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Est-ce que quelqu'un pourrait m'aider pour la lecture du poème "Mai" d'Apollinaire ?
Savez-vous si il y a des diérèses ou des synérèses?
Si oui, a quels endroits ?
Car je ne sais comment lire le vers :
" De lierre de vigne vierge et de rosiers "
Merci d'avance!
Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains
Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j'ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières
Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s'éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment
Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes
Récupérée de http://fr.wikisource.org/wiki/Mai_(Apollinaire)
Bonsoir Ysis,
De lierre de vigne vierge et de rosiers
- De/lier/re/de/vi/gne//vi/er/ge et/de/ro/siers
ou
- De/lier/re/de/vi/gne//vier/ge et/de/ro/si/ers
Dans le premier hémistiche, s'agissant d'un alexandrin, tu ne peux pas faire de diérèse à '"lierre" : tu as le compte de syllabes sans diérèse : 6.
Dans le second hémistiche, deux diérèses (l'une ou l'autre, pas les deux en même temps) sont envisageables...
Par déduction, comme il n'y a pas de diérèse à "osier" (la rime de "rosiers"), personnellement, je lirais ce vers avec une diérèse à "vierge" ; ce qui me semble de toute façon plus esthétique.
Édit : tu en as une autre ici (diérèse) :
Le mai le joli mai a paré les ruines
- Le/mai/le/jo/li/mai//a/pa/ré/les/ru/ines
Muriel
Dernière modification par Muriel H. (16/06/2008 22:04)
De li/er re de vi // gne vier get de rosiers
On peut concevoir cette coupe car il y a deux autres enjambements de E à la césure
Sont les ongles de ce // lle que j'ai tant aimée
Suivaient une roulo // tte traînée par un âne
Celui de vi // gne serait le troisième.
D'autant plus qu'en principe on ne laisse pas de E à la césure, et Apollinaire est un fin connaisseur des règles classiques (en dépit des apparences. D'ailleurs, on ne peut mieux déstructurer les vers qu'en sachant parfaitement les bâtir ; un certain Mallarmé, ou Rimbaud, vous le diront)
C'est parce que la "césure lyrique" ne me choque jamais, je l'aime bien. Et que je crois qu'Apollinaire l'aimait bien aussi... 
Muriel
Merci de ces précisions. Il ne faut pas perdre de vue qu'à l'époque médiévale les E n'étaient pas muets. Ils commencent à s'amüir, je crois, vers début Renaissance.
Pour ce poème nous avons des césures enjambantes, dont la page que tu as linkée dit
La césure est dite enjambante lorsque la syllabe muette est reportée dans le second hémistiche. Elle se place avant un –e caduc prononcé, comme dans ce vers de la « Ballade pour prier Nostre Dame » : « A vostre Filz dic//tes que je suis sienne »
Certes Apollinaire a mis des E à la césure ; mais elles restent, me semble-t-il, rares et dans le poème étudié le fait qu'il y ait ces deux césures enjambantes (empruntées elles aussi à la lyrique médiévale) prêche en faveur d'une troisième
Cependant, je pense qu'il faut laisser à chacun le plaisir de lire le poème comme il le ressent le mieux, pour peu que le compte de syllabes soit respecté.
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