Gatsby a écrit :
Le voisin avait raconté que le quartier eût été construit sur les ruines d'un château.
Comme écrit, ça ressemble à un conditionnel passé deuxième forme (= aurait été construit).
Si le doute se dissipe, et que'on raconte un fait historique, j'aurais préféré eut été (passé antérieur).
Bonjour.
1) Si le voisin a rapporté une hypothèse, une supposition, le conditionnel passé première forme est moins ambigu à l'oreille:
"Le voisin avait raconté que le quartier aurait été construit sur les ruines d'un château."
Cela dit, la principale au plus-que-parfait de l'indicatif me semble un peu lourde. Il faudrait savoir si ce plus-que-parfait est indispensable. Tout dépend du contexte.
2) Si le voisin a présenté le fait comme certain, le verbe "affirmer" conviendrait peut-être mieux que le verbe "raconter".
"Le voisin avait affirmé que le quartier était construit sur les ruines d'un château."
("était construit" insiste plus sur le résultat encore visible de l'action que "avait été construit", mais permet d'éviter la lourde répétition de "avait".)
Bonjour,
Mon avis diffère des précédents.
la forme "eût été construite" est un subjonctif p-q-p passif.
Malgré le plus-que-parfait de la proposition principale (avait raconté) qui établit une distanciation entre le locuteur et le propos qu'il rapporte,
malgré cela, le verbe raconter n'admet pas une construction au subjonctif.
Tandis que les deux énoncés suivants, l'un à l'indicatif, l'autre au subjonctif, sont deux énoncés distincts:
A) Il cherche en plein centre-ville une maison qui a un jardin.
B) Il cherche en plein centre-ville une maison qui ait un jardin.
Tandis qu'en A), il ne doute pas qu'une telle maison existe, il doute de son existence même en B).
P.S. La dénomination "conditionnel passé 2° forme" est une monstruosité "conjugale" (pardon!...) qui n'existe que depuis le 3° tiers du XIX° siècle.
Tous les dictionnaires antérieurs nomment CELA un subjonctif plus que parfait.
Qu'il eût mangé //qu'il eût été mangé (au passif).
Que le plus-que-parfait ait fréquemment une valeur modale, d'irréel du passé; qu'il soit employé sans sa "béquille": QUE, cela ne change rien à l'affaire.
Dernier argument: Cette dénomination monstrueuse de "conditionnel passé 2° forme" était déjà rejetée par les Professeurs de linguistique de Paris IV-Sorbonne dans les années 75...
Syllogisme final:
C'est donc bien un subjonctif.
Or, le vb raconter n'admet pas d'être construit avec un subjonctif
Donc, la phrase proposée est incorrecte.
aulignyetram a écrit :
P.S. La dénomination "conditionnel passé 2° forme" est une monstruosité "conjugale" (pardon!...) qui n'existe que depuis le 3° tiers du XIX° siècle.
Le ton catégorique de ce forum augmente en puissance.
1. Elle a la mérite d'exister et d'être compréhensible.
2. Elle a l'autorité de plus d'un siècle d'usage et application.
3. Ce lien date de 1855, il y sans doute des exemples antérieurs.
4. Les professeurs post-68ards ne sauraient avoir l'autorité de l'Académie Française* ou celle des grammairiens reconnus et publiés dans des œuvres de référence.
5. Cette forme ne se distingue pas du subjonctif plus-que-parfait passif morphologiquement peut-être, mais sémantiquement et syntaxiquement, si!
*La réformette de l'orthographe de 1990 a voulu abolir les accents circonflexes sur les "u" à l'exception de (entre autres exceptions redondantes et confusantes) "le subjonctif plus-que-parfait parfois et improprement nommé le conditionnel passé deuxième forme"...ce qui ne nous interdit pas de continuer d'être impropres! Surtout que la réformette n'avait pas d'application obligatoire.
Cher Aulignyetram
Votre avis "diffère des précédents", donc du mien aussi, je suppose. Expliquez-moi en quoi les deux solutions que j'ai proposées plus haut sont incorrectes. Je trouve la phrase d'origine plutôt mal fichue, moi aussi. Mais j'ai proposé tout de même des solutions de remplacement, c'est plus constructif et c'est plus sympathique pour la personne qui a posé la question...
La proposition principale ne comporte certes pas un plus-que-parfait à valeur modale (comme il l'aurait été dans une subordonnée telle que "Si le voisin avait raconté"), mais cela n'empêche nullement d'employer le "vrai" conditionnel passé pour le verbe "construire".
A ce qu'il paraît, il aurait été construit...
On raconte qu'il aurait été construit.
Si le voisin rapporte une hypothèse incertaine, un fait non avéré, ce conditionnel passé est tout à fait légitime. Tout autant que dans les dépêches d'information du genre: "Le conditionnel passé deuxième forme serait décédé cette nuit... "