Bonjour shivaaz,
Dans votre exemple, le tour « la voiture à Paul » est populaire, comme me l'indique mon dictionnaire :
Cette construction, aujourd'hui marquée comme populaire ou incorrecte, était absolument normale dans l'ancienne langue : « Conte de Bretaigne, le père au duc qui ore (aujourd'hui) est » (Joinville, cité par Damourette et Pichon).
Voir ici (III, 4)
Voyez aussi le TLFI :
Rem. 1. À + subst. de l'animé marquant l'appartenance [...] La construction n'existe plus que dans le parler populaire ou paysan (le cousin à ma femme), sauf dans quelques expressions qui appartiennent au langage familier ou hypocoristique (un fils à papa). [...]
et, dans l'historique :
B. Dans le syntagme nominal. Une modification fondamentale se produit dans le syntagme nominal : la préposition à a cessé d'introduire le complément d'appartenance et a été remplacée par de. On disait en ancien français la nef à cil saint home; la terres as dous freres; la mere au roi; l'amor au saint home; la coe au lion, etc. (d'apr. T.-L.) : Se jo ne sui fille de roi Si sui je fille a rice conte. Parton., 10216, Crapelet (Gdf.). Rem. Dans ce dernier exemple on notera la coexistence des 2 prépositions à et de. En moyen français à + subst. de l'animé est encore fréquent, mais de est devenu la construction usuelle : La bauge du sanglier, du cerf la reposee, La ruche de l'abeille et la loge au berger. D'AUBIGNÉ, Trag. II, 1525 (Goug., p. 211). Aujourd'hui la construction ne survit plus que dans la langue populaire et familière : la cousine à Germaine; un fils à papa (cf. III D 6 b, rem. 1).
Je suis tout à fait d'accord.
C'est en dehors de la question, mais il est utile d'ajouter :
1 A s'emploie, à tous les niveaux, devant un pronom personnel :
* Un oncle à moi.
* C'est une manière à lui.
* C'est mon opinion à moi. (Insistance)
* Mon mec à moi. (Patricia Kaas) (Insistance)
2 De même devant les verbes exprimant l'appartenance :
* Cette maison appartient à mes parents.
* Elle est à mes parents.
Mais :
* Elle me vient de mes parents. (Origine)
Je cite Edy dans un autre fil: (#44)
Edy a écrit :
Les deux formes expriment la possession, mais il y a une nuance : DE s'emploie pour les produits d'une activité intellectuelle.
* Ce livre est à moi (= mien). = Il m'appartient.
* Ce livre est de moi. = C'est moi qui l'ai écrit.
ip.
Dernière modification par ipseite (14/10/2006 07:01)