#1 17/04/2008 11:51

K-mill3
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Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables, X, 3 : La Tortue et les deux Canards + X, 6 et XII, 14

Bonjour ,

En vue de l'oral du bac de Français cette année, je dois étudier trois des fables de La Fontaine; or je ne vois pas bien comment peut-on commenter une fable mise à part expliquer le rôle de la morale à La fin (ici mise en caractère gras) et montrer le côté pédagogique qu'apporte la fable en informant les gens par une histoire (le plaisir de l'histoire rend chacun disponible pour la leçon). J'aimerais, dans la mesure du possible, connaître un peu plus d'idée et d'arguments pour pouvoir construire mes commentaires (représentés ensuite à l'oral).
Nottament, une explication de ses morales qui ne sont pas toujours faciles à comprendre  et de l'argumentation indirecte.

Textes à l'appuie:

La Tortue et les deux Canards

Une Tortue était, à la tête légère,
Qui, lasse de son trou, voulut voir le pays,
Volontiers on fait cas d'une terre étrangère :
Volontiers gens boiteux haïssent le logis.
Deux Canards à qui la commère
Communiqua ce beau dessein,
Lui dirent qu'ils avaient de quoi la satisfaire :
Voyez-vous ce large chemin ?
Nous vous voiturerons, par l'air, en Amérique,
Vous verrez mainte République,
Maint Royaume, maint peuple, et vous profiterez
Des différentes moeurs que vous remarquerez.
Ulysse en fit autant. On ne s'attendait guère
De voir Ulysse en cette affaire.
La Tortue écouta la proposition.
Marché fait, les oiseaux forgent une machine
Pour transporter la pèlerine.
Dans la gueule en travers on lui passe un bâton.
Serrez bien, dirent-ils ; gardez de lâcher prise.
Puis chaque Canard prend ce bâton par un bout.
La Tortue enlevée on s'étonne partout
De voir aller en cette guise
L'animal lent et sa maison,
Justement au milieu de l'un et l'autre Oison.
Miracle, criait-on. Venez voir dans les nues
Passer la Reine des Tortues.
- La Reine. Vraiment oui. Je la suis en effet ;
Ne vous en moquez point. Elle eût beaucoup mieux fait
De passer son chemin sans dire aucune chose ;
Car lâchant le bâton en desserrant les dents,
Elle tombe, elle crève aux pieds des regardants.
Son indiscrétion de sa perte fut cause.
Imprudence, babil, et sotte vanité,
Et vaine curiosité,
Ont ensemble étroit parentage.
Ce sont enfants tous d'un lignage.

Le Loup et les Bergers

Un Loup rempli d'humanité
(S'il en est de tels dans le monde)
Fit un jour sur sa cruauté,
Quoiqu'il ne l'exerçât que par nécessité,
Une réflexion profonde.
Je suis haï, dit-il, et de qui ? De chacun.
Le Loup est l'ennemi commun :
Chiens, chasseurs, villageois, s'assemblent pour sa perte.
Jupiter est là-haut étourdi de leurs cris ;
C'est par là que de loups l'Angleterre est déserte :
On y mit notre tête à prix.
Il n'est hobereau qui ne fasse
Contre nous tels bans publier ;
Il n'est marmot osant crier
Que du Loup aussitôt sa mère ne menace.
Le tout pour un Ane rogneux,
Pour un Mouton pourri, pour quelque Chien hargneux,
Dont j'aurai passé mon envie.
Et bien, ne mangeons plus de chose ayant eu vie ;
Paissons l'herbe, broutons ; mourons de faim plutôt.
Est-ce une chose si cruelle ?
Vaut-il mieux s'attirer la haine universelle ?
Disant ces mots il vit des Bergers pour leur rôt
Mangeants un agneau cuit en broche.
Oh, oh, dit-il, je me reproche
Le sang de cette gent. Voilà ses gardiens
S'en repaissants, eux et leurs chiens ;
Et moi, Loup, j'en ferai scrupule ?
Non, par tous les Dieux. Non. Je serais ridicule.
Thibaut l'agnelet passera
Sans qu'à la broche je le mette ;
Et non seulement lui, mais la mère qu'il tette,
Et le père qui l'engendra.
Ce Loup avait raison. Est-il dit qu'on nous voie
Faire festin de toute proie,
Manger les animaux, et nous les réduirons
Aux mets de l'âge d'or autant que nous pourrons ?
Ils n'auront ni croc ni marmite ?
Bergers, bergers, le loup n'a tort
Que quand il n'est pas le plus fort :
Voulez-vous qu'il vive en ermite ?

L'Amour et la Folie

Tout est mystère dans l'Amour,
Ses flèches, son Carquois, son Flambeau, son Enfance.
Ce n'est pas l'ouvrage d'un jour
Que d'épuiser cette Science.
Je ne prétends donc point tout expliquer ici.
Mon but est seulement de dire, à ma manière,
Comment l'Aveugle que voici
(C'est un Dieu), comment, dis-je, il perdit la lumière ;
Quelle suite eut ce mal, qui peut-être est un bien ;
J'en fais juge un Amant, et ne décide rien.
La Folie et l'Amour jouaient un jour ensemble.
Celui-ci n'était pas encor privé des yeux.
Une dispute vint : l'Amour veut qu'on assemble
Là-dessus le Conseil des Dieux.
L'autre n'eut pas la patience ;
Elle lui donne un coup si furieux,
Qu'il en perd la clarté des Cieux.
Vénus en demande vengeance.
Femme et mère, il suffit pour juger de ses cris :
Les Dieux en furent étourdis,
Et Jupiter, et Némésis,
Et les Juges d'Enfer, enfin toute la bande.
Elle représenta l'énormité du cas.
Son fils, sans un bâton, ne pouvait faire un pas :
Nulle peine n'était pour ce crime assez grande.
Le dommage devait être aussi réparé.
Quand on eut bien considéré
L'intérêt du Public, celui de la Partie,
Le résultat enfin de la suprême Cour
Fut de condamner la Folie
A servir de guide à l'Amour.

 

#2 17/04/2008 12:32

Léah
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Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables, X, 3 : La Tortue et les deux Canards + X, 6 et XII, 14

Et le style ? la versification ? tout le côté primesautier de La Fontaine, les changements de rythme, etc. Ya de quoi faire !
Par ex cet aparté, clin d'œil de l'auteur à ses lecteurs et à lui-même
Ulysse en fit autant. On ne s'attendait guère
De voir Ulysse en cette affaire.


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.
 

#3 17/04/2008 14:32

K-mill3
2 message(s)
Entraide scolaire et méthode La Fontaine, Fables, X, 3 : La Tortue et les deux Canards + X, 6 et XII, 14

Merci pour ces pistes de recherches. 
mais j'aurais aimé savoir également quelle leçon peut-on tirer de la Tortue et les deux canards ? Je pense que la tortue doit sa fin tragique à son manque de réflexion. mais est-ce seulement là la morale de l'histoire, Réfléchir et non pas se précipiter? (ne pas se lancer dans un projet "à l'aveuglette").
en ce qui concerne la fable Le loup et les bergers, je suppose que la morale est que le loup, comme tout les êtres vivants doit pouvoir se nourrir pour vivre or il est hait des gens pour cela et ce n'est pas normal.
Et pour finir, La morale de L'amour et la Folie est que l'amour est aveugle . Pour trouver l'amour il faut donc suivre la folie.