#11 18/08/2008 20:52

JSC
6412 message(s)
Café philo À quel niveau le mal est-il définissable ?

vive_la_langue a écrit :

d'ailleurs lorsque on parle de mal c'est toujours par rapport à l'autre,

D'où sors-tu cette affirmation, vll?
Les opinions ont besoin de justification pour tenir.
Lalande (Vocabulaire technique et critique de la Philosophie) définit MAL:

Tout ce qui est l'objet de désapprobation ou blâme, tout ce qui est tel que la volonté a le droit de s'y opposer légitimement et de le modifier si possible

.
Leibniz (Théodicée)

On peu prendre le mal métaphysiquement, physiquement et moralement. Le mal métaphysique  consiste dans la simple imperfection.

Ce diamant est mal foutu.
J'ai traversé la route sans regarder à droite, ni à gauche; où est le mal?

Où est l'autre?

Le mal, n'est il pas une confrontation entre moi et ma conscience?
Les trois catégories de mal, méritent-elles une hiérarchisation? (Voir le post originel de Sue).


La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble la pire des immoralités. (O. Wilde)
 

#12 18/08/2008 21:15

Titigoth
393 message(s)
Café philo À quel niveau le mal est-il définissable ?

Désolée, je prends la discussion en cours de route !

JSC a écrit :

J'ai traversé la route sans regarder à droite, ni à gauche; où est le mal?

JSC a écrit :

Le mal, n'est il pas une confrontation entre moi et ma conscience?

Oui, peut-être bien. Mais pour ta phrase d'exemple, le "moi" n'y voit peut-être aucun mal, mais l'autre peut en voir. Coupé de l'"autre", de sa conscience, le "moi" est seul juge de ses actions, et n'ayant qu'une version des faits (sa version), il peut être mauvais juge, subjectif.


Я тебя люблю гуиллауме
 

#13 18/08/2008 21:54

JSC
6412 message(s)
Café philo À quel niveau le mal est-il définissable ?

Bonsoir, Titig.

Titigoth a écrit :

Mais pour ta phrase d'exemple, le "moi" n'y voit peut-être aucun mal, mais l'autre peut en voir.

Dans mon exemple, jen n'ai réparé aucun autre, mais j'ai posé la question où est l'autre?

Coupé de l'"autre", de sa conscience, le "moi" est seul juge de ses actions, et n'ayant qu'une version des faits (sa version), il peut être mauvais juge, subjectif.

Est-il mal de prendre une discussion en cours de route, sans saisir son parcours? Est-il mal de répondre à un post plutôt qu'à la question initiale?

En effet, un être responsable devrait pouvoir juger pour lui-même, surtout sur ses propres actes et leurs conséquences.

IL conviendrait de ne pas pondre le mot "subjectif" dans tous les fils de discussion comme s'il déroge l'homme de sa responsabilité. D'ailleurs, quand Lalande en discourt sur deux pages, il vaudrait mieux savoir ce qu'on veut dire par "subjectif" en philosophie.

Ici le sujet est le mal et sa perception, son estimation.

 

#14 19/08/2008 11:14

Titigoth
393 message(s)
Café philo À quel niveau le mal est-il définissable ?

JSC a écrit :

Est-il mal de prendre une discussion en cours de route, sans saisir son parcours? Est-il mal de répondre à un post plutôt qu'à la question initiale?

Selon moi, ce n'est pas très bien, en effet. Et d'autres diront que c'est mal, ou que ce n'est pas si mal... 

IL conviendrait de ne pas pondre le mot "subjectif" dans tous les fils de discussion comme s'il déroge l'homme de sa responsabilité. D'ailleurs, quand Lalande en discourt sur deux pages, il vaudrait mieux savoir ce qu'on veut dire par "subjectif" en philosophie.

J'utilisais le mot subjectif pour montrer que le jugement peut être faussé par des sentiments, des choses personnelles.
Etre subjectif, ce n'est pas forcément négatif. Ici par contre, je pense que ça peut l'être. Un juge, pour reprendre ce que j'ai écrit avant, lors d'un procès, se doit d'être impartial, juste, et sans préjugés ou avis personnels pour annoncer le bon verdict.

Ici le sujet est le mal et sa perception, son estimation.

Tout à fait, c'est pourquoi je pense qu'ici, je frôle de très près le hors-sujet, et j'en suis désolée. Je souhaitais simplement discuter avec toi, JSC, de ton exemple que je juge intéressant.

 

#15 19/08/2008 12:47

Putakli
388 message(s)
Café philo À quel niveau le mal est-il définissable ?

1 - La distinction du bien et du mal comme problème principal
La distinction de l'objectif et du subjectif est, en première approximation, une articulation fondamentale qui permet de distinguer deux niveaux d'appréciation dans la distinction du bien et du mal.
L'appréciation personnelle conduit l'un à une conclusion à partir de la volonté qui conduit sa pensée vers un but et avec les informations dont il dispose pour apprécier le but lui-même et les moyens d'y parvenir.
L'appréciation d'un autre est différente et la confrontation de l'appréciation de l'un à celle de l'autre pose un problème d'une autre nature, mais où la distinction du bien et du mal est également présente.
Le problème global peut donc être décomposé de cette manière, ce qui a l'avantage de montrer que localiser le problème dans une confrontation entre moi et ma conscience risque d'être un euphémisme s'il enferme la réflexion à l'intérieur d'une perspective individualiste.
a - Il me parait plus simple de considérer le processus successif de la réflexion qui procède par intégrations progressives. 1er temps j'ai envie de traverser. Si je traverse tout de suite sans regarder à droite ni à gauche, le mal est de ne pas avoir réfléchi, donc intégré à ma réflexion un danger dont j'ai pourtant la notion, et de fil en aiguille, le risque de mal faire sera toujours du à un manque d'intégration de données.
b - Mais il se trouve qu'il y a des gens expérimentés et d'autres qui ne le sont pas, et que, par conséquent, il peut être plus expédient de les consulter et de se fier à leur avis. C'est là que l'articulation subjectif/objectif pose problème. Dans l'Hippias mineur de Platon on pose d'abord qu'il est bien d'agir volontairement et mal d'agir involontairement (inconsidérément), mais aussi qu'il vaut mieux faie bien que mal. Alors vaut-il mieux faire le mal volontairement que le le bien involontairement ou l'inverse ? Socrate et Platon ne tranchent pas et le problème reste en suspens. C'est le problème d'un enfant qui s'excuse d'une faute en disant qu'il ne l'a pas faite exprès. On peut lui répondre: "Alors c'est encore pire".

2 - La distinction du bien et du mal comme problème accessoire.
Les gens comme Thomas d'Aquin , Leibniz, etc... se mettent dans une perspective administrative, celle d'une église qui édicte des lois morales. Ce n'est pas une perspective individualiste, et les problèmes que cela pose sont des problèmes de solidité de la construction mentale qui fait pendant à la structure physique de l'organisme, qui, à cette époque, s'appelait l'Eglise, et le problème était celui de l'hérésie qui risque de désintégrer l'organisme.


Préservez-moi de mes amis; mes ennemis, je m'en charge.