Bonjour,
Je tiens à ouvrir une discussion sur Marceline Desbordes Valmore, dans le but de faire connaître cette poétesse trop mal connue de nos jours.
Il est normal de redonner ces lettres de noblesses à une poétesse hors pair, saluée par tout les intellectuels de son époque (Baudelaire, Verlaine...)
Je suis diponible pour toutes informations, dans la limite de mes connaissance a discuter de cette poétesse.
Bonjour,
Tu proposes de faire partager tes connaissances sur Marceline Desbordes-Valmore.
Je recherche le titre du poême suivant,
J'aurais voulu te faire un ciel de ma pauvre âme
J'aurais voulu voir Dieu pour te créer plus beau
Je t'ai fait de prières enfant de tendres larmes
J'ai formé ton oreille aux échos du saint lieu ;
Je t'ai caché vivant à toutes nos alarmes
Et j'allais au soleil couchant sécher mes pleurs
Pour te rendre suave et pur comme les fleurs
Merci pour ton aide.
Bonjour,
le lien ne fonctionne pas. J'ai visité beaucoup de sites consacré à cette poétesse et aucune trace de ce poême.
Merci de m'indiquer une autre alternative de voir aboutir ma recherche.
Bonjour Mat,
Il ne s'agit que d'un extrait (avec manque de quatre vers) d'un long poème qui s'intitule "Un Nouveau-né" (sous-titré "À Hippolyte"), publié dans le recueil Pauvres Fleurs, 1839.
(En vert, les manques de vers et de ponctuation) :
[...]
J'aurais voulu te faire un ciel de ma pauvre âme ;
J'aurais voulu voir Dieu pour te créer plus beau,
Pour imbiber ton cœur de sa grâce profonde,
Et pour faire couler un peu de son flambeau
Sur ta raison aveugle à ton entrée au monde !
Ne va pas l'oublier : je t'ai parlé de Dieu ;
Je t'ai fait de prière, enfant ! de tendres larmes ;
J'ai formé ton oreille aux échos du saint lieu ;
Je t'ai caché vivant à toutes nos alarmes,
Et j'allais au soleil couchant sécher mes pleurs,
Pour te rendre suave et pur comme les fleurs ;
[...]
Je suis désolée, je ne peux pas recopier le poème dans son intégralité, il est très long...
Muriel
Mat
http://www.desbordes-valmore.net/
Dernière modification par Léah (21/04/2008 22:39)
Bonjour
Je suis encore à la recherche du poême "Un nouveau-né", dans son intégralité.
Hélas les sites indiqués ne fonctionnent pas ou ne sont plus mis à jour.
Où puis-je trouver ce poême ? Quelle bibliothèque ou librairie pourrait me fournir ce recueil ?
MERCI
M D-V est bien sûr en Poésie/Gallimard
Le site fonctionne, je viens de vérifier. L'intégralité des poèmes de M D-V n'y est pas, ce qui ne signifie pas que le site n'est pas mis à jour
Demain, rentrée chez moi, je chercherai ce poème dans mon recueil. (mais pas plus que Muriel ne le copierai en entier !)
Dernière modification par Léah (22/04/2008 12:52)
Bonjour Mat,
Les Chefs-d'œuvre lyriques de Marceline Desbordes-Valmore, Choix et Notice de Auguste Dorchain, chez A. Perche, Paris, 1909. (page 34). (Un exemplaire ici.)
Un Nouveau-né
À Hippolyte
Bien venu, mon enfant, mon jeune, mon doux hôte !
Depuis une heure au monde ! Oh ! que je t'attendais !
Que j'achetais ta vie ! hélas ! Est-ce ta faute !
Oh ! non, ce n'est pas toi qu'en pleurant je grondais.
Toi, ne souffrais-tu pas même avant que de naître ?
Ne m'as-tu pas aidée enfin à nous connaître ?
Oui, tu souffrais aussi, petite ombre de moi,
Enfant né de ma vie où je reste pour toi !
[Je ne sais pas s'il y a un saut de ligne ici, c'est un bas de page, je pense que oui, mais je n'en suis pas sûre. Et mon exemplaire de Pauvres Fleurs est ailleurs que là où je suis, je ne peux donc pas vérifier.]
Du jour, par mes regards, je t'allumai la flamme ;
La nuit, je descendais au fond de ta prison.
Des mauvais souvenirs te sauvant le poison,
J'aurais voulu te faire un ciel de ma pauvre âme ;
J'aurais voulu voir Dieu pour te créer plus beau,
Pour imbiber ton cœur de sa grâce profonde,
Et pour faire couler un peu de son flambeau
Sur ta raison aveugle à ton entrée au monde !
Ne va pas l'oublier : je t'ai parlé de Dieu ;
Je t'ai fait de prière, enfant ! de tendres larmes ;
J'ai formé ton oreille aux échos du saint lieu ;
Je t'ai caché vivant à toutes nos alarmes,
Et j'allais au soleil couchant sécher mes pleurs,
Pour te rendre suave et pur comme les fleurs ;
Ou dans les roseaux verts je t'emportais pensive,
Pour t'abreuver du bruit de quelque source vive,
Qui, m'ouvrant son cristal comme à l'oiseau plongeur,
Sur notre double fièvre épanchait sa fraîcheur.
Souviens-toi que souvent, seuls au fond d'une église,
Nous regardions longtemps les anges au fronts blancs,
Que je t'y promenais invisible, à pas lents,
Modelant leurs beaux traits sur ta forme indécise.
J'ai bien fait ! nul enfant n'a rapporté des cieux
Tant de ciel inondant sa profonde paupière,
Et l'on n'a vu jamais, d'un front si gracieux
Jaillir tant de rayons de vie et de lumière.
Qu'un si petit visage enferme de portraits !
De tout ce que j'aimai tu m'offres quelques traits :
Que d'anges envolés sans pouvoir les décrire,
Dans ton sourire errant reviennent me sourire !
Et je l'avais prédit, quand je sentais ton cœur
Éclore et battre faible à mon flanc créateur,
Quand mes heures veillaient autour de ta défense,
Dans mon humble abandon qui m'eût fait une offense ?
Tout, c'était toi ! Mes yeux enfermés sous ma main
N'ont appelé personne en ce monde inhumain,
Personne ! pour calmer, pour soutenir ma tête
Et dérober mon fruit au vent de la tempête.
Oh ! mais, lorsqu'en ton nom je regardais les cieux,
Ton sourire passait dans les pleurs de mes yeux :
Dieu se montrait au loin sous cette ondée amère,
Dieu dans ma pauvreté me laissait être mère,
Et j'envoyais à Dieu mes baisers ou mes cris,
Les doux cris d'une femme à qui Dieu donne un fils.
Ton berceau, vide encor, peuplait ma solitude ;
Un ange respirait par moi sa nuit, son jour ;
Je couvais son destin, j'en étaits le séjour !...
On ne meurt pas d'orgueil et de sollicitude !
Aussi j'ai cru tomber faible sur mes genoux
Quand on me leva seul et comme trop légère,
Cherchant les [sic] poids aimé d'une tête si chère ;
Car si près que tu sois l'air circule entre nous...
D'hier nous sommes deux ! Le souffle de ta bouche
Se mêle à chaque souffle étranger qui te touche,
Et je pleure et... Pardon, mon jeune bien venu,
Au monde pour moi seule et du monde inconnu !
Adieu ! je ne suis plus l'heureuse crysalide
Où l'âme de mon âme a palpité neuf mois ;
Mais à ta frêle fleur si j'ai servi d'égide,
Homme un jour, reviens-y t'appuyer quelquefois.
Je suis ta mère : un nœud nous a tenus ensemble ;
C'est l'aimant divisé que l'aimant cherchera ;
La terre ne rompt pas ce que le ciel assemble :
Dans la vie, hors la vie, il nous réunira !
Muriel