L’expression figée comme si de rien n’était « comme si rien ne s’était passé » date du XVIIe s. ; plus d’un auteur la met en italique, la sentant comme familière.
Le Pape […] excommunia les bourgeois de Londres. Ceux-ci […] firent sonner les cloches et célébrer la messe comme si de rien n’était (Maurois, Hist. d’Angl., p. 161). — En italique : Balzac, Urs. Mirouët, IV ; Gide, Journal, 25 oct. 1938.
Certains grammairiens voient dans de rien un sujet, d’autres un attribut. En faveur de la première analyse, la variante, d’ailleurs exceptionnelle et critiquée, °comme si rien n’était : J’ai rendu mes comptes comme si rien n’était (Céline, lettre à ses parents, 1909, dans F. Gibault, Céline, t. I, p. 97). — Autre ex. : P. Benoit, cit. Le Bidois, § 1160.
— R. Martin (Le mot « rien » et ses concurrents en français, P., Klincksieck, 1966) considère que le de sert à indiquer que l’expression doit être prise comme décrivant une situation particulière et non dans le sens « comme si rien n’existait ». Cf. § 1052, a. (de inverseur)
Grevisse
Bonjour.
Peut-être l'expression est-elle une ellipse à syntaxe archaïque de "comme s'il n'était question de rien" Ici, la préposition "de" aurait donc le sens de "au sujet de", "à propos de", qu'elle a dans "parler de quelque chose".
Dernière modification par Jehan (11/07/2008 14:05)
Merci du lien, JSC... Mais la chanson est très connue. C'est à elle que je pensais en écrivant mon message, tout le monde a dû le deviner. Au fait, sur ton lien, pourquoi ont-il écrit les paroles avec des majuscules à chaque mot ? Ce n'est pas un bon exemple d'orthographe...
Dernière modification par Jehan (11/07/2008 20:24)