#1 03/06/2008 20:16

sally
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Entraide scolaire et méthode Question - Valeurs morales et sociales dans plusieurs textes

Dans ces trois textes, le narrateur fait réagir les personnages féminins en fonction de certaines valeurs morales et sociales : vision de l’homme, places respectives de l’homme et de la femme, idéal social. Pour chacun des textes, vous caractériserez ces valeurs, en étant attentif à celles qui peuvent être communes à l’ensemble du corpus.

Alors j'ai beaucoup travaillé dessus et j'ai plus ou moins fini mais je trouve que je n'ai pas assez donné d'exemples et d'idées et j'aimerai avoir votre avis.

Merci d'avance.


Textes: A--Honoré de Balzac, La femme de trente ans
            B--Delly, Comme un conte de fées
            C--Nathalie Sarraute, le Planétarium


ps: je dois rendre le devoir demain.

A--

Quand les manœuvres furent terminées, l'officier d'ordonnance accourut à bride abattue, et s'arrêta devant l'empereur pour en attendre les ordres. En ce moment, il était à vingt pas de Julie, en face du groupe impérial, dans une attitude assez semblable à celle que Gérard a donnée au général Rapp dans le tableau de la Bataille d'Austerlitz. Il fut permis alors à la jeune fille d'admirer son amant dans toute sa splendeur militaire. Le colonel Victor d'Aiglemont à peine âgé de trente ans, était grand, bien fait, svelte ; et ses heureuses proportions ne ressortaient jamais mieux que quand il employait sa force à gouverner un cheval dont le dos élégant et souple paraissait plier sous lui. Sa figure mâle et brune possédait ce charme inexplicable qu'une parfaite régularité de traits communique à de jeunes visages. Son front était large et haut. Ses yeux de feu, ombragés de sourcils épais et bordés de longs cils, se dessinaient comme deux ovales blancs entre deux lignes noires. Son nez offrait la gracieuse courbure d'un bec d'aigle. La pourpre de ses lèvres était rehaussée par les sinuosités de l'inévitable moustache noire. Ses joues larges et fortement colorées offraient des tons bruns et jaunes qui dénotaient une vigueur extraordinaire. Sa figure, une de celles que la bravoure a marquées de son cachet, offrait le type que cherche aujourd'hui l'artiste quand il songe à représenter un des héros de la France impériale. Le cheval trempé de sueur, et dont la tête agitée exprimait une extrême impatience, les deux pieds de devant écartés et arrêtés sur une même ligne sans que l'un dépassât l'autre, faisait flotter les longs crins de sa queue fournie ; et son dévouement offrait une matérielle image de celui que son maître avait pour l'empereur. En voyant son amant si occupé de saisir les regards de Napoléon, Julie éprouva un moment de jalousie en pensant qu'il ne l'avait pas encore regardée. Tout à coup, un mot est prononcé par le souverain, Victor presse les flancs de son cheval, et part au galop ; mais l'ombre d'une borne projetée sur le sable effraie l'animal qui s'effarouche, recule, se dresse, et si brusquement que le cavalier semble en danger. Julie jette un cri, elle pâlit ; chacun la regarde avec curiosité ; elle ne voit personne ; ses yeux sont attachés sur ce cheval trop fougueux, que l'officier châtie tout en courant redire les ordres de Napoléon. Ces étourdissants tableaux absorbaient si bien Julie, qu'à son insu elle s'était cramponnée au bras de son père à qui elle révélait involontairement ses pensées par la pression plus ou moins vive de ses doigts. Quand Victor fut sur le point d'être renversé par le cheval, elle s'accrocha plus violemment encore à son père, comme si elle-même eût été en danger de tomber. Le vieillard contemplait avec une sombre et douloureuse inquiétude le visage épanoui de sa fille, et des sentiments de pitié, de jalousie, des regrets même, se glissèrent dans toutes ses rides contractées. Mais quand l'éclat inaccoutumé des yeux de Julie, le cri qu'elle venait de pousser et le mouvement convulsif de ses doigts, achevèrent de lui dévoiler un amour secret ; certes, il dut avoir quelques tristes révélations de l'avenir, car sa figure offrit alors une expression sinistre. En ce moment, l'âme de Julie semblait avoir passé dans celle de l'officier. Une pensée plus cruelle que toutes celles qui avaient effrayé le vieillard crispa les traits de son visage souffrant, quand il vit d'Aiglemont échangeant, en passant devant eux, un regard d'intelligence avec Julie dont les yeux étaient humides, et dont le teint avait contracté une vivacité extraordinaire. Il emmena brusquement sa fille dans le jardin des Tuileries.

Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, 1831

B--

La corbeille était pleine maintenant. Gwennola s’attardait cependant un peu dans la
tiédeur parfumée de la roseraie. Elle rêvait, la sage Gwennola – car elle n’était plus en ce
moment que l’amoureuse Gwennola, évoquant le souvenir du bien-aimé.
Et voici qu’elle entendait, sur le sol sablé, son pas bien connu – son pas ferme et
décidé d’homme énergique, un peu autoritaire. Il apparut, souriant, une flamme ardente dans
les yeux qu’il attachait sur la jeune fille rougissante, arrêtée au milieu de l’allée.
– Une fée de roses, dans cette lumière du soir… Une belle princesse des contes de
fées.
Il s’inclinait, prenait la main que ne songeait pas à lui tendre Gwennola saisie par
une étrange timidité, par un trouble frémissant.
– …Mademoiselle, je viens de voir vos parents et ils m’ont autorisé à venir vous
rejoindre ici, pour vous dire moi-même mon désir… mon très ardent désir. Voulez-vous
m’accorder le bonheur d’être pour toute la vie votre compagnon, votre époux très fidèle et
très aimant ?
Les yeux que Gwennola avait un instant baissés se relevèrent, offrant à Franz leur
pure lumière et le bonheur ingénu d’un cœur virginal dont il se savait déjà le maître.
– Si mes parents le veulent bien, Monsieur… moi je serai très heureuse. J’ai en vous
la plus grande confiance…
– Cela ne vous déplaira pas trop de vous appeler seulement Madame Wolf, vous qui
êtes une Pendennek ?
Elle secoua la tête, en souriant avec une tendre douceur.
– Oh ! non ! Vous possédez tant de qualités supérieures qui sont tellement au-dessus
de tous les quartiers de noblesse! Et puis…

Au moment de laisser l’aveu franchir ses lèvres, elle s’interrompit, un peu plus
rougissante, les cils d’or battant au bord des paupières frémissantes.
– Et puis, vous m’aimez un peu, Gwennola ? Vous aimez Franz Wolf, tout
simplement ?
– Tout simplement, oui.
Elle souriait de nouveau, en levant sur lui ses yeux dont le bleu velouté s’éclairait
d’un chaud rayon d’amour.
Franz se pencha et posa un long baiser sur la main qu’il tenait entre les siennes.
– Moi, je suis tout à vous, Gwennola, précieux trésor que Dieu a mis sur ma route. Je
vous promets amour et fidélité… Mais il faut que je vous confesse – comme je viens de le
faire à vos parents – une petite tromperie – oh ! pas bien terrible !
Elle le regarda avec étonnement, mais sans inquiétude, car il souriait avec une douce
ironie.
– Une tromperie ?
– Oui, chère Gwennola. Je ne m’appelle pas Franz Wolf, mais Franz-Josef, archiduc
d’Autriche, prince de Sohnberg par ma mère, dernière descendante de cette famille autrefois
souveraine.

Delly, Comme un conte de fées ©Flammarion (1935)

C--

Dans Le Planétarium, Nathalie Sarraute restitue les mouvements intérieurs de l’être, qui
se dissimulent et affleurent derrière les paroles. L’intrigue du roman tourne autour d’un
couple de jeunes mariés.
Devant elle partout il déblayait, émondait1, traçait des chemins, elle n’avait qu’à se
laisser conduire, à se faire souple, flexible comme un bon danseur. C’était curieux, cette
sensation qu’elle avait souvent que sans lui, autrefois, le monde était un peu inerte, gris,
informe, indifférent, qu’elle-même n’était rien qu’attente, suspens…
Aussitôt qu’il était là, tout se remettait en place. Les choses prenaient forme, pétries par
lui, reflétées dans son regard… « Viens donc voir… » Il la prenait par la main, il la soulevait
de la banquette où elle s’était affalée pour reposer ses pieds enflés, regardant sans les voir les
fastidieuses rangées de Vierges aux visages figés, de grosses femmes nues. « Regarde-moi ça.
Pas mal hein ? qu’en dis-tu ? Il savait dessiner le gaillard ? Regarde un peu ce dessin, ces
masses, cet équilibre…Je ne parle même pas de la couleur… » De l’uniformité, du chaos, de
la laideur, quelque chose d’unique surgissait, quelque chose de fort, de vivant (le reste
maintenant autour d’elle, les gens, la vue par les fenêtres sur des jardins, paraissait mort),
quelque chose qui tout vibrant, traversé par un mystérieux courant, ordonnait tout autour de
soi, soulevait, soutenait le monde…
C’était délicieux de le déléguer pour qu’il fasse le tri, de rester confiante, vacante,
offerte, à attendre qu’il lui donne la becquée, de le regarder cherchant leur pâture dans les
vieilles églises, chez les bouquinistes sur les quais, les marchands d’estampes. C’était bon,
c’était réconfortant.
Une sensation de détente, de sécurité retrouvée, a recouvert petit à petit la douleur, la
peur. Il est si ardent, si vivant, il y met une telle passion… C’est cela qui lui permet de
découvrir, d’inventer, cette ferveur, cette intensité de sensations, ces désirs effrénés. Elle se
sent bien maintenant. L’édifice ébranlé, vacillant, s’est remis petit à petit d’aplomb… C’est ce
Direction générale de l’enseignement scolaire. Bureau des programmes d’enseignement.
Annales « épreuve écrite anticipée de français ». Page 5
qui lui manque à elle, cette passion, cette liberté, cette audace, elle a toujours peur, elle ne sait
pas… « Tu crois ? Chez nous ? Mais je ne vois pas… » Il riait, il lui serrait le bras… « La
grosse bête, non, pas celle-ci, voyons, c’est un fauteuil Voltaire, non, là, tendue de soie rose
pâle, la bergère2… » Elle s’était sentie d’un coup excitée, elle avait participé aussitôt, cela
avait touché un de ses points sensibles, à elle aussi, la construction de leur nid ; elle était un
peu effrayée… « Ca doit coûter une fortune…Pas ça chez nous, Alain ! Cette bergère ? » Elle
aurait plutôt, comme sa mère, recherché avant tout le confort, l’économie, mais il l’avait
rassurée : « Mais regarde, voyons, c’est une merveille, une pièce superbe…Tu sais, ça
changerait tout, chez nous… » Le mariage seul donne des moments comme celui-ci, de
fusion, de bonheur, où, appuyée sur lui, elle avait contemplé la vieille soie d’un rose éteint,
d’un gris délicat, le vaste siège noblement évasé, le large dossier, la courbe désinvolte et
ferme des accoudoirs… Une caresse, un réconfort coulait de ces calmes et généreux
contours…au coin de leur feu… juste ce qu’il fallait… « Il y aurait la place, tu en es sûr ? –
Mais oui, entre la fenêtre et la cheminée… ». Tutélaire3, répandant autour d’elle la sérénité, la
sécurité – c’était la beauté, l’harmonie même, captée, soumise, familière, devenue une
parcelle de leur vie, une joie toujours à leur portée.
1. Il supprimait les obstacles (émonder : élaguer).
2. Fauteuil large et profond.
3. Protectrice.

 

#2 03/06/2008 20:56

Muriel H.
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Entraide scolaire et méthode Question - Valeurs morales et sociales dans plusieurs textes

Bonsoir Sally,

Alors j'ai beaucoup travaillé dessus et j'ai plus ou moins fini mais je trouve que je n'ai pas assez donné d'exemples et d'idées et j'aimerai avoir votre avis.

Tu as oublié de joindre ton travail...

Muriel

 

#3 03/06/2008 21:35

sally
13 message(s)
Entraide scolaire et méthode Question - Valeurs morales et sociales dans plusieurs textes

ok

Dernière modification par sally (03/06/2008 21:58)