Bonsoir à tous,
Ls dictionnaires auxquels je peux accéder donnent, au mot Ulex, une seule référence, Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXXIII, 21, où Pline décrit, entre autres choses, son emploi pour recueillir l'or des roches montagneuses.
Ce mot, qui désigne actuellement en botanique, depuis Linné, des plantes voisines des genêts, désignait dans l'antiquité un arbuste "ressemblant au romarin". Son sens précis est donc inconnu. Pour tâcher d'en savoir plus, je suis à la recherche d'autres passages de Pline contenant ce mot, ou d'autres auteurs de l'antiquité qui auraient utilisé ce mot. Mais en existe-t-il ? Qui le saurait ? Quelle méthode bibliographique peut-on utiliser dans ce genre de recherche ?
Merci à l'avance.
Zorah
En faisant une recherche Google sur 'Jardins des simples' ou 'Jardins monastiques' on risque de tomber sur, par exemple ceci.
Je suppose, donc que l'espèce fut connue et répandue.
Sur Perseus, on le trouve effectivement seulemnt deux fois chez Pline :
33,25 :
alius etiamnum in plano labor. fossae, per quas profluat, cavantur - agogas vocant - ; hae sternuntur gradatim ulice. (...) ulex siccatur, uritur, et cinis eius lavatur substrato caespite herboso, ut sidat aurum.
Par Google, on le trouve aussi dans des livres de science naturelle du XIXe sous la forme ulicibus.
On ne connait pas l'étymologie de ulex.
Quant à Ulysse, voisi ce qu'en dit Wikipédia :
Le nom d'Ulysse existe sous plusieurs formes en grec ancien ; beaucoup d'entre elles possèdent un doublet en λ : Ὀλυσσευς, Ὀλυσευ, etc., d'où l'emprunt latin Ulixēs.
L'étymologie du nom n'est pas connue. Homère le rattache au verbe ὀδυσάω / odusáô, « haïr, être fâché ». Ainsi, au chant XIX de l’Odyssée, Autolycos déclare :
« Comme j'arrive ici fâché contre beaucoup de gens,
hommes et femmes sur la terre qui nourrit les hommes,
que cet enfant se nomme Le Fâché. »
Il s'agit cependant plus d'un jeu de mots que d'une véritable étymologie.
Dernière modification par Anne345 (09/10/2008 23:09)
Merci à tous les deux. Donc c'est bien ce que je craignais, ulex ne se trouve très probablement que dans Pline, deux fois à quelques lignes d'intervalle, à XXXIII.21. (XXXIII.25 est une référence erronée, mais j'y ai trouvé une leçon de thérapeutique très intéressante : "Marcus Varron assure que l'or fait disparaître les verrues." Voilà qui va encore faire monter le cours de l'or.)
Vivement que toute la littérature de l'antiquité soit accessible à tous sous forme numérique ! A ce propos, et puisque nous sommes à la fois dans un sujet de botanique et dans l'antiquité, voici quelque chose qui rappelle quelque peu l'histoire de ulex, en pire. Il y a eu dans l'antiquité une femme célèbre pour sa beauté, du nom de Lycaste. Elle a donné, par la grâce de John Lindley (botaniste anglais, XIXè siècle) son nom à un genre d'orchidées néotropicales. Or cette femme n'a ou n'aurait jamais existé ! De chercheurs de l'université de Sydney on cherché le nom de cette beauté dans leur immense bibliothèque gréco-latine numérisée, sans succès... L'étymologie ou l'origine du nom de Lycaste reste inconnue, comme celle d'ulex.
Zorah; le PHI et le TLG regroupent l'immense majorité des écrits classiques gréco-latins, sous forme numérique, et aisément consultable donc.
ulex n'apparaît que chez Pline, dans ton passage. Cela n'aide pas pour savoir de quoi il s'agit..
Tyagin a écrit :
Zorah; le PHI et le TLG regroupent l'immense majorité des écrits classiques gréco-latins, sous forme numérique, et aisément consultable donc.
ulex n'apparaît que chez Pline, dans ton passage. Cela n'aide pas pour savoir de quoi il s'agit..
Merci Tyagin. J'ai essayé en vain de consulter ce site (TLG). J. André a publié en 1985 aux éditions Les Belles Lettres un livre intitulé Les noms de plantes dans la Rome antique. Il y parle de ulex, m'a-t-on dit. Mais le livre est épuisé et même les sites d'ouvrages d'occasion n'en ont pas pour le moment. Je serais très curieux de connaître ses conclusions, non sur l'étymologie du mot, puisqu'elle est inconnue (Anne345), mais sur sa signification. Peut-être cet arbuste et son emploi pour recueillir l'or (ou pour des usages culinaires ?) se retrouve-t-il ailleurs, sous d'autres noms, avec plus de précisions. Je verrai dans une bibliothèque la prochaine fois que j'irai à Paris.