chris_ves a écrit :
PS Dis, Didinette (pardon, c'est facile), qu'est-ce que tu as contre les textes anciens ? Les modernes ne sont pas meilleurs pour être plus récents
Non, mais ils ont le mérite d'être plus récents.
Les plus allègres écrits que j'ai pu lire sont tous comprit dans une seule oeuvre: Les chants de maldoror
Après, il y a Germinal, Anna Karénine, Du côté de chez Swann, Les fleurs du mal, La maison Nucingen... Mais, rien n'égale les chants de Maldoror selon moi.
Pour ma part, incontestablement, ce sera Le Maître et Marguerite de Boulgakov ("Y pensez-vous, reine? grinça le chat. Est-ce que je me permettrais de verser de la vodka à une dame? C'est de l'alcool pur!")
J'admire aussi Dostoïevski et tous ses chefs-d'oeuvre (Crime et châtiment surtout, les Frères Karamazov, l'Idiot, le Joueur un peu moins et lVétchny mouj qui est pourtant peu connu), Pouchkine et son Eugène Onéguine, Gogol et ses nouvelles...
Il y a ce petit rien de l'âme russe, cette capacité inouïe à retranscrire tout aussi bien la violence la plus sauvage que la pesanteur dans la grâce qui m'aura toujours émerveillée. Je préfèrerai toujours une Anna Karénine à une Emma Bovary, un Eugène Onéguine à un Julien Sorel... Il y a chez eux comme une candeur toute violente, que je n'arrive pas à m'expliquer.
Peut-être suis-je aussi légèrement influencée par le fait que mes parents ont fait leurs études en Russie.
"A la dialectique s'était substituée la vie, et quelque chose de tout différent devait s'élaborer dans sa conscience." (Crime et Châtiment)
Cher Metropolis ( dont le pseudonyme a un nom identique a mon film préféré
)
Je suis également un fanatique de Dostoïevski, notamment de la conception du mal qui se dégage des frères Karamazov, tout comme j'adore Crime et châtiment. Mais n'êtes vous pas d'accord que L'éternel mari était tout simplement cousu de fil blanc ? Et n'êtes vous pas lassé de l'ostentation à le croyance que dégage Dostoïevski dans ses écrits ?
Je vous dit cela car ce sont les deux seuls reproches que je ferais à Dostoïevski
Non, c'est certain, moi-même étant philosophiquement agnostique et en pratique athée, le souci de la rédemption et de l'exaltation dans la foi pèse lourd à mes yeux sur son oeuvre (surtout dans Crime et Châtiment et les Frères Karamazov où la foi entre considérablement dans les mobiles de ses personnages).
Cependant, je trouve que cela n'enlève rien au formidable talent de Dostoïevski à faire de la psychologie. (Je vous encourage d'ailleurs vivement à lire la Deuxième dissertation dela Généalogie de la morale de Nietzsche, au chapitre 15, qui, à mon avis, donne une dimension purgée de la crainte divine à la construction psychologique de Raskolnikov).
Finalement, je préfère encore Dostoïevski taraudé par l'angoisse chrétienne qu'athée convaincu - j'apprécie en réalité le vernis mystique qui pare son oeuvre et contribue à la rendre si "puissamment imaginaire".
Mais n'êtes vous pas d'accord que L'éternel mari était tout simplement cousu de fil blanc ?
Autant qu'une oeuvre de Voltaire
.
( dont le pseudonyme a un nom identique a mon film préféré )
En effet, mon pseudonyme provient d'un film de Fritz Lang qui avait photographiquement impressionné mon enfance. 
Mes romans préférés ..
" Au bonheur des Dames " de Zola , ainsi que bien d'autres du cycle des Rougon macquart 
Les trois Mousquetaires , de Dumas ( toute la trilogie , qui comprend également " Vingt ans après " et " le Vicomte de bragelonne ) . En fait , je ne sais pas pourquoi je vous cite cete trilogie en particulier , j'ai adoré tout ce que j'ai lu de Dumas : le Comte de Monte-Christo , La dame de Monsoreau , etc !
Un livre que j'ai lu plus jeune et que je relis souvent pour mon plaisir, L'enfant qui savait tuer de M. Wyman et sinon C'est comment l'Amérique de Franck McCourt que je peux relire également sans me lasser...
Mes plus belles lectures de ces 10 dernières années, qui m'ont marquée autant que Proust, Flaubert, Stendhal, Perec, Yourcenar, Montaigne, etc. (que j'ai lus à l'adolescence et dont la découverte demeure difficilement égalable car fondatrice) :
Water music de T.C. Boyle que je conseille absolument. Je l'ai souvent conseillé, et tous les lecteurs ont été enthousiastes.
Dalva de Jim Harrison et l'ensemble d'ailleurs de son oeuvre
Le comte de Monte-Cristo que j'ai découvert étrangement assez tard et dont la lecture demeure un des plus beaux et essentiels moments de ma vie (d'ailleurs, mon plus jeune fils s'appelle Edmond...)
La Montagne magique de Mann
Édité par astrance (dimanche 28 juin 2009 à 18 h 08)
astrance a écrit :
La Montagne magique de Mann
Bien d'accord, c'est un livre magnifique 
J'ai récemment été violemment atteint par un livre unique. Son auteur est en effet le premier auteur de littérature fantastique moderne (de tous ceux que j'aie lus, en tout cas) à mêler un univers imaginaire à une littérature d'une extraordinaire qualité, en plus de raconter une histoire très bien construite et très emballante. Il s'appelle Alain Damasio, et a écrit La Horde Du Contrevent comme on compose une œuvre : il y a le rythme latent de l'écriture, les jeux de sonorités et de tempo, il y a les différents mouvements, qui construisent le récit, il y a les différents instruments (23 personnages à la première personne, dont 8 sont magnifiquement différenciés, non par le timbre, mais par l'expression et le style)), et il y a le trame de fond, profonde et sourde.
Plus qu'un moment de lecture, c'est un bijou à ressasser sans cesse.
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