calme. Mer entourant, attirante > centre d’attraction, de divertissement = solitude.
- Quête, recherché, attente
"Va voir, pour guêter, elle cherche encore, elle cesse de chercher, ils ne veulent pas rater"
>>Jeune fille cherche quelque chose, à atteindre quelque chose, à échapper à quelque chose, attente de compagnie, recherche désespérée.
- Déplacement
"Passe derrière, retournée, elle descend, elle retourne, puis elle repart, elle remonte"
>> Désir de compagnie = quête obsédante : elle cherche dans tous les endroits du bateau quelque part où échapper à la solitude.
- Inaboutissement
" »n’entre pas, n’a pas pu voir, il ne s’était pas retourné, mais non, restera introuvable, elle cese de chercher, hésite, elle la laisse dormir"
>> Quête non aboutie, recherche désespérée = inutile, vaine = ECHEC .
- Solitude
" seuls, désert, il désirait rester seul, si calme, si noire"
>> Solitude devient oppressante, cherche compagnie = ne toruve personne, panique la gagne, solitude l’accable.
2- Figures de style
- Comparaison
"Manque à voir de son visage comme d'un manque à voir du voyage"
>> Manque prend place, inaboutissement ; voyage # exotisme = ECHEC
- Répétition
" elle retourne encore, elle attend encore, puis elle repart encore"
>> Souligne le caractère désespéré de la recherche, volonté répétitive d’échapper à sa solitude.
- Polysyndète
"et puis elle la voit, et elle se couche là, et elle se souvient, et elle pleure"
>> Actions rapides, envahissantes, obsédantes : juxtaposition des actions. Traumatisme obsédant.
- Anaphore
"Et puis elle la voit, et puis elle cesse de la chercher, et puis elle repart"
>> Actions rapides = panique l’envahit, tourne dans tous les sens ; elle va, vient et revient = espoir
- Chiasme
" Le ciel est bleu dans la nuit noire, mais le bleu du ciel ne se reflète pas dans la mer si calme soit-elle et si noire"
>> contexte sombre, inquiétant amène à la solitude = tragique ?
- Antithèse
" Ils regardent vers ce qu’ils ne voient plus"
>> Antithèse exprime son état intérieur, chercher désespérément ce qu’elle ne peut trouver = compagnie ?
- Métaphore
" Sommeil d’immigrée à la recherche d’une terre d’asile"
>> « terre d’asile », terme ambigu. Toujours la présence de la recherche / quête. Point où se rattacher, sentiment de perdition : panique = à quoi se rattacher, perdu, voué à la solitude (inéluctable).
3- Procédés grammaticaux
- Phrases courtes
" Phrases courtes / parataxe "
>> Traumatisme perdure, toujours là lorsqu’elle écrit = l’envahit : phrases traduisent ce choc, ce traumatisme, comment dire l’indicible.
- Usage du présent
"elle n’entre pas, ne se retourne pas, elle remonte, ne voient plus, elle la retrouve, la laisse"
>> Vivacité du souvenir, revit la scène en même temps que nous. Solitude envahit l’adulte.
- Utilisation de la 3e personne
"l’enfant, elle"
>> Détachement, position d’observateur, prise de recul = distance entre elle et ce qu’elle était, sentiment aboli ?
- Actions rapides et brèves
" Et puis elle la voit, elle retourne, elle attend, puis elle repart, cherche"
>> Traduit le traumatisme = juxtaposition des actions, tout se même, souvenir envahit l’auteur.
- Personnages désignés très vaguement
"l’enfant, sa mère, le jeune homme, on, les passagers"
>> Problème de la mémoire ? Détachement de la scène ?
- Interruption du narrateur
"C’est curieux qu’à ce point il ne l’ait pas vue », « elle se souvenait de ce manque d’avoir…"
>> Volonté d’établir un lien avec le présent = passerelle temporelle. Réflexion de l’auteur sur la scène. Interrogations face aux doutes qu’elle avait exprimé jadis.
- Construction particulière des phrases
"Il désirait ça, être seul"
>> Traumatisme, impression que c’est l’enfant qui parle.
- Utilisation de temps passés
" Etaient si, désirait, était allée, était repartie, partait, avait attendu, il désirait ça"
>> Rupture = inaboutissement, marque l’impossibilité et l’échec de la quête par rapport au jeune homme.
4- Sonorités
- Allitération en [r]
"bar, entre, autre, personne, voyageurs, arrivée, retournée, remonte, regardent vers"
>> Panique ronge l’enfant, donne du rythme au phrasé
- Allitération en [s]
"son visage, se souvient, ce manque, sorte, aussi, étaient si"
>> Envoûtant, traduit le sentiment de la jeune fille ? recherche de communication ?
En quoi ce texte est-il différent des autres ? Qu'est-ce qu'il le caractérise ? En quoi est-il original ?
Montre l'échec de la jeune fille = échec dans son désir d'échapper à la solitude.
Restitue un souvenir traumatisant.
Exprime les difficultés (timidité, pas de contexte favorable) = la ronge / de la petite à communiquer.
ISOLEMENT DE LA JEUNE FILLE
Tentatve de se rattacher aux autres, se sent perdue, égarée.
Restitution d'un souvenir qui a marqué son enfance.
Problématique: Dans quelle mesure peut-on dire que ce texte nous restitue un événement marquant qui traduit l'isolement de l'enfant ?
Plan proposé:
I- Restitution d'un souvenir qui a marqué son enfance.
1) Narration atypique;
2) Traumatisme perdure chez l'auteur qui revit la scène;
3) Un souvenir à jamais ancré dans sa mémoire.
II- Mais un texte qui tend à exprimer un sentiment d'échec de la jeune fille.
1) Recherche désespérée de communication, de relation avec les autres;
2) Isolement de plus en plus pesant traduit l'inaboutissement de sa quête;
3) Solitude qui l'envahit finit par le déchirer.
Dans le corrigé fournit par les annales, ils travaillent sur la relation entretenue entre l'auteur et le personnage ! Je crois que je n'ai pas assez travaillé sur les caractéristiques de l'autobiographie... J'espère que vous pourrez critiquer mon analyse, me conseiller quant à mon approche d'un texte, mon analyse, etc. Mon travail et vos conseil finiront bien par me faire progresser, j'espère du moins...
Merci beaucoup à l'avance,
Zadek
Dernière modification par Zadek (dimanche 09 novembre 2008 à 14 h 23)
Bonsoir,
Je sais que ça n'est pas un travail primordial, et que ça n'est pas pressé; mais j'aimerais tout de même boucler ce texte pour passer au suivant, avec une nouvelle méthode d'analyse. Donc si vous en avez et le temps et l'envie, ce serait sympathique de votre part de vous plancher sur mon analyse, ses manques, et les raisons de la médiocrité de mon plan
.
Je vous remercie grandement,
Zadek
P.-S. N'y consacrez pas non plus trop de temps; je le rappelle, c'est un travail personnel qu'en aucun cas je ne dois rendre... Aucune échéance donc toute l'année pour le faire !
Dernière modification par Zadek (samedi 15 novembre 2008 à 22 h 52)
Bonsoir Zadek.
Simple curiosité, qu'est-ce qu'une composition trimestrielle?
Ah oui, je comprends ta question:
Je travaille sur un texte de Marguerite Duras, pour me préparer à la composition trimestrielle de français demain...
En fait, pendant une période, généralement une semaine, les professeurs mettent en place des devoirs dans les enseignements obligatoires, à savoir Français, Histoire-Géorgaphie, LV1, LV2, Enseignement scientifique et Mathématiques-Informatique pour la filière L. Ce sont des devoirs-bilans qui marquent le plus souvent la fin d'un trimestre et dressent ainsi un inventaire des notions acquises, ou sensées être acquises, durant les 3 mois !
En ce qui concerne le français, l'enseignement scientifique et les Mathématiques-informatique, les sujets sont des sujets type BAC. C'est pour cette raison que je me suis entraîné sur le texte de Marguerite Duras ! D'ailleurs, pour les compositions, nous sommes tombé sur ce sujet; aussi, pour éviter d'être trop favorisé, j'ai choisi la dissertation.
Et pour en revenir à mon texte, quelques conseils ?
Merci beaucoup,
Zadek
Je vais finir par paraître agaçant, mais personne pour critiquer mon analyse ? 
Cordialement,
Zadek
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