#1 03/11/2006 17:28

jason
3 message(s)
Entraide scolaire et méthode Définition du tragique

Bonjour,
voilà je suis en prépa HEC1 et le professeur nous a donné une définition du tragique selon Ionesco qui est : " Le tragique: lorsque dans une situation exemplaire tout le destin humain se joue" la question est: cette définition vous semble t-elle juste ?

Je pensais évoquer le renouvellement du tragique par Ionesco et parler de ces pièces comme "Le roi se meurt", et comparer avec les anciens auteurs comme Eschyle, Sophocle ou Euripide. Quel type de plan je pourrai faire, j'avais penser à Thèse/Anti thèse/Synthèse mais qu'est-ce que je pourrai dire sur cette définition parce que c'est le point de vue de Ionesco, ensuite dans l'anti thèse je peux citer d'autres auteurs qui ont abordé ce thème autrement et donc avec une autre définition, auriez vous une idée dessus ? J'ai peur aussi de n'avoir rien à dire dans la synthèse, je peux dire que la définition de Ionesco est bonne mais qu'elle n'est que son point de vue, cela ne ressemble pas plutôt à une conclusion ?

merci de votre aide

 

#2 03/11/2006 22:56

Jean-Luc
3033 message(s)
Entraide scolaire et méthode Définition du tragique

Bonsoir Jason,

Je commencerai par définir ce qu'était la tragédie au siècle classique en insistant notamment sur ses liens avec le sacré. Ionesco avec ses mots reprend les grands principes : situation exemplaire = personnages nobles, destin humain = fatalité, mort inéluctable... Terreur et pitié, aveuglement des héros....
Pourtant il semble qu'il ait substitué la notion d'absurde à celle de sacré, (irruption de forces qui dépassent l'homme et le broient).
Chez tous les poètes tragiques, nous retrouvons la défaite de l'homme. En sort-il grandi chez tous ?

Si tu choisis un plan dialectique, tu aurais un mouvement qui serait :
Oui, la tragédie classique est bien...
Mais en s'éloignant du sacré, elle évolue vers le drame, parfois aussi pathétique, mais moins étouffant que l'univers tragique...
Dépassement : les auteurs modernes qui ont voulu retrouver les "recettes" de la fascination tragique mais ne pouvant plus se référer culturellement à l'écrasement de l'homme par des divinités cruelles ont cherché du côté de l'absurde. Le résultat est-il aussi puissant ? Ce théâtre ne sombre-t-il pas dans le dérisoire ?


Jean-Luc    "Il n'y a jamais nulle part où aller qu'en dedans." Doris Lessing :)
 

#3 03/11/2006 23:13

speak
48 message(s)
Entraide scolaire et méthode Définition du tragique

Salut,
Moi (c'est ce que je fais tout le temps, je commence toujours par une étude étymologique, historique du mot et ça aide !) :


La tragédie est une œuvre théâtrale lyrique dont l'origine remonte au théâtre grec antique. On l'oppose à la comédie, et dans la Grèce antique, on l'opposait également au drame satyrique.

La tragédie apparaît à Athènes avec la comédie. Elle est dans le cadre des fêtes de Dionysos (fin janvier et fin mars), et donc originellement confinée aux rites religieux. Les archontes (gouverneurs de la cité) organisaient annuellement un concours entre trois dramaturges, chacun présentant trois tragédies et un drame satirique. Le meilleur d'entre eux était ensuite récompensé, et ses œuvres conservées ; très peu de tragédies non récompensées nous sont parvenues. Cependant, comme le souligne la définition d'Aristote, la catharsis a un rôle aussi si n'est plus important que la fonction rituelle. En outre, la fonction sociale était elle aussi prédominante puisque les citoyens les plus riches supportaient les frais du spectacle alors que les moins aisés percevaient une indemnité pour y assister. Cette cérémonie peut donc sous certains aspects être rapprochée du Colisée romain.

L'étymologie du terme est complexe. S'il faut y voir un lien avec le bouc, comme le suppose Aristote dans sa Poétique, cela soulève de nombreux problèmes. Le nom, en grec, est τραγῳδία / tragôidía, que le philosophe grec analyse comme un composé de τράγος / trágos, « bouc » et ᾠδή / ôidế, « chant ». Or :

Aristote prétend que le bouc rappelle là les satyres du cortège dionysiaque qui précédait les séries de représentations. Les satyres ne sont cependant jamais associés au bouc et le cortège dionysiaque est bien plus évocateur du drame satyrique que de la tragédie ;
si le bouc est bien un animal proche de Dionysos (il dévore les pousses de vigne et on peut le sacrifier pour le dieu), il n'y a pas de sacrifice d'un bouc lors des représentations, ou alors les sources manquent pour le prouver. On pourrait croire que c'était là la récompense offerte au dramaturge vainqueur mais on ne trouve que deux témoignages directs d'un tel trophée.
On peut alors penser que le bouc dont il est question est à comprendre de manière figurée : la tragédie serait le chant de la victime expiatoire tragique qui portera les angoisses des spectateurs pour les purifier. En dernière analyse, on peut y voir, a posteriori, une forme du bouc émissaire hébraïque. Quoi qu'il en soit, déjà pour les Grecs, la tragédie est un genre édifiant.

Source : Wikipédia

Dernière modification par webmestre (03/11/2006 23:36)