"Les élèves, qui avaient fini, sortirent dans la cour."
"Les élèves qui avaient fini sortirent dans la cour."
J'espère que vous saisissez, grâce aux virgules, la différence de sens de ces deux phrases.
Est-ce que c'est se mettre dans une mauvaise situation que d'avoir à écrire ces phrases somme toute banales ? A ce compte-là, on n'écrit plus...
A propos du vers de Nerval, vous écrivez:
"La virgule interdit de faire la liaison, mais je ne suis pas sûr qu'elle l'empêche."
Comment peut-elle interdire sans empêcher ? Ce n'est pas très clair...
Et quand vous dites "faire la liaison", ne voulez-vous pas dire plutôt "faire le rapprochement entre deux mots" ?
Votre style est parfois polysémique, lui aussi...
Putakli a écrit :
C'est tout de même se mettre dans une mauvaise situation que d'en être réduit à utiliser la virgule pour se faire comprendre,
Alors là, c'est moi qui ne comprends plus : pour moi, la seule mauvaise situation est celle où je ne serais pas compris, et j'ai des outils pour l'éviter : le vocabulaire, la grammaire, la ponctuation, le style et ses figures, ... et j'en suis réduit à les utiliser même si, visiblement, ça n'est pas toujours efficace pour me bien faire comprendre ; et si je n'utilisais pas ces moyens mis à ma disposition, je ne pourrais pas prétendre écrire en français.
Quand à l'exemple que tu tires de Nerval, il est nul et non avenu, caduque, car ta citation est fausse ; le vers de Nerval est très exactement :
Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Qui veut noyer son chien ... ?
Dernière modification par pierrot11 (06/07/2008 20:14)
Bonjour Pierrot 11
Je suis d'accord avec le premier paragraphe, et je n'ai pas dit que je ne comprenais pas. J'ai seulement dit que je n'écrirais pas ces phrases prises comme exemples.
Je n'écrirais ni "Les élèves, qui avaient fini, sortirent dans la cour", ni "Les élèves qui avaient fini sortirent dans la cour."
J'écrirais "Les élèves, qui avaient tous fini, sortirent dans la cour", ou "Tous les élèves qui avaient fini sortirent dans la cour".
J'entends bien que les formules que je n'emploierais pas sont compréhensibles, mais je ne me fierais pas à la seule virgule pour établir la distinction.
Je ne me mets pas dans la position d'un enseignant qui doit fournir les moyens de comprendre une distinction fondée sur la seule virgule, et qui doit donc la faire connaître en prenant des exemples, mais dans cette situation parfaitement définie comme celle où je ne serais pas compris. Par exemple, si on me donnait une lettre à signer, je bifferais la phrase et ferais refaire la lettre, non pas parce qu'elle est grammaticalement incorrecte, mais parce que malgré sa correction grammaticale, elle risque d'être lue de travers.
Est-ce plus clair ?
Je vous avais écrit :
A propos du vers de Nerval, vous écrivez:
"La virgule interdit de faire la liaison, mais je ne suis pas sûr qu'elle l'empêche."
Comment peut-elle interdire sans empêcher ? Ce n'est pas très clair...
Et quand vous dites "faire la liaison", ne voulez-vous pas dire plutôt "faire le rapprochement entre deux mots" ?
Ne prenez-vous pas parfois, vous aussi, le risque d'être lu de travers ?
Je distingue le dialogue où nous sommes sur ce forum où être lu de travers est sans conséquence grave car on peut corriger, du discours, où comme disait Jules Renard, il faut, malheureusement, faire attention à ce qu'on dit.
Quant au hommes politiques, il faut qu'ils fassent attention tout le temps parce qu'un journaliste les guette, extrait une phrase non seulement du dialogue, mais aussi du contexte, et la ressert dix ans après.