#1 28/03/2008 17:33

sarn
4 message(s)
Langue française Utilisation du conditionnel après "si"

Bonjour,
  Je me demande ce qu'il en est de l'utilisation du  conditionnel dans une phase comme : " Je ne sais pas si je pourrais/ ou si je voudras..." ou encore je ne sais pas si j'aurais pu ..." ? Est-c correct ? est-ce la seule exception à l'utilisation du cond. après Si ?
Merci de vos réponses éclairées.

#2 28/03/2008 18:34

pierrot11
372 message(s)
Langue française Utilisation du conditionnel après "si"

Bonjour Sarn,

la perplexité où te plonge ta question vient d'une confusion : ici, ce n'est pas le conditionnel qui est utilisé, mais l'indicatif, parce que le "si" utilisé ici marque une simple subordination et non une condition.

On trouvera donc les formes suivantes :

=>  Je ne sais pas si je pourrai / si tu pourras : indicatif futur.
=>  Je ne sais pas si je voudrai / si tu voudras : indicatif futur.
=>  Je ne sais pas si j'aurais pu / si tu aurais pu : conditionel passé 1ère forme, mais avec une valeur de futur dans le passé (n'exprime pas une condition).


Mens sana in corpore sano.

#3 28/03/2008 19:02

Léah
9750 message(s)
Langue française Utilisation du conditionnel après "si"

Mais le si  conjonctif qui indique la condition n'est pas suivi du conditionnel ! le conditionnel est dans la principale
Si j'avais su, je ne serais pas venue
Et la célèbre réplique de la Guerre des boutons en donne une utilisation fautive
Oh ben merde alors, si j'aurais su, j'aurais pas v'nu


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.

#4 28/03/2008 23:55

pierrot11
372 message(s)
Langue française Utilisation du conditionnel après "si"

En fait, ce qui est fautif dans la célèbre réplique de Tigibus, ce n'est pas l'utilisation du mode conditionnel après la conjonction "si", mais la construction du verbe venir avec l'auxiliaire avoir.

Si + conditionnel est une tournure archaïque et sortie d'usage, mais non fautive : on la rencontre chez les classiques, et notamment dans la célèbre pensée de Pascal : « Le nez de Cléopâtre : s'il eût été plus court, la face du monde en eût été changée. »

#5 29/03/2008 15:18

Wyn
61 message(s)
Langue française Utilisation du conditionnel après "si"

Bonjour á tous
On ne trouve presque jamais le subjonctif en Anglais moderne. Mais il existe toujours dans une expression de la condition comme :-
« S’il faisait beau demain nous irions nous promener dans la forêt. »
« If it WERE to be fine tomorrow, we would go walking in the forest. »
Subjonctif                conditionnel
Il exprime une condition qui a peu de possibilité de se remplir
J’ai été étonné quand j’ai rencontré les expression pour exprimer la condition après SI en Français – il n’y a pas de subjonctif.
Sauf dans la littérature oú on trouve souvent « le plus parfait du subjonctif »
« Si le nez de Cléopatre eût été plus court, la face du monde
        (Plus parfait du subjonctif)
en eût été  changée. »
(Plus parfait du subjonctif)
au lieu de
« Si le nez de Cléopatre avait été plus court, la face du monde
       
en aurait été  changée. »

« Quel homme qu’eût été Balzac s’il eût su écrire. » (Flaubert).

Wyn

#6 30/03/2008 00:37

Edy
1432 message(s)
Langue française Utilisation du conditionnel après "si"

Bonsoir !

* Je me demande SI je pourrais...

Effectivement, comme l'a dit Pierrot, ce n'est pas une subordonnée conditionnelle (ou hypothétique). Le conditionnel n'est donc pas fautif a priori.

Je tiens seulement à préciser qu'il s'agit d'une interrogation indirecte : une subordonnée introduite par SI ou par un mot interrogatif (qui, comment, pourquoi, où, quand...) et qui dépend d'une principale possédant une signification interrogative explicite ou implicite.
Le support lui-même peut être une interrogation directe. (Il y en a ci-dessous.)
Je reviendrai peut-être un jour sur la théorie.
Ce qui m'énerve, c'est d'entendre à la télévision et à la radio des phrases comme :
* Je me demande qu'est-ce qui va arriver. -> CE QUI va arriver.

PETIT CADEAU POUR CE DIMANCHE (illustrant ce que je viens de dire)

* On n'est vraiment guéri d'une femme que lorsqu'on n'est même plus curieux de savoir AVEC QUI elle vous oublie. (Bourget)

* Si tu n'a pas de grand-père juif, dis-moi A QUOI ça sert d'être juif. (Audiard)

* Je ne sais plus COMMENT on fait l'amour ; j'aurais dû le noter. (Marc Jolivet)

* Je vais donc vivre seul, et déjà je me demande AVEC QUI. (Guitry)

* Il reste à savoir SI le mariage est un des sept sacrements ou un des péchés capitaux. (Dryden)

* Savez-vous POURQUOI les jeunes Portugais se laissent pousser la moustache ? C'est pour ressembler à leur mère. (Anonyme)

* Savez-vous QUI est mort ? - Je ne sais pas. Je crois que c'est celui qui est dans la première voiture. (Renard)

* Les amours sont comme les champignons. On ne sait S'ils appartiennent à la bonne ou à la mauvaise espèce que lorsqu'il est trop tard. (Alphonse Allais)

* Quand un homme et une femme sont mariés, ils ne font plus qu'un. La première difficulté est de savoir LEQUEL. (Bernard Shaw)

* Les rois sont avec les ministres comme les cocus avec leurs femmes : ils ne savent jamais CE QUI se passe. (Voltaire)

Ce sont des exemples extraits de mon "projet" de grammaire.