Bonsoir!
J'aurais besoin de la traduction en français de 3 sonnets de Pétrarque:
-> le n° 47 (le plus important)
-> et éventuellement les n° 104 et 123
Je ne sais pas le titre de l'ouvrage d'où ils sont tirés, ce sont des sonnets qu'un compositeur (F. Liszt) cite en tête de 3 morceaux pour piano.
Si il le faut, je peux les recopier.....
D'avance, merci beaucoup!
Bonjour,
Nous n’avons pas tous les textes littéraires sous la main. La version numérique de votre texte est peut-être disponible sur Internet. Avez-vous vérifié ?
Si vous trouvez l’extrait que vous devez étudier, merci de le recopier dans votre message.
Dernière modification par Muriel H. (08/08/2008 22:56)
Sonnet 47 :
"Je sentais déjà s'éteindre au dedans de mon coeur les esprits qui reçoivent de vous la vie ; et, comme naturellement tout animal terrestre résiste à sa propre destruction,
J'ai rendu l'essor à mon désir que je retiens à présent sous un frein pesant, et je l'ai envoyé par cette route qui est presque oubliée ; car jour et nuit il m'y rappelle et moi, contre son gré, je le conduis ailleurs.
Et il m'a entraîné, honteux et tardif, à revoir les yeux charmants dont je me garde si bien pour ne pas leur paraître fâcheux.
Je vivrai quelque temps encore, tant un seul regard de vous a de puissance sur mon être : et puis je mourrai, si je ne veux céder à mon désir."
Sonnet 104 :
"La vertu invoquée qui fleurissait en vous, quand Amour commença à vous livrer bataille, produit maintenant des fruits qui égalent ces fleurs, et qui me montrent mon espoir arrivé à bon terme.
Aussi le coeur me dit d'écrire sur le papier des choses qui fassent ressortir la gloire de votre nom ; car nulle part, fût-ce dans le marbre, on ne taille aussi solidement l'image où un héros se vivifie.
Croyez-vous que César, ou Marcellus, ou Paul, ou l'Africain, eussent jamais été rendus tels qu'ils sont ni par le ciseau ni par le marteau ?
Mon Pandolfe, ce sont là des oeuvres fragiles pour aller loin ; mais nos travaux sont ceux qui donnent aux hommes l'immortelle renommée."
Sonnet 123 :
"Cette gracieuse pâleur qui vint recouvrir le doux sourire d'une amoureuse neige, s'est offert (sic) à mon coeur avec tant de majesté, que celui-ci est allé à sa rencontre jusqu'au milieu de mon visage.
J'ai connu alors comment en Paradis l'un l'autre on se voit : c'est ainsi que s'est révélé ce penser miséricordieux que les autres n'ont pu deviner : mais je l'ai vu, moi dont les yeux ne se fixent pas ailleurs.
Tous les airs angéliques, toutes les manières affables qui jamais apparurent dans une dame choisie d'Amour ne seraient que colère à côté de ce dont je parle.
Elle inclinait vers la terre son charmant regard et disait dans son silence (à ce qu'il m'a semblé) : Qui m'éloigne ainsi son fidèle ami ?"
Trad. du Comte Ferdinand L. de Gramont (domaine public), reprise dans l'édition Poésie Gallimard.
En revanche, ce sujet n'est pas à sa place. Si Pétrarque a écrit la majorité de son oeuvre en latin, le Canzoniere est bien lui un chef-d'oeuvre de la poésie italienne...
Dernière modification par Arthur (08/08/2008 22:10)
Un grand merci, Arthur!
Je suis d'accord avec toi comme quoi ce sujet n'est pas à sa place....je l'avais initialement posté dans "littérature étrangère"...mais on me l'a déplacé ici!!!
Cependant, tes traductions me laissent perplexes: par exemple, dans le sonnet 47, je pensais qu'il est question de remerciements pour les jours, les mois, les années...
Je te mets la première strophe en italien (il y en a 4 en tout sur ma partition):
Benedetto sia 'l giorno, e 'l mese, e l'anno,
E la stagione, e 'l tempo, e 'l ora, e 'l punto,
E 'l bel paese, e 'l loco, ov'io fui giunto
Da duo begli, che legato m'hanno.
Il s'agit peut-être de sonnets tirés d'une autre oeuvre?
Sous le titre, il y a une phrase en italien se référant à son amour pour Laura (d'après ce que je peux en comprendre...)
En tout cas, merci à toi pour ta recherche!
Etrange, la numérotation a dû changer quelque peu.
Pour une traduction, cf. ici : http://www.pierdelune.com/petrarque1.htm
Je vous donne celle de Gramont si je la trouve.
MERCI beaucoup, Arthur!
Merci pour la traduction du "47/61" et pour le lien dans lequel j'ai trouvé le sonnet 104...
Par contre, je n'ai pas trouvé le 123, il commence ainsi:
"Io vidi in terra angelica costumi,
E celeste bellezze al mondosole;
........."
Si vous l'avez, pouvez-vous m'en donner également la traduction? (où un lien qui la contient)
En espérant ne pas abuser, et en vous remerciant pour votre aide!
NB: et merci aux modérateurs d'avoir remis mon post dans sa rubrique! 
Dernière modification par Muriel H. (09/08/2008 14:23)
Sonnet 156 chez moi !
"J'ai vu sur la terre des moeurs angéliques et de célestes, beautés uniques en ce monde ; si bien que le souvenir m'en charme et m'en afflige, car tout ce que je vois ne me semble que songes, ombre et fumée.
J'ai vu pleurer ces deux beaux yeux qui ont mille fois excité la jalousie du Soleil, et j'ai entendu au milieu des soupirs résonner des paroles qui feraient marcher les montagnes et s'arrêter les fleuves.
Amour, sagesse, mérite, sensibilité et douleur formaient en pleurant un concert plus doux que nul autre qui se fasse entendre dans le monde,
Et le ciel était si attentif à cette harmonie qu'on ne voyait pas une feuille remuer sur la branche, si grande était la douceur qui avait envahi les airs et les vents."
De rien, c'est toujours un plaisir d'avoir l'occasion de lire un peu Pétrarque, en français comme en italien 