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Bonjour !
J'ai un commentaire à faire sur "les liaisons dangereuse", voilà l'extrait :
"Croyez-moi, Vicomte, on acquiert rarement les qualités dont on peut se passer. Combattant sans risque, vous devez agir sans précaution. Pour vous autres hommes, les défaites ne sont que des succès de moins. Dans cette partie si inégale, notre fortune l'est de ne pas perdre, et votre malheur de ne pas gagner. Quand je vous accorderais autant de talents. qu'à nous, de combien encore ne devrions-nous pas vous surpasser, par la nécessité où nous sommes d'en faire un continuel usage !
Supposons, j'y consens, que vous mettiez autant d'adresse à nous vaincre, que nous à nous défendre ou à céder, vous conviendrez au moins qu'elle vous devient inutile après le succès. Uniquement occupé de votre nouveau goût, vous vous y livrez sans crainte, sans réserve : ce n'est pas à vous que sa durée importe.
En effet, ces liens réciproquement donnés et reçus, pour parler le jargon de l'amour, vous seul pouvez, à votre choix, les resserrer ou les rompre : heureuses encore, si dans votre légèreté, préférant le mystère à l'éclat, vous vous contentez d'un abandon humiliant, et ne faites pas de l'idole de la veille la victime du lendemain.
Mais qu'une femme infortunée sente la première le poids de sa chaîne, quels risques n'a-t-elle pas à courir, si elle tente de s'y soustraire, si elle ose seulement la soulever ? Ce n'est qu'en tremblant qu'elle essaie d'éloigner d'elle l'homme que son coeur repousse avec effort. S'obstine-t-il à rester, ce qu'elle accordait à l'amour, il faut le livrer à la crainte :
ses bras s'ouvrent encore, quand son coeur est fermé.
Sa prudence doit dénouer avec adresse ces mêmes liens que vous auriez rompus. À la merci de son ennemi, elle est sans ressource, s'il est sans générosité : et comment en espérer de lui, lorsque, si quelquefois on le loue d'en avoir, jamais pourtant on ne le blâme d'en manquer ?
Sans doute, vous ne nierez pas ces vérités que leur évidence a rendues triviales. Si cependant vous m'avez vue, disposant des événements et des opinions, faire de ces hommes si redoutables le jouet de mes caprices ou de mes fantaisies ; ôter aux uns la volonté, aux autres la puissance de me nuire ; si j'ai su tour à tour, et suivant mes goûts mobiles, attacher à ma suite ou rejeter loin de moi ..
Ces Tyrans détrônés devenus mes esclaves ; si, au milieu de ces révolutions fréquentes, ma réputation s'est pourtant conservée pure ; n'avez-vous pas dû en conclure que, née pour venger mon sexe et maîtriser le vôtre, j'avais su me créer des moyens inconnus jusqu'à moi ?"
J'ai les deux grandes axes qui sont :
I- Un discours argumentatif sous forme de lettre
II- L'image de Mme. de Merteuil
Je n'arrive pas à trouver les sous parties, c'est mon premier commentaire, aidez-moi ! S'il vou plaît !
Je vous remercie d'avance !
En ce qui concerne le premier axe :
- relève les connecteurs logiques
- relève les différents arguments de Merteuil : que prouve-t-elle ? A qui s'adresse-t-elle ? De qui parle-t-elle ? Et pour quelle raison ? Lettre = énonciation.
- observe la concomitance du lexique "militaire" et du lexique "galant" (notamment autour du verbe "lier"). C'est ce qu'elle le "jargon amoureux" (IRONIE).
- en quoi la séduction de l'homme est-elle différente de celle la femme, qui plus est, de celle de Merteuil ?
- relève les vers blancs (alexandrin)
Qu'entends-tu par : l'image de Merteuil ? Sois plus précise. Parle-t-elle seulement d'elle ? A qui se compare-t-elle ? Aux autres femmes, faibles et dominées... ET à Valmont. En quoi peux-tu le repérer ? Montre donc en quoi elle domine les hommes : notamment parce qu'elle est le sujet de verbe qui dénote une puissance particulière (disposer, ôter, attacher, rejeter, etc.), ou alors pronominalisée derrière des possessifs adjoints à des substantifs dominateurs ("caprices et fantaisies").
Voilà pour l'instant. N'hésite pas si tu as des questions.

Bonjour !
Je vous remercie pour votre réponse
Quand je dis " l'image de Merteuil ", je veux parler de son caractère.
Est-ce que dans le premier axe, je peux parler du genre épistolaire ?
Je ne comprends pas très bien cela : " relève les vers blancs (alexandrin)", pouvez-vous me l'expliquer ?
Merci 
J'ai oublié de vous préciser que le lettre et accompagnée d'un extrait de DON JUAN :
On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d'une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l'innocente pudeur d'une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu'elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu'on en est maître une fois, il n'y a plus rien à dire ni rien à souhaiter; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d'un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d'une conquête à faire. Enfin il n'est rien de si doux que de triompher de la résistance d'une belle personne, et j'ai sur ce sujet l'ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs: je me sens un cœur à aimer toute la terre; et comme Alexandre, je souhaiterais qu'il y eût d'autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.
Dois-je me servir de cet extrait pour le commentaire ?
Je ne sais pas comment faire.
Bonjour Isha,
-les vers blancs : (alexandrins) "ses bras s'ouvrent encore,/ quand son coeur est fermé." ou encore "Ces Tyrans détrônés devenus mes esclaves". L'utilisation des vers blancs témoignent d'une certaine culture galante de la part de Merteuil.
- il est évident que tu peux parler du genre épistolaire dans ta première partie, car elle implique une situation d'énonciation précise et particulière: il y a
* l'épistolier (Merteuil) qui dit "JE"
* le destinataire (Valmont) qui est sous le "TU/VOUS"
* un message (une lettre) avec ses indications phatiques (la fonction phatique assure le contact entre Merteuil et Valmont avec des expressions comme "croyez-moi" par exemple)
- tu peux relever également les différents aspects du présent :
* notamment les présents de GENERALITE (dit gnomique) et d'HABITUDE (dans la stratégie de séduction de Valmont ponctué de victoire et de fuite, à la recherche du nouveau ; c'est là que tu peux évoquer le texte de Dom Juan, qui se situe dans la même perspective masculine, avec le même lexique galant et militaire [comparaison avec ALexandre], les mêmes désirs de "conquête" et de nouveauté)
Tu peux évidemment évoquer le texte de DomJuan, cela dépend de ce que ton professeur t'a demandé. S'il t'a demandé de faire exclusivement un commentaire du texte de Laclos, abstiens toi de trop travailler celui de Molière ; tu peux faire des renvois, dans l'intro ou la conclusion par exemple.
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