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Bonjour, je suis en première S et mon professeur de français nous a donné un texte à commenter. J'ai quelques petites idées d'axes de lecture, mais j'aurai besoin de votre avis ainsi que de l'aide.
Voici le texte à commenter : http://www.piranesia.net/baudelaire/spl … heure.html
Voici la problématique que je pense avoir trouvée:
Comment l'auteur, à la suite de sa journée, fait-il la critique à la fois de la société, de la ville ainsi que de lui-même?
et voici mon plan actuel, qui ne manque pas, j'en suis conciente, à être quelque peu changé :
I. La structure
a) Poème en prose
b) Champs lexicaux de la haine et de la solitude
c) Un poème qui s'approche du théâtre
II. Bilan de sa journée
a)Critique de la société parisienne
b)Critique de la ville
c) Auto-critique
III. Auto-portrait
a) Solitude et Misanthropie= remparts
b) Notion de prière = besoin de pardon
c) L'art = Harmonie avec lui-même
En vous remerciant de l'aide que vous allez m'apporter ainsi que du temps que vous allez y accorder...
Tikymoon
Avec le texte c'est mieux
À une heure du matin
Enfin! Seul! On n'entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin! la tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même.
Enfin! il m'est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres! D'abord, un double tour à la serrure. Il me semble que ce tour de clef augmentera ma solitude et fortifiera les barricades qui me séparent actuellement du monde.
Horrible vie! Horrible ville! Récapitulons la journée: avoir vu plusieurs hommes de lettres, dont l'un m'a demandé si l'on pouvait aller en Russie par voie de terre (il prenait sans doute la Russie pour une île); avoir disputé généreusement contre le directeur d'une revue, qui à chaque objection répondait: «-- C'est ici le parti des honnêtes gens,» ce qui implique que tous les autres journaux sont rédigés par des coquins; avoir salué une vingtaine de personnes, dont quinze me sont inconnues; avoir distribué des poignées de main dans la même proportion, et cela sans avoir pris la précaution d'acheter des gants; être monté pour tuer le temps, pendant une averse, chez une sauteuse qui m'a prié de lui dessiner un costume de Vénustre; avoir fait ma cour à un directeur de théâtre, qui m'a dit en me congédiant: « -- Vous feriez peut-être bien de vous adresser à Z ...; c'est le plus lourd, le plus sot et le plus célèbre de tous mes auteurs, avec lui vous pourriez peut-être aboutir à quelque chose. Voyez-le, et puis nous verrons;» m'être vanté (pourquoi?) de plusieurs vilaines actions que je n'ai jamais commises, et avoir lâchement nié quelques autres méfaits que j'ai accomplis avec joie, délit de fanfaronnade, crime de respect humain; avoir refusé à un ami un service facile, et donné une recommandation écrite à un parfait drôle; ouf! est-ce bien fini?
Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m'enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. Ames de ceux que j'ai aimés, âmes de ceux que j'ai chantés, fortifiez-moi, soutenez-moi, éloignez de moi le mensonge et les vapeurs corruptrices du monde, et vous, Seigneur Dieu! accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise!
cela sans avoir pris la précaution d'acheter des gants;
C'est plus qu'une critique c'est du mépris.
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