Je connaissais seulement une autre variante Moriae Encomium avec un jeu de mot, éloge de More mais pour le choix latin ou grec je ne sais pas. Par contre éloge faisant plus appel à une démonstration que louange , je le trouve plus approprié.
Ce n'est pas la même folie que de nos jours, c'est sûr, mais le mot folie évoquant les fous des rois entre autres choses me semble plus intéressant que sottise.
DesEsseintes a écrit :
Pour le reste, et si je peux me permettre de rebondir sur ce qui a été écrit plus haut, encore faudrait-il préciser que les délais imposés aux traducteurs "littéraires" sont encore plus courts que ceux destinés à leurs homologues "techniques", que les relecteurs hachent parfois des pans entiers de phrases, que Trados plante de temps en temps, et que nous sommes tous des être humains (certes un peu supérieurs aux autres, mais tout de même
).
Bonjour DesEsseintes,
je ne sais pas d'où vous tirez cette information. C'est tout à fait le contraire, très logiquement le délai accordé à un traducteur littéraire est plus important que celui accordé à un traducteur technique, pour la simple et bonne raison qu'il est plus long de traduire un bouquin ( quelque soit sa qualité) qu'un site d'entreprise ou un rapport..etc.
On ne traduira vraisemblablement pas 40 bouquins dans le mois, mais 40 sites d'entreprise oui.
Pour le reste ,je rejoins Anne-Lise, les traduc litté n'utilisent pas Trados, et utilisent de toute manière bien moins les logiciels que leur homologues techniques.
C'est assez simple à comprendre, un traducteur technique rencontrera assez souvent les mêmes tournures, les mêmes expressions, termes: (commande, délai, disponibilité, services, modes de paiement..etc par exemple), on est donc amené à les traduire je ne sais combien de fois , grâce à ces logiciels, c'est mis en mémoire et ainsi plus besoin d'écrire ou de tout taper, et le travail est plus rapide,moins de perte de temps .
La traduction littéraire est d'un autre ordre, et si l'on est évidemment amené à rencontrer des mots identiques d'un texte à l'autre( c'est normal) ce n'est pas technique par defintion.Il y'a un style à respecter, des images à retransmettre..etc etc.
Le travail est vraiment différent.
J'ai d'ailleurs toujours pensé que la trad littéraire est le seul domaine de traduction qui ne sera jamais supplanté par les logiciels!
Faîtes traduire un texte littéraire à 2 traducteurs, vous aurez 2 traductions différentes.
Faïtes traduire un rapport ou un document jurique( par exemple) à 2 traducteurs, vous aurez 2 traductions quasi identiques.

Dernière modification par Ina (26/07/2008 15:42)
Bien bien bien.
J'aurais souhaité, dans un premier temps, que vous évitiez de me prêter des propos que je n'ai pas tenus. Il est certes impossible (est-ce suffisamment clair?) de passer l'intégralité d'un texte d'une langue à une autre en utilisant un logiciel, tout comme il me semble naïf d'imaginer que certains passages ne subissent pas un traitement informatique. Relisez-moi.
Vous rêvez sans doute Burroughs, Faulkner, Boulgakov, ainsi qu'à un vieux traducteur à la barbe poivre et sel, caressant de ses doigts fins une vieille machine à écrire, dans un appartement perdu au fin fond de l'Emilie-Romagne et fleurant bon le marc de café...
C'est beau. Oui, c'est beau, mais c'est aussi absolument faux.
J'entends par là que les grandes théories sur l'univers de la traduction et plus globalement sur celui du Livre se doivent, afin d'obtenir ne serait-ce qu'un minimum de crédibilité, d'être confrontées de temps à autres à une mise en pratique.
Parce que traduire, c'est souvent repriser l'ouvrage mal entamé d'un autre (1), dans un laps de temps très court (2), sans aucune assistance ni documentation concernant l'auteur, sa vie, ses aspirations, etc...
Après, libre à vous de digresser sur l'unicité littéraire propre à chaque écrit, ou de vous indigner devant l'éthique littéraire que l’on bafoue, blablabla. Oui! Mille fois oui! Hélas, vous pourriez vous rouler par terre et retenir votre respiration que vous n'y changeriez rien : la grande, l'éclatante majorité des textes proposée aux traducteurs littéraires concerne de véritables crottes étronées par des types prêts à déféquer à un rythme ahurissant une quantité de bouses qu'éditeront avec joie (mais sans jamais les lire) des maisons telles que Harlequin.
A votre avis, combien d'écrivains de la trempe d'un Haruki Murakami ou d'un Thomas Pynchon (histoire de citer des gens vivants) publient chaque année? Vous pensiez quoi ? Qu’un traducteur planchait quotidiennement sur de la grande littérature ?
Réveillez-vous. Vous rencontrerez toujours d'avantage de Marc Lévy et de Gavalda que de Philip Roth, plus de Stéphane Guivarch que de Zidane, et la Vache Qui Rit s'achètera toujours plus cher que le parmesan. La qualité est rare, et ne plaît d'ailleurs pas forcément à tout le monde.
Attention, je n'enterre pas vos propos, que je considère -évidemment- comme justes, mais hélas très théoriques et en décalage total avec la réalité. Bien sûr, nous aspirons tous à disposer d'échéances aussi lointaines que possibles, à pouvoir discuter de l’œuvre avec son auteur, etc... Mais lorsque l'on vous contacte afin de reprendre une traduction attendue pour la fin de semaine suivante (alors que la commande, elle, date de trois mois...), en vous mettant une pression insoutenable, que faites-vous ? Et bien vous faites comme tout le monde : vous vous farcissez ce que vous pouvez, et pour les classiques «Jack déposa un baiser sur la poitrine chaude et moite de Jessica» / «Bobby était beau et ferme, et Brenda attendait avec impatience que Bill, son riche époux auprès duquel elle se sentait si triste, parte enfin au travail», vous vous reposez sur Trados (On est bien d’accord ? Je vous parle de segments de phrases de temps à autres, et non pas d’un texte dans son intégralité).
J’ose espérer que vous me comprenez : il n’est pas question d’incompétence de la part du traducteur, mais bien des conditions de travail qui lui sont «offertes». Après tout, réjouissez-vous : on a les traductions que l’on mérite.
P.S. : Désolé, j’espère ne pas avoir été trop agressif, ce message doit être mon cinquième à peine et je vais sans doute me mettre pas mal de monde à dos. Mais pour avoir bien connu cet univers, vraiment, j'insiste.
P.S. 2 : Re-désolé pour les fautes, il est tard.
(1) On pourrait en parler de ça, aussi, non? 80% du boulot que je reçois est d'abord passé entre les mains d'incapables afin d'essayer d'économiser quelques Euros : «nan mais c’est bon, Jean-Michel de la compta il a eu 14 au bac en anglais, il va pouvoir le faire». Les traducteurs sont sous-évalués, sous-payés, et souvent pris pour des cons.
(2) Voir 1
DesEsseintes a écrit :
P.S. : Désolé, j’espère ne pas avoir été trop agressif, ce message doit être mon cinquième à peine et je vais sans doute me mettre pas mal de monde à dos. Mais pour avoir bien connu cet univers, vraiment, j'insiste.
Les traducteurs sont sous-évalués, sous-payés, et souvent pris pour des cons.
Les forums sont des places publiques. Du temps à autre on y voit des états d'âme. 
Après un printemps de liitéraires angoissés, des récents posts suggèrent un été des littéraires mal compris. 
Personellement j'étais parti pour me renseigner sur les curiosités de mots anglais et leur traduction..... 
DesEsseintes, votre message est très intéressant, dans la mesure où il peint un portrait des traducteurs (et surtout de leurs conditions de travail) basé sur une expérience, un fait vécu. Nous ne pouvons donc que vous croire, et vous contredire serait injustifié (pour ma part du moins, car je n'ai aucune expérience dans le domaine de la traduction).
Votre message me semble très intéressant aussi parce que j'ai dans l'idée de poursuivre mes études pour exercer ce métier, soit dans la traduction technique, soit littéraire, je ne sais pas encore. Mais comme je viens de l'écrire, ce n'est qu'une idée, un vague projet professionnel qui me permettrait d'utiliser les langues (car c'est ce que j'aime). J'ai besoin d'informations à ce sujet, et votre message tombe à pic ! Dans mes recherches sur Internet, et même dans ce forum, les témoignages qui m'ont été donnés me dissuadent progressivement de cet idée de métier : peu de traducteurs qui en vivent, conditions difficiles, pas forcément rémunéré à la juste valeur... Et votre témoignage confirme les précédents.
J'aimerai donc savoir quels sont vos conseils pour une lycéenne, amoureuse des langues, entrant en Terminale Littéraire qui souhaiterait se lancer dans cette voie.
Merci beaucoup par avance.
ps : ce message n'a pas de rapport avec la discussion engagée, j'en suis désolée, mais DesEsseintes me paraît apte à répondre à mes questions dans ce domaine.
Dernière modification par Titigoth (27/07/2008 10:18)
DesEsseintes,
il faut vraiment se détendre!C'est votre 5ème message, mais on est sur un forum donc le but intrinsèque est de...converser!
Je suis pour ma part très calme, sauf quand on veut me faire passer pour une idiote.
Je suis membre de ce forum depuis maintenant un certains temps, j'ai pas mal écrit sur la traduction et ai toujours dit aux jeunes étudiants, notamment dans la rubrique filière littéraire, de ne pas avoir une vision trop romantique du traducteur littéraire. Donc votre cliché sur l'appartement perdu me fait doucement rigoler.
Evidemment qu'un traducteur littéraire lambda est plus amené à traduire des nullités que de la littérature à proprement parler (et traduire du Lévy c'est déjà un immense exploit à graver) ;dans les faits ils traduisent surtout des petits bouquins pour enfants, des livres de recettes, des guides de voyages, des brochures qu'on trouve dans des musées, des sites touristiques...etc etc Donc non, je ne rêve ni de Faulkner, ni de Burroughs, ni de Boulgakov.
Merci , je suis réveillée, je ne vous attendais pas pour cela!
J'ai également toujours dit qu'il est très difficile de vivre de la traduction littéraire, la plupart des trad litté ont un travail à côté, car les rémunérations et la quantité de travail sont trop sporadiques.
D'ailleurs les rémunérations vous sont presque imposées, si le tarif que vous fixez pour un feuillet est trop elévé, on aura vite fait d'aller voir ailleurs , et moins cher.
Je ne me sens pas du tout en dehors de la réalité, je n'ai d'ailleurs pas dit grand'chose de théorique dans mon message précédent ( bien que parler de l'approche théorique de la traduction serait beaucoup plus intéressant que la présente discussion).
La traduction technique présente plus de possibilités de travail, la possibilité aussi de travailler en entreprise ,ce qui implique certains avantages par rapport au freelance.
Mes propos sont cependant assez mesurés car je ne veux pas décourager ceux qui s'intéressent à la trad litté,( de toute manière comme je l'ai déjà dit , la traduction est un domaine flexible, un traducteur technique pourra faire de la traduction littéraire) et surtout parce que je n'aime pas tout ramener à l'économie de marché.
Ps: moi par contre je n'insisterai pas.
{Titigoth, ce n'est pourtant pas compliqué, en France pour faire traducteur littéraire on ira plutôt en LLCE, pour faire traducteur technique en LEA, sans compter les écoles de traductions dont notamment l'ESTRI à Lyon très réputée ou l'ESIT à Paris ( il y'en a d'autres) mais tout le monde ne peut pas aller en école, donc j'axe mes propos essentiellement sur les facs.
Si vous souhaitez vous lancer dans cette voie, il n'ya pas 360 possibilités.
Si vous estimez que je raconte des bêtises, c'est une autre histoire.}
Dernière modification par Ina (27/07/2008 16:14)
Ina a écrit :
{Titigoth, ce n'est pourtant pas compliqué, en France pour faire traducteur littéraire on ira plutôt en LLCE, pour faire traducteur technique en LEA, sans compter les écoles de traductions dont notamment l'ESTRI à Lyon très réputée ou l'ESIT à Paris ( il y'en a d'autres) mais tout le monde ne peut pas aller en école, donc j'axe mes propos essentiellement sur les facs.
Si vous souhaitez vous lancer dans cette voie, il n'ya pas 360 possibilités.
Si vous estimez que je raconte des bêtises, c'est une autre histoire.}
Mais je ne demandais pas quelles études peuvent amener au métier de traducteur, Ina, je connais les parcours possibles ! Relisez mon message, vous verrez que ce n'était pas ma question...
Par ailleurs, je n'ai jamais insinué que quelqu'un racontait des bêtises ici.
Ne vous en faîtes donc pas pour moi, je suis parfaitement détendu. Par ailleurs, j’ignorais que la pertinence d’une intervention dépendait du nombre de message et de l’ancienneté de son auteur. Aussi, si vous le souhaitez, je ne reviendrais plus.
Titigoth : Pour répondre à vos questions, et vous l’aurez sans doute déjà compris, il existe une grande différence entre théorie et réalité.
En théorie, vous ne pouvez traduire que d’une langue source (votre LV1 ou 2) vers votre langue maternelle, et vous devez posséder un Bac+5 de traduction (LEA ou LLCE, peu importe). Mieux, sortir de l’école de traduction de Genève. En réalité, BEAUCOUP de traducteurs freelance sont des personnes d’un certain âge, ayant travaillé à l’étranger durant de nombreuses années (généralement des titulaires de diplômes d’ingénieur) et qui passent sans problème d’une langue à une autre.
Pour du travail, jetez donc un coup d’œil au site de Translator’s Café. Baladez-vous sur les offres d'emploi de ce site, feuilletez les CVs des intervenants, et vous aurez du concret.
En cabinet, ce vers quoi vous vous dirigerez sans doute au départ, vous devrez utiliser un soft du type Trados, et vous bosserez en équipe. Sachez que les salaires sont TRES faibles en comparaison du niveau d’étude et d’exigence (attendez-vous à du 1400 Euros par mois en moyenne), que vous aurez du boulot par-dessus la tête, et que celui-ci sera rarement intéressant (brochures, manuels d’utilisation, etc..). Comme je l’ai écris plus haut, les traducteurs sont souvent assez mal considérés, surtout en anglais. Tout le monde ou presque parle anglais aujourd’hui (sans réfléchir au fait qu’il a y «se débrouiller» et «maîtriser» une langue), et beaucoup de commanditaires estiment qu’ils perdent de l’argent avec vous. En fait, ils ont souvent fait appel à des amis ou à des solutions internes avant de se tourner vers un cabinet de traduction (le fameux «c’est bon, on va pas filer de l’argent à un trad alors que Jean-Michel de la compta a eu 14 au Bac il y a 16 ans / que ma nièce est en première année de droit et qu’elle est forte en option anglais»), d’où des échéances très serrées. Pour du feedback sur ce travail, recherchez des gens passés par exemple chez LCI, une grosse boite de trad que l’on trouve un peu partout en France.
Si vous aimez les langues, le must du must reste la formation professionnelle. EXCELLENTS salaires (preuves à l’appui. Si vous le souhaitez, je montrerais des offres ici). Vous êtes votre propre boss (en fait non, mais vous gérez vos cours), vous rencontrez des gens sympas, intéressants, et qui vous valorisent, etc… Avec un peu d’expérience, en région parisienne, minimum 20 Euros de l’heure (30 à 40 pour certaines offres).
Si vous avez des questions plus précises, n'hésitez pas.
P.S. : Je suis encore relativement jeune, et n'ai pas la prétention de connaître tout sur tout, ni d'avoir raison.
Merci beaucoup DesEsseintes, votre message très complet me renseigne vraiment bien sur ce métier, ses conditions (d'accession et de travail)... Et je pense, grâce aussi à votre intervention, avoir fait mon choix le concernant.
A ce moment, même malgré mon amour pour les langues, je ne pense plus me diriger vers cette carrière. J'ai découvert récemment des études qui me plairaient peut-être : le Droit. De plus, le métier de juriste en entreprise me permettrait d'utiliser les langues (tout du moins, l'anglais).
Encore merci ! 
Du tout, la pertinence ne vient pas de là. Je voulais simplement dire que j' avais parlé du sujet à plusieurs reprises ici-même, et que si vous aviez lu mes précédents messages sur le sujet, nous n'aurions peut-être pas eu cette conversation.
Que vous restez ou partez m'est complètement égal, de toute manière le forum ne m'appartient pas, je n'ai aucune légitimité quant à me prononcer sur ses membres!
Moi aussi je suis jeune et ne sais pas tout sur tout,et ne prétends pas avoir raison. ( si j'étais plus âgée non plus d'ailleurs)
Simplement je n'apprécie pas qu'on me fasse passer pour une ingénue sans raison apparente.
Je trouve cela absolument nul de devoir dire" je suis ceci, je suis cela , j'ai fait truc, ou fait machin" pour que ses propos soient considérés.
Pour le reste il n'y a pas de vérité absolue. J'ai étudié à l'ETI et j'ai le même salaire que mon collègue de travail qui a étudié à la fac en France.
Titigoth, la prochaine fois il faut être plus clair. Si vous voulez des renseignements pratiques: salaires, heures de travail, outil de travail..etc à ce moment- là il vous faut en faire la demande explicite et ceux qui pourront vous aider vous répondront par message privé.
Tout est clair quand on l'est aussi.
Dernière modification par Ina (27/07/2008 14:57)