1
Connectez-vous pour écrire une réponse
1re S
Lorsqu'ils tournèrent la grande barrière de la ferme maritale, quarante coup de fusils
éclatèrent sans qu'on vît les tireurs cachés dans les fossés. A ce bruit, une grosse gaieté
saisit les hommes qui gigotaient lourdement en leurs habits de fête ; et Patu, quittant sa femme,
sauta sur un valet qu'il apercevait derrière un arbre, empoigna son arme, et lâcha lui-même
un coup de feu en gambadant comme un poulain.
Puis on se remit en route sous les pommiers déjà lourds de fruits, à travers l'herbe haute,
au milieu des veaux qui regardaient de leurs gros yeux, se levaient lentement et restaient
debout, le mufle tendu vers la noce.
Les hommes redevenaient graves en approchant du repas. Les uns, les riches, étaient
coiffés de hauts chapeaux de soie luisants, qui semblaient dépaysés en ce lieu ; les autres
portaient d'anciens couvre-chefs à poils longs, qu'on aurait dits en peau de taupe ;
les plus humbles étaient couronnés de casquettes.
Toutes les femmes avaient des châles lâchés dans le dos, et dont elles tenaient les bouts
sur leurs bras avec cérémonie. Ils étaient rouges, bigarrés, flamboyants, ces châles;
et leur éclat semblait étonner les poules noires sur le fumier, les canards au bord de la mare,
et les pigeons sur les toits de chaume.
Tout le vert de la campagne, le vert de l'herbe et des arbres, semblait exaspéré au contact
de cette pourpre ardente et les deux couleurs ainsi voisines devenaient aveuglantes sous le feu
du soleil de midi.
La grande ferme paraissait attendre là-bas, au bout de la voûte des pommiers.
Une sorte de fumée sortait de la porte et des fenêtres ouvertes et une odeur épaisse
de mangeaille s'exhalait du vaste bâtiment, de toute ses ouvertures, des murs eux-mêmes.
Comme un serpent, la suite des invité s'allongeait à travers la cour. Les premiers,
atteignant la maison, braisaient la chaîne, s'éparpillaient, tandis que là-bas il en entrait toujours
par la barrière ouverte. Les fossés maintenant étaient garnis de gamins et de pauvres curieux;
et les coups de fusil ne cessaient pas, éclatant de tous les côtés à la fois, mêlant à l'air
une buée de poudre et cette odeur qui grise comme de l'absinthe.
Devant la porte, les femmes tapaient sur leurs robes pour en faire tomber la poussière,
dénouaient les oriflammes qui servaient de rubans à leurs chapeaux, défaisaient leur châles
et les posaient sur leurs bras, puis entraient dans la maison pour se débarrasser définitivement
de ces ornements.
J'ai commencé à travailler sur le commentaire et j'envisage de le créer en suivant ce plan:
I Une description réaliste...
II ... Présentant une société...
III ... Afin d'immerger le lecteur dans un monde.
Cependant j'ai peur que le premier et le deux ne se recoupent trop ou que le troisième ne soit trop superflu, ou même ces deux éventualités, dans ce cas je devrai recommencer toute mon travail -_-.
Je voudrais connaître vos point de vue sur ce plan et vos éventuelles idées pour la rédaction de mon commentaire.
Bonsoir Cokeuhlikhot,
C'est difficile de juger de ton travail. On ne sait pas comment tu as compris ce texte, ce que tu en as relevé...
Ton plan ressemble à quelque chose de convenu, de général. Il ne colle pas à ce texte-là, en particulier.
As-tu noté la drôlerie du regard que les animaux portent sur ces humains noceurs ? As-tu remarqué comme les couleurs criardes dont sont habillés les noceurs dénaturent... la nature ? As-tu noté qu'ils enlèvent (surtout les femmes) leurs "ornements" en entrant dans la ferme ? C'est curieux, non ?
Muriel
Connectez-vous pour écrire une réponse
1