Cette rubrique du forum littéraire s'appelle "littérature française", et pourtant plein de gens y citent des auteurs qui écrivent dans d'autres langues...est-ce qu'il ne devrait pas y avoir une rubrique réservée à la littérature européenne, par exemple? (puisque c'est celle-là qui est le plus citée) Beaucoup de gens citent les titres de traductions françaises, mais ça n'en fait pas de la littérature française pour autant...
Dernière modification par webmestre (15/07/2008 13:40)
c'est pour cela qu'il y a "autres littératures" (sous entendu la littérature étrangère). Ceux qui citent des titres de littératures étrangères se sont seulement trompés. ^^ bonne journée.
Il paraît que, illogiquement, les œuvres d'auteurs étrangers traduites en français sont considérées ici comme de la littérature française (puisqu'enseignées par les professeurs de Français?)
D'ailleurs, ne doit-on pas dire "Professeur de Lettres"? Après tout, sa formation ne fut pas réduite à une étude de la littérature française et les programmes en collège et lycée encouragent une ouverture aux auteurs d'autres nationalités.
Dernière modification par JSC (15/07/2008 16:57)
D'accord...cela me semble bizarre à chaque fois que je croise des noms d'oeuvres traduites, des fois j'ai du mal à reconnaître de quelle oeuvre il s'agit!
Cher JSC, il n'y a que les élèves de lycée pour dire “la prof de français” EN effet, ces gens-là ont des licences ès-lettres
Il paraît que, illogiquement, les œuvres d'auteurs étrangers traduites en français sont considérées ici comme de la littérature française
On pourrait lancer une discussion sur la traduction littéraire. Car la traduction est-elle seulement possible ? 
Traduire suppose un signifié immuable pouvant être transposant d’un signifiant à un autre, or, signifié et signifiant ne sont-ils pas liés, de sorte de rendre la transposition difficile, si ce n’est impossible ? Dans ce cas, traduire un texte n’est pas possible, et on parlera plutôt de réécriture d’équivalence approximative.
Mais si on ne parle plus de textes traduits mais de textes équivalents, ne deviennent-ils pas des œuvres nouvelles, appartenant à leur langue ? Alors, Hamlet en français ne serait plus « la traduction d’une œuvre anglaise de Schakespeare » mais « l’équivalent approximatif d’une œuvre anglaise de Schakespeare », et donc, une œuvre française. De là, le « traducteur » serait lui aussi un « auteur », un « réécrivain » qui aurait cette particularité par rapport à d’autres que de vouloir se rapprocher au plus près (sémantiquement) de l’œuvre étrangère qu’il réécrit. Il se distinguerait ainsi de ceux qui réécrivent avec d’autres impératifs, comme Molière qui n’a pas refait Dom Juan dans cette optique.
Ceci suppose aussi peut-être deux points de vue possible : considérer le texte nouveau comme une fenêtre permettant d’apercevoir quelque chose du texte dont il se veut un équivalent proche, ou le considérer sans cela, en l’appréhendant sans songer à d’autre texte que lui-même… cette dernière considération, ainsi que le raisonnement de laquelle est découle, expliquerait peut-être l’assimilation que tu décris ?
Ma rémarque avait plus à voir avec l'attitude des professeurs et élèves, qu'avec la qualité de l'œuvre, sphinx.
Équi-valent <= Égal valeur.
Une égalité ne sait pas être approximative!
Non, non, une traduction ne peut pas rendre une œuvre en toute égalité, toute subtilité, toutes les valeurs. (Sinon que tu m'expliques en quoi et comment).
Un réécrivain qui ajoute et soustrait à volonté? Encore pire qu'un traducteur à première vue. Shakespeare (et autres Molières) n'a pas besoin de ça...? Si on ne conçoit pas l'œuvre dans une langue (cadre), comment lui attribuer des valeurs de cette langue?
Dernière modification par JSC (31/07/2008 18:58)
Je voulais rendre l’idée : « proche de l’équivalence », et je me suis englué dans une étourderie grossière. Je suggérais en fait une réecriture approchant la valeur de l’écrit initial. Une traduction ne peut donc pas rendre une œuvre en toute égalité, comme tu le dis, mais ça, qui le contesterait ?
Le problème (celui qui m’intéresse) est de savoir si on peut bien parler de traduction : s’agit-il bien d’une transposition, puisque le texte second est différent ? S’agit-il de transvaser la signification d’un texte, par exemple, dans de nouvelles unités signifiantes, quite à ne pouvoir tout déplacer ? Où s’agit-il de créer un nouveau texte, avec sa signification propre, mais en ayant pour loi que celui-ci ressemble le plus possible au texte initial ?
Je ne comprends pas ton dernier paragraphe. Pourquoi dis-tu que la seconde idée du traducteur engage qu’il ajoute et soustraye à sa guise, plus que l’autre d’ailleurs ? Ce n’est pas ce que j’entends. Mais dans tous les cas, n’y a-t-il pas des choix à faire ? Peut-on essayer de tout traduire ? Je ne comprends pas non plus le : … ? ; la dernière question est intéressante, mais… ai-je parlé de quitter le cadre d’une langue ? …
C’est un plaisir de discuter avec toi. Mais ne crois-tu pas que nous devrions ouvrir un nouveau sujet ?
Dernière modification par Le Sphinx (31/07/2008 21:31)
ce sujet a été déplacé par le webmestre dans la rubrique "vie du site" : historique et fonctionnement du site!
par contre, on ne nous avait pas encore déclaré hors sujet, sphinx; il est vrai que les problèmes de traduction ont déjà été souslevés sur d'autres fils;
pour prendre un exemple de shakespeare (marc antoine péroration funèbre dans jules césar) "friends, romans, countrymen, lend me your ears" se traduit "amis, romains, concitoyens, prêtez-moi vos oreilles";
- j'ai un problème de clavier qui m'empêche d'écrire correctemment ou corriger -
le "concitoyens" me dérange dans la mesure que nous avons tendance d'associer cette expression avec les allocutions du président, alors qu'en anglais je ne suis pas sûr que les politiciens utilisent "countryment" dans ce sens rassembleur, républicain, faussement fraternel depuis la deuxième guerre mondiale: au contraire, sa vétustité nous fait penser à l'expression elizabéthaine.
"lend" n'est plus utilisé dans ce sens "écoutez-moi", beaucoup plus banal; mais encore nous ramène dans un certain cadre.
ajouter et soustraire avais-j'attribué à un réécrivain, par définition qui nous change l'optique par ses interventions.
Les problèmes que tu montres ne résultent-ils pas d’une tentative de transposition, justement ? Et n’est-ce pas lui qui perturbe notre lecture, en nous faisant croire que l’auteur parle de « concitoyens » et emploie la banale expression « écoutez-moi » ? Le traducteur-réecrivain cherche davantage à rendre les connotations, les « harmoniques » auxquelles tu es sensible, si elles sont le plus important, quite à changer certains termes. Ne sont-ce pas des façons courrantes, d’ailleurs ?
Oui, le traducteur, quelque soit la conception qu’on en a, soustrait et ajoute dans la mesure où il doit faire des choix. Mais il ne les fait pas capricieusement, et pourquoi serait-ce davantage l’adage du réecrivain que du transvaseur...
Je pensais à un déplacement de ce tronçon du topic vers un sujet sur la traduction, mais si personne ne nous dit rien, continuons. 