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Je veux communiquer en temps réel avec des gens qui écrivent, de façon que les uns voient comment procèdent les autres en les voyant biffer, surcharger, couper-coller etc...
Cela ne passe pas nécessairement par un forum, car le logiciel vnc qui permet de communiquer d'un ordinateur à l'autre en sorte qu'un internaute voie à distance ce qu'un autre fait chez lui, sur son ordinateur, tranquillement et à son aise, remplit la condition nécessaire et suffisante.
Mais cela peut aussi se faire sur un forum, et je vous le propose si cette idée vous agrèe. Il ne devrait pas avoir de difficultés techniques insurmontables, et je vois sotre site si bien fait - je vous en félicite - que je suppose que ce serait un jeu d'enfant de l'adapter pour que cette possibilité soit exploitée.
Mais s'il y avait des difficultés ou des objections de principe, un participant peut toujours m'envoyer un e-mail, et on pourra quand même travailler.
Bonsoir Putakli,
En ce qui me concerne, je n'aimerais pas du tout qu'un logiciel voie parfois mes premiers jets !
---> d'énormes fautes ! ; des mots en double ! ; des mots en moins ! ; et j'en passe !... quelle horreur de me sentir pistée dans mon intimité d'écriture ! Ah ! je ne supporterais vraiment pas... j'espère que Cyril (Webmestre) ne mettra jamais cela en place !
Pitié Cyril ! jamais... hein ?
Chouette ! je suis sûre que la technique ne vous le permet pas...
Muriel
Bonjour Muriel
Comme c'est curieux !
J'ai déjà rencontré cette réaction chez des artistes, mais je ne pense pas qu'elle soit liée à l'art. Peut-être plutôt au travail. Mais je trouve cela bien énigmatique.
Quelle peut bien ête l'explication d'une telle rétention ?
- Se glorifier de réussir sans travailler? comme quand Oronte, parlant de son sonnet, précise: "Je ne suis resté qu'un quart d'heure à la faire".
- Monopoliser son savoir comme quand j'ai entendu un sculpteur connu, devenu professeur aux Beaux-Arts, déclarer à propos de ses élèves: "Si on n'y prenait garde, ils vous prendraient vos trucs !!!"
- La honte de travailler ? la honte de son métier ?
En tous cas, du point de vue de l'apprentissage, il est désastreux de ne pas pouvoir apprendre à travailler en regardant travailler.
J'espère qu'il y aura des réactions.
Bonjour Putakli.
J'ai la même réaction que Muriel, et ce n'est pour aucune des raisons que tu énumères. Je crois que le "travail" d'écriture est une activité des plus intimes, et je pense que le fait, pour un auteur, de ne pas vouloir être regardé en cours d'écriture est une réaction de pudeur.
Et je crois que cette pudeur peut facilement se retrouver chez tous ceux qui pratiquent une forme d'art (sans préjuger de la qualité de leur oeuvre).
Putalki, écris-tu toi-même ? Comment envisages-tu ton activité d'écriture ? Comme une forme de loisir, comme un véritable travail, comme ce qui doit être, car elle est une voie à une expression intime, ou encore comme autre chose ?
Dernière modification par Marine2008 (08/07/2008 17:33)
Je trouve cela tout à fait humain comme réaction. Je n'y vois ni monopolisation de savoir, ni honte de travail, ni glorification de réussir sans travailler ( qui est de toute manière impossible).
La "phase de préparation" est, selon moi, intime et personnelle. Et puis on préfère toujours montrer une chose lorsqu'elle est terminée.
Un chef cuisinier n'aimerait pas que ses clients le voient travailler derrière les fourneaux (même s'il y'a de plus en plus de restaurants avec cuisine apparente)
Les dames préferent géneralement se pomponner seules dans leur salle de bain, et n'accepteront d'intrusion qu'une fois la toilette terminée.
Un peintre n'exposera ses toiles qu'une fois achevées( on n'imaginera difficilement un vernissage constitué d'oeuvres en cours de travail)
....etc etc etc.
Je pense qu'il y'a aussi la question du résultat qui entre en compte. Montrer un travail terminé fera plus d'effet que si l'on avait montré sa réalisation ( je ne sais pas si je suis claire
)
J'avais un prof à la fac qui récupérait toujours les brouillons en même temps que les copies, je détestait ça.
Il me faisait ensuite des commentaires sur ce que j'avais écrit sur le brouillon et ainsi connaissait en quelque sorte ma façon de travailler, de penser. Ca me donnait un peu l'impression d'être "cernée".

Bonsoir,
Déjà que l'idée est un brin inquisitrice, mais bon... Dans un autre contexte — très typé "atelier d'écriture" — il peut y avoir un intérêt (avec le consentement des "ateliéristes"), mais ici... je trouve que ce serait vraiment sans intérêt.
Je vous révèle ce que j'ai rectifié à ce massage :
- J'ai mis un "D" majuscule à Dans : j'ai donc décidé d'entamer une nouvelle phrase plutôt que de continuer la précédente.
- J'ai "gommé" un -s à consentement (pourquoi j'en avais mis un ?... mystère et boule de gomme !)
- J'ai mis en gras le mot "avec", pour signaler son importance.
- J'ai remplacé "un peu" par "un brin" (je trouve le mot plus mignon !).
Voilà... Suis-je un exemple à suivre ? Je ne le crois pas... Mon écrit rentre-t-il en littérature ?... Je ne le crois pas non plus... (dommage !
).
Ensuite, je l'ai passé au correcteur. Le correcteur m'a dit : « C'est tout bon sauf ateliériste » (il n'aime pas... tant pis pour lui ! qu'il fasse la tête ! moi, je le garde !).
Et surtout, je suis d'accord avec les messages ci-dessus. Écriture = pudeur et intimité. C'est un viol, sinon...
Muriel
... J'ajouterai que passer par un correcteur n'est pas forcément efficace.
La preuve par l'exemple : "Je vous révèle ce que j'ai rectifié à ce massage"

Muriel, j'aurais pu largement m'inspirer de mes erreurs de frappe, d'orthographe et de français, mais là, c'était trop tentant... Sans rancune ? 
Bonsoir Marine,

Mais c'est que tout cela va finir par donner raison à Putakli ! Les brouillons ont un sens caché ! J'ai sans doute pensé : « Je ne vais pas caresser Putakli dans le sens des poils ! » et hop ! un lapsus !
Bon, il va falloir que je me relise encore plus attentivement ! (Mais quelle andouille, ce correcteur !
)
Muriel
Je suis d'accord avec le camp des contres. D'autant que dans ce cas précis l'observation perturberait le "travail". On ne se comporte pas de la même façon quand on se sait observé, et quand on ne l'est pas ou qu'on en a pas conscience.
Personnellement, quand j'écris, je m'arrange toujours pour être seul et je pousse même jusqu'à écrire en pleine nuit, là où je suis sûr de ne pas être dérangé, parce que j'ai besoin de toute ma concentration et d'être parfaitement relâché, détendu, pour pouvoir me donner, me dévoiler pleinement, corps et âme. Tout ça n'est même pas un choix conscient, ça s'est fait naturellement, avec le temps, sans que j'y réfléchisse. Donc déjà pour observer mon "travail" il faudrait être noctambule ou insomniaque... Et pour que l'observation soit utile, il faudrait que je ne sache pas que je suis observé; mais ce serait immoral de recourir à une telle pratique. Et puis pour couronner le tout... j'écris d'abord sur papier avant de recopier sur mon ordinateur...
Ceci dit chaque écrivain est différent et il doit bien exister quelques exhibitionnistes avec un ego suffisamment développé pour accepter ce genre de proposition.
D'ailleurs, si l'intrusion d'un tiers dans le processus de l'écriture "perturbe" ce processus, comme le dit Marcanciel, on se demande bien comment un tiers pourrait apprendre à écrire en regardant faire. Non ? Puisqu'alors, on n'écrirait plus vraiment.
Bref, il faudrait se protéger de tout regard extérieur, quel qu'il soit, pour arriver à écrire vraiment... y compris celui du correcteur automatique, même s'il lui arrive de laisser passer quelques messages (j'ai bien dit...) inconscients de leur auteur

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