#1 28/06/2008 11:13

Lac59
9 message(s)
Café philo La révolte provient-elle toujours d'une déception ?

Bonjour,
j'ai pas encore fait de philo mais j'aime bien de tps en tps réfléchir comme ça, et tout à l'heure je me demandais
Est ce que la révolte provient nécessairement d'une déception ?

J'utilise déception dans un sens plus ou moins fort, mais en général une sorte de désillusion, de désenchantement, qui provoque une indignation (ou une résignation), et donc une révolte ?

Pour moi c'est plutôt oui, mais je voudrais savoir ce que vous en pensez, et des exemples si vous en avez ..


"Dans les rues de la ville il y a mon amour
Peu importe où il va dans le temps divisé.."
 

#2 28/06/2008 14:25

Jehan
1633 message(s)
Café philo La révolte provient-elle toujours d'une déception ?

Bonjour.

En tout cas, le mot "résignation" me semble de trop... Quand on se résigne, on ne se révolte pas, justement !

Dernière modification par Jehan (28/06/2008 14:26)

 

#3 28/06/2008 14:47

ENS
261 message(s)
Café philo La révolte provient-elle toujours d'une déception ?

Je ne suis pas certain qu'il y ait là un problème philosophique à se mettre sous la dent ; on est plutôt dans des considérations psychologisantes.

 

#4 30/06/2008 15:17

JSC
6412 message(s)
Café philo La révolte provient-elle toujours d'une déception ?

Il me semble que déception et désir sont liés.
Celui qui attend trop d'une situation ou d'une personne est facilement déçu, car son désir n'est pas pleinement satisfait.
Celui qui n'en attend pas beaucoup ne risque que d'être agréablement surpris!

Les Lumières écrivissent des recommendations aux Princes concernant le bon gouvernement. Il me semble que le peuple n'accéda pas beaucoup à ces lectures-là. La Révolution Française au niveau populaire avait plus à voir avec la famine et la faim qu'avec l'excès d'autorité du Roi et de l'Église (qui ne dérangaient pas autant dans d'autres pays à l'époque!) Déception/Révolution? Je ne crois pas trop dans ce cas précis.


La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble la pire des immoralités. (O. Wilde)
 

#5 30/06/2008 16:47

Titigoth
393 message(s)
Café philo La révolte provient-elle toujours d'une déception ?

JSC a écrit :

Les Lumières écrivissent des recommendations aux Princes concernant le bon gouvernement.

Pourquoi JSC écris-tu le verbe "écrire" ici au subjonctif imparfait ?


Я тебя люблю гуиллауме
 

#6 30/06/2008 21:44

JSC
6412 message(s)
Café philo La révolte provient-elle toujours d'une déception ?

Par erreur, Titigoth (ça m'arrive - je suis humain!)
Mea culpa.

*écrivirent

 

#7 01/07/2008 13:33

Titigoth
393 message(s)
Café philo La révolte provient-elle toujours d'une déception ?

JSC a écrit :

Par erreur, Titigoth (ça m'arrive - je suis humain!)
Mea culpa.

*écrivirent

Ok, pas de souci, ça arrive

 

#8 01/07/2008 15:49

Jérémybob
17 message(s)
Café philo La révolte provient-elle toujours d'une déception ?

Peut-être que le concept de l'absurde et de la révolte de Camus donne-t-il un début de réponse...

 

#9 01/07/2008 16:25

JSC
6412 message(s)
Café philo La révolte provient-elle toujours d'une déception ?

Bonjour, Jérémybob.
Veux-tu élaborer ta pensée?

 

#10 01/07/2008 19:56

Jérémybob
17 message(s)
Café philo La révolte provient-elle toujours d'une déception ?

Je vais essayer, mais j'ai peur de ne pas assez bien connaître mon sujet.

Albert Camus a, dans ses romans comme L'étrangerou Caligula, mais également dans des essais comme Le Mythe de Sisyphe, développé sa pensée philosophique dont le thème de l'absurde est primordial.

L'absurde, selon Camus, "naît de la confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde". Étant donné que l'homme n'a pas de Dieu, et que la Raison n'existe pas (Camus se justifie notamment par les actes de la Seconde guerre mondiale), il doit prendre un jour conscience de l'absurde dans le monde (dans La Pestenotamment, où l'absurde est symbolisé par la maladie qui tue au hasard.)

Mais comment l'homme réagit-il, alors ? Face à l'insupportable, celui-ci alors se révolte. L'auteur délivre également un message humaniste: "il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser. "- et luttera sans cesse contre l'injustice. Dans l'œuvre de Camus, cette révolte aboutit à différentes fins: dans L'Etranger, c'est la prison, alors que dans La Peste naît la solidarité entre les hommes. Pour résumer elle est donc la réaction de l'homme face à ce qui lui est inacceptable, et l'inacceptable s'accompagne souvent d'une déception.

N'hesitez pas à compléter cet article que je juge incomplet.

Dernière modification par Jérémybob (01/07/2008 19:58)