#1 27/04/2008 18:23

jack
7 message(s)
Langue française Concordance des temps (plus que parfait/passé antérieur)

Bonsoir

Je me pose quelques questions concernant les règles de concordance des temps.

Dans les deux exemples qui suivent, quelle est la règle exacte qui impose l'emploi du plus-que-parfait plutôt que du passé antérieur dans la proposition principale ?

1. "J'avais lu le livre quand il entra"
2. "Quand je parvins à son bureau, il avait succombé à une crise cardiaque"

Dans les deux cas, l'action de la principale est totalement achevée et est antérieure à l'action de la subordonnée, qui s'exprime, elle, par un passé simple.

Plus intéressants encore sont les deux exemples suivants  :

1. "Parce que j'avais prévenu quelqu'un, ils renoncèrent"
2. "Quand j'eus prévenu quelqu'un, ils renoncèrent"

Dans ces deux phrases, aux sens très proches, l'action de la subordonnée  est totalement achevée et est antérieure à l'action de la principale (elle, au passé simple).

Dans le cas n°1, il serait inenvisageable  et incorrect de recourir au passé antérieur dans la subordonnée.

Dans le cas n°2, il serait inenvisageable  et incorrect de recourir au plus-que-parfait dans la subordonnée.

Un expert de votre forum peut-il disséquer ces différents exemples et énoncer le(s) règle(s) de concordance dont ils relèvent  ?

Autre question : les règles d'emploi du passé antérieur ont-elles été différentes au cours des siècles ?

Merci.

#2 27/04/2008 19:03

Anne345
156 message(s)
Langue française Concordance des temps (plus que parfait/passé antérieur)

Il ne s'agit pas de concordance des temps, mais de valeur des temps :
"Le passé antérieur indique surtout une action passée qui a précédé immédiatement une autre action passée. Le plus-que-parfait a le même emploi mais il n'y a pas un rapport de succession immédiate entre les deux faits." (BEscherelle)

"Le passé antérieur est propre à la langue écrite. Il exprime un fait accompli, soit par rapport à un autre fait passé, soit par rapport à un repère appartenant au passé et explicité par un complément de temps.
1° Le verbe est le noyau du prédicat dans une proposition de temps : À Tahiti où il vivait après qu’il nous eut quittés (Mauriac, Robe prétexte, VIII). (...)
Le verbe principal est souvent au passé simple, mais les autres temps du passé ne sont pas exclus. — Les deux faits se succèdent immédiatement, sauf indication explicite. 

2°Le verbe est le noyau d’un prédicat de phrase : Il n’eut pas plus tôt aperçu son père qu’il courut à lui (Ac. 1935, s. v. plus) (...)
Il n’y a pas de décalage entre le fait et le repère temporel. Par conséquent, celui-ci ne peut être exprimé par un syntagme prépositionnel avec depuis (depuis la veille, etc.)
Dans la langue parlée, le passé surcomposé  remplace le passé antérieur." (Grevisse)

#3 27/04/2008 21:41

jack
7 message(s)
Langue française Concordance des temps (plus que parfait/passé antérieur)

Merci de ces éléments.

Vous écrivez :

"Le verbe principal est souvent au passé simple, mais les autres temps du passé ne sont pas exclus" : avez-vous un exemple de phrase dont le verbe de la principale soit conjugué à un temps du passé qui ne soit pas le passé simple, et dont le verbe de la subordonnée soit conjugué au passé antérieur ?

En effet, j'ai vraiment l'impression que si le passé antérieur figure dans une subordonnée, alors, d'une part, il n'apparait que dans des subordonnées de temps et , d'autre part, le verbe de la principale est nécessairement le passé simple. Mais je peux me tromper.


Pardon, la réponse à ma question est dans votre exemple : "il vivait à Tahiti après qu'il nous eut quittés" (après nous avoir quittés).

En revanche la simultanéité de la succession des faits n'apparait pas évidente dans cet exemple.

Elle l'est encore moins si l'on écrit : "il vivait à Tahiti, bien après qu'il nous eut quittés".