On dérive un peu du sujet initial, mais je ne vois pas comment on peut utiliser Trados pour de la traduction littéraire... puisque son intérêt réside principalement dans le fait qu'il repère des segments déjà traduits précédemment. La traduction d'oeuvres littéraires est normalement un travail de créativité ; l'oeuvre est unique... non ? Pour de la traduction technique, pas de problème, je me dis d'ailleurs parfois que ça m'aiderait bien et que ça m'éviterait de longues recherches dans mes archives. Mais en dehors de ça...
délèguent leur taff à d'autres personnes.
Oh oui, ça c'est monnaie courante...
Oui, Trados fonctionne pour des phrases complètes, mais également pour des segments, ou des expressions.
Bref, la majorité des romans de gare / à l'eau de rose est traduite en utilisant ce logiciel comme support principal afin de respecter les échéances. Alors oui, on peut après débattre sur le fait que des torchons du genre "Le donjon des passions" / "Un impossible amour d'été" (au pif, titres inventés) collent ou non à ce que l'on entend généralement par "littérature", mais ils constituent la base des traductions proposées. Parce qu'il y a plus de mauvais écrivains de que bons, un trad littéraire sera d'avantage amené à bosser sur du Barbara Cartland / Danielle Steele que sur du William Faulkner... (et d'ailleurs, pour traduire un grand auteur, faut être bien plus qu'un simple traducteur)
Trados, comme tu le soulignes, détruit la créativité, blablabla... Dans un monde idéal au sein duquel les traducteurs sont respectés par leurs employeurs et planchent sur de grandes oeuvres, oui. Mais dans le cas suscité, ce que tu traduis est déjà de la merde, donc bon.
Pas de pessimisme dans mon intervention hein, je tiens à préciser. 
C'est marrant, je ne me vois pas du tout utiliser ce logiciel dans ce cadre. Quant à ma seule expérience de traduction d'Harlequin (grand moment), où le texte original n'était effectivement pas de la grande littérature (voire, pas de la littérature du tout), le résultat était déjà assez calamiteux et convenu comme ça, je n'ose pas imaginer ce que ça aurait donné avec Trados... D'autant que ce genre de maisons d'édition réclament pas mal d'adaptations par rapport au texte d'origine pour cibler plus précisément leur public (j'avais adoré l'une des remarques de la chargée de collection : "ah non, on ne peut pas laisser ça, c'est cliché !" Ben tiens...).
Harlequin! Madame a eu du luxe! 
Parce que t'en as de bien pires...
Après, une sorte de légende urbaine veut que ces livres soient générés par un logiciel, tant les scénarios, personnages (et niveau texte les structures narratives, agencements des propositions, registres de langue, etc..) se ressemblent.
Donc traduire en robot ce qui a été écrit par un robot, et sera lu par des robots...
Modeste proposition me semble adéquat car c'est ironique. "Modeste" ne cherche pas du tout à excuser quoi que ce soit, il annonce le début tranquille du texte. Swift était déjà un auteur de textes à visée politique donc proposition me semble approprié. "Modeste" s'oppose à "proposition" car les propositions politiques ou non ne sont jamais modestes. Le titre est une antiphrase car il prépare le piège qui va se refermer avec l'intitulé de la proposition. On peut déjà soupçonner une satire avec ce titre ; ce qui surprend, c'est la violence de l'attaque.
Suggestion est plus faible, il conviendrait mieux à une conversation.
Il y a parfois paradoxe ou provocation dans les titres de satire : ex Éloge de la Folie d'Erasme.
l
Dernière modification par Portia (24/07/2008 12:16)
Trados et autres Harlequin, sont-ils des logiciels de traduction anglais-français? (Voir titre du fil).
Putakli évoque dans son message initial des éventuelles raisons pour changer un titre en le traduisant. En avez-vous de l'expérience?
{On le fait assez souvent pour les films, mais je ne trouve pas vraiement une bonne raison....}
JSC a écrit :
Trados et autres Harlequin, sont-ils des logiciels de traduction anglais-français? (Voir titre du fil).
Absolument. Trados est un logiciel d'aide à la traduction.
{On le fait assez souvent pour les films, mais je ne trouve pas vraiement une bonne raison....}
Dans le cas du cinéma, c'est purement pour des raisons de marketing et il s'agit de "choix de traduction" qui ne sont malheureusement pas guidés par des états d'âme sur la conformité entre les finesses du titre original et le titre français ; les sociétés de distribution françaises mènent de très sérieuses (et parfois coûteuses) études de marché sur la réception des titres et font leur choix en fonction des résultats, ce qui aboutit parfois à des titres pour le moins étranges (je pense aux films qui sortent en France sous un titre anglais qui n'est pas le titre original... ridicule !). Le traducteur auteur de la version française du film (doublage ou sous-titrage) n'a d'ailleurs absolument aucun mot à dire à ce sujet.
Dernière modification par Anne-Lise (24/07/2008 13:07)
Portia a écrit :
Il y a parfois paradoxe ou provocation dans les titres de satire : ex Éloge de la Folie d'Erasme.
Je suis sûr qu'il ne l'a pas écrit en anglais!
Mais je suis moins sûr de la langue originale:
Μωρίας Εγκώμιον,
ou
Stultitiae Laus.
Dans ce dernier cas, Le louange de la stupidité/sottise, non?
de nos jours, "folie" est plutôt perçue différemment qu'en 1500.
Mais en anglais "folly" allait aussi bien comme traduction à l'époque.
JSC a écrit :
Trados et autres Harlequin, sont-ils des logiciels de traduction anglais-français? (Voir titre du fil).
Il s'agit effectivement d'un logiciel très répandu, qui offre une assistance non négligeable aux traducteurs techniques.
Rien à voir avec un robot quasi-constamment à côté de la plaque, type Voilà.fr ou autres.
Imagine une sorte de mémoire. Trados se présente comme "vide" au départ. A chaque fois que TU passes une phrase d'une langue à une autre, le logiciel l'enregistre dans sa base de donnée. Si un jour tu tombes sur le même agencement de mots, Trados te ressort la formulation telle que tu l'avais utilisée lors du premier passage. D'où un énorme gain de temps. Après, libre à toi de valider ou non, mais tu auras compris que normalement la phrase est la bonne, puisque TU l'avais rentrée.
Utile pour les manuels, les brochures, ET les romans à l'eau de rose et leurs sempiternels "Il lui passa la main dans les cheveux / Elle se demandait quelle décision prendre / Josh ou Bobby? elle les aimait tous les deux!" et autres niaiseries qui constituent facilement le tiers de l'ouvrage.
En gros, ça ne sert à rien au bout de deux jours d'utilisation (sauf si tu bénéficies d'une base de donnée commune dans un cabinet de traduction), mais tu divises par deux les temps de traduction au bout de quelques mois / années.
De toute façon, pour les moins de 30 ans s'étant lancés dans la traduction après un DESS, Trados fait partie des incontournables dont la maîtrise est exigée par la plupart des recruteurs...