#71 28/06/2008 18:21

Putakli
387 message(s)
Langue française La surprise que cela a créé / créée ?

Rien n'est plus légitime que de chercher la règle pour l'appliquer, mais quand elle est volontairement transgressée, on peut aussi se demander quel est l'usage qu'on veut lancer en dépit de la règle qu'on balance, et j'ai senti, en lisant les interventions une envie de conférer à cela un pouvoir grammaticalement fort. C'est un pouvoir de subordination qui esst en cause.
J'ai le souvenir d'avoir été scandalisé, il y a très longtemps, en lisant dans le Lagarde et Michard un commentaire du sonnet du naufrage de Mallarmé qui trouvait un antécédent à cela pour en faire un pronom alors que c'est tout simplement le verbe celer.
Je m'aperçois en cherchant le lien que la tradition continue en voyant sur internet un commentaire qui préfère imaginer une répétition imaginairement éludée du verbe savoir ("tu le sais et tu sais"), plutôt que de lire ce qui est écrit "tu le sais et cela...", bien que le verbe fasse écho au premier vers et à tout le poème
http://www.unice.fr/AGREGATION/alanue.html
Comment peut-on imaginer que Mallarmé ait utilisé cela comme pronom !! Comment peut-on imaginer qu'il ait seulement pu envisager de penser "et sait cela que", sans l'abréger au moins en "et sait que" !! ( Pourquoi pas "ce machin là"  pendant qu'on y est !!)
Il semble bien que le mot "cela" puisse exercer un pouvoir régissant tel qu'à sa lecture, l'esprit s'enténèbre, et que, par son pouvoir magique, il fasse surgir un problème de déchiffrement qui accapare toute l'attention, à la manière d'un message coté "secret confidentiel, très urgent, à remettre en mains propres, toutes affaires cessantes".
Le pouvoir focalisant de "cela" fait penser à la lettre volée de Poe ou à la propagation de la signfication celée quand une phrase mal entendue produit la question que chacun chuchote à son voisin "Qu'est-ce qu'il a dit ?" jusqu'à ce que quelqu'un réponde "Cela", mot scellé dont la signfication celée ne se révèlera que si on utilise la redondance pour préciser "Cela même".


Préservez-moi de mes amis; mes ennemis, je m'en charge.

#72 28/06/2008 18:33

JSC
6412 message(s)
Langue française La surprise que cela a créé / créée ?

D'ennui en un an, on en induit, je suis mort.
C'est moi qui ai les pommes mangé(es).

Exprssions curieuses et ?poétiques?


La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble la pire des immoralités. (O. Wilde)

#73 28/06/2008 19:30

Jehan
1633 message(s)
Langue française La surprise que cela a créé / créée ?

Pour Putakli :

C'est vrai que cela-verbe et cela-pronom sont homographes et homophones. Ambiguïté providentielle pour les verbicrucistes et pour les exégètes de Mallarmé. A cela près que sur ce fil, c'était bien du pronom cela qu'il s'agissait, sans équivoque possible, et qu'il a été assez vite mis hors de cause dans le problème d'accord de participe qui était le point principal de la discussion... Cela, ce n'était rien que cela.

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Pour JSC.

D'ennui en un an, on en induit, je suis mort.
C'est moi qui ai les pommes mangé(es).

Expressions curieuses et ?poétiques?

Cas de syntaxe disloquée... Que ce soit poétique ou non, cela change-t-il l'historique de l'accord du participe ?

#74 28/06/2008 19:49

JSC
6412 message(s)
Langue française La surprise que cela a créé / créée ?

C'est moi qui les pommes ai mangées.
C'est moi qui ai les pommes mangé.

C'est bon?

#75 28/06/2008 20:47

Jehan
1633 message(s)
Langue française La surprise que cela a créé / créée ?

La première phrase me semble respecter la logique de l'accord.
Mais pourquoi n'as-tu pas fait l'accord dans la deuxième ? Le COD est placé là aussi avant le participe...

D'ailleurs, dans l"ancienne langue, l'auxiliaire et le participe formaient moins bloc que de nos jours, et Ronsard aurait très bien pu écrire:
"Mignonne, allons voir si la rose / Qui avait sa robe déclose..."
Mais ça aurait été un autre poème !

Dernière modification par Jehan (28/06/2008 22:38)

#76 01/07/2008 10:52

AmélieD
Langue française La surprise que cela a créé / créée ?

A l'origine, le participe s'accordait où que fût le COD. C'est logique, en latin tardif, on avait Ego mala manducata habeo où le participe est en réalité un attribut du COD ("moi, j'ai en possession des pommes mangées").

Plus tard, on a trouvé bizarre de mettre une marque de genre et de nombre alors que le nom avec lequel on accordait n'était pas encore paru dans la phrase, et on a adopté notre règle actuelle.

La véritable règle serait donc plutôt que le participe s'accorde sauf quand le COD le suit.

C'est moi qui ai les pommes mangées.
Les pommes, c'est moi qui les ai mangées.
C'est moi qui ai mangé les pommes.
Je les ai mangées, les pommes.
J'ai mangé.


Mais attention, pas d'accord si le COD est le pronom "en" :
J'en ai mangé, des pommes.
Des pommes, j'en ai mangé.