Il est évident qu'on ne souhaite jamais la mort de quelqu'un, et qu'il est rare et déplacé de se sentir heureux après une funeste annonce : question de morale et de bon sens. Cependant, comme faire réellement la part des choses, entre le regroupement de toutes nos pensées en une sempiternelle tristesse, presque exagérée, et l'ignorance complète car "il faut passer à autre chose" ?
Autre chose ; Lorsque l'on attend la confirmation d'un décès, ne souhaitons-nous pas, en quelque sorte, la mort de l'autre au profit de notre soulagement ?
Bien sûr, l'on préférerait que le décès soit démenti, cela va de soi. Mais qu'est-ce qui est préférable : l'angoisse de l'attente dans l'ignorance, ou la confirmation funeste?
De même, il est courant de penser, assez égocentriquement, qu'une personne est obstacle à notre épanouissement ou la réussite de quoi que ce soit. (Je ne dis pas que cela est véridique : c'est juste couramment ressenti). Le souhait de la non-existence de telle personne dans notre vie, est uniquement dans notre vie, n'est-il pas, encore une fois, comme le souhait de la mort de l'autre ?
Certes, si l'autre n'existe pas pour moi, il peut tout de même exister et vivre, indépendamment de moi, mais notre existence ne dépend-elle pas aussi de nos relations à autrui?
Je ne sais pas si le tabou concernant le thème de la mort peut-être levé. Je tiens aussi à préciser que, pour les membres du forum connaissant ma vie personnelle, je n'ai pas souhaité la mort de celui qui m'a motivé à écrire ce sujet, et ceci d'aucune façon. Merci de m'informer si ce sujet est déplacé.
Dans le premier cas de figure, je pense que l'on peut ressentir du soulagement à l'annonce de la mort d'une personne, comme tu le dis, voire de souhaiter celle-ci, dans une logique d'"abréger les souffrances" (thème passablement actuel...). Une chose est cependant claire: on souhaite ici la mort de la personne dans son état de souffrance (qui provoque en général de la tristesse chez ses proches), et non pas la mort de la personne qu'elle était auparavant, sans souffrance. On souhaite en quelque sorte la "mort" de la souffrance, ce qui provoque inévitablement celle de la personne...
C'est pourquoi l'on est ensuite partager: d'un côté on est heureux car la souffrance a cessé, mais l'on est triste parce que la personne est partie avec. Je ne sais pas s'il y a à culpabiliser en se disant "c'est affreux je suis soulagé parce qu'il/elle est mort/e plus à cause du fait que cela cesse de me faire souffrir moi que parce qu'il/elle ne souffrira plus"...
Quant au second point, je pense que l'on peut ressentir le désir que, comme tu le dis, une personne n'existe pas ou plus (lorsqu'il s'agit du contexte dont tu as parlé), mais pas le désir de la mort de celle-ci, la mort dans le sens "passer à l'arme gauche", le fait-même de mourir.
Est-ce que la mort est le plus grand mal que l'on puisse souhaiter pour quelqu'un?
J'ai bien en tête certaines personnes auxquels je ne souhaite aucun bien...
C'est humain.
Pourquoi les (sur)vivants se culpabiliseraient-ils de la mort d'un proche? Pourquoi avoir l'impression que l'on l'aurait empêchée? Pourquoi regretter de ne pas avoir profité du vivant de la personne?
Che sera, sera (comme disent les italiens).
{Ce qui doit arriver, arrivera}.
JSC a écrit :
Pourquoi les (sur)vivants se culpabiliseraient-ils de la mort d'un proche? Pourquoi avoir l'impression que l'on l'aurait empêchée? Pourquoi regretter de ne pas avoir profité du vivant de la personne?
C'est humain...
Oui je suis d'accord avec JSC : la mort n'est pas la pire chose que l'on peut souhaiter à quelqu'un, il y ads choses qui me ferai beaucoup plus de mal que de mourir, comme par exemple que ceux que jaime meurent (logique ...)
La souffrane est-elle pre que la mort ? pas sur ..
Quand je souhaite quelque chose à une personne que je déteste, je ne lui souhaite ni la souffrance physique, ni la mort (les deux sont reliés je suppose, sauf dans certains cas comme le suicide). Je veux que la personne souffre moralement et qu'elle endure des épreuves mentales horribles. Les blessures morales sont, je pense, plus douloureuses que celles qui sont physiques. Entre un bras cassé et une rupture amoureuse douloureuse, y'a pas photos.
Dernière modification par tekk75 (26/04/2008 22:30)
Pleure-t-on réellement la mort, la disparition, d'un être cher ou pleure-t-on sur les difficultés que cela va vous apporter, c'est-à-dire sur soi?
Je penche pour la deuxième solution.
lebeau a écrit :
Pleure-t-on réellement la mort, la disparition, d'un être cher ou pleure-t-on sur les difficultés que cela va vous apporter, c'est-à-dire sur soi?
Je penche pour la deuxième solution.
Je penche pour la première. Jamais au grand jamais je n'ai pleuré sur l'éventualité de difficultés futures!
S'il s'agit de dire si l'on pleure parce que la personne nous manque, je suis d'accord; mais cela ne peut être appelé "difficulté", et s'éloigne largement de cette notion de "pleurer sur soi" un peu vite établie et qui s'inscrit décidément dans la mode de l'attribution aux humains d'un égoïsme exacerbé dont l'usage sans argumentation ressemble à l'énonciation d'un lieu commun.
Dernière modification par Chose (28/04/2008 19:18)
La question de lebeau est général! Pleut-on.
On ne demande pas à Chose d'être représentative de l'humanité entier. Son expérience personnelle de sa réaction à la mort ou à la mort d'un proche est une contribution intéressante, mais qui ne peut pas, seule, nous mener loin en réponse à cette question.
Peux-tu préciser le fond de ta déclaration
cette notion de "pleurer sur soi" un peu vite établie et qui s'inscrit décidément dans la mode de l'attribution aux humains d'un égoïsme exacerbé dont l'usage sans argumentation ressemble à l'énonciation d'un lieu commun.
s’il te plaît? Je ne suis pas sûr de comprendre.