#1 24/03/2008 18:44

Alouette
2 message(s)
Entraide scolaire et méthode Flaubert, Madame Bovary, I, 6 - Il y avait au couvent une vieille fille...

Coucou, pourriez vous m'aider, s'il vous plaît, à construire le plan de mon commentaire? J'ai des idées, mais je ne sais pas trop comment proccéder. Je voudrais aboutir au " BOVARYSME "


Il s'agit des lectures d'Emma, lorsqu'elle était adolescente, dans un pensionnat :

Il y avait au couvent une vieille fille qui venait tous les mois, pendant
huit jours, travailler à la lingerie. Protégée par l'archevêché comme
appartenant à une ancienne famille de gentilshommes ruinés sous la
Révolution, elle mangeait au réfectoire à la table des bonnes soeurs, et
faisait avec elles, après le repas, un petit bout de causette avant de
remonter à son ouvrage. Souvent les pensionnaires s'échappaient de
l'étude pour l'aller voir. Elle savait par coeur des chansons galantes du
siècle passé, qu'elle chantait à demi voix, tout en poussant son aiguille.
Elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles, faisait en ville
vos commissions, et prêtait aux grandes, en cachette, quelque roman
qu'elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne
demoiselle elle-même avalait de longs chapitres, dans les intervalles de
sa besogne. Ce n'étaient qu'amours, amants, amantes, dames persécutées
s'évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu'on tue à tous
les relais, chevaux qu'on crève à toutes les pages, forêts sombres,
troubles du coeur, serments, sanglots, larmes et baisers, nacelles au
clair de lune, rossignols dans les bosquets, messieurs bravres comme
des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas,
toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes. Pendant six mois, à
quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux
cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s'éprit de choses
historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels. Elle aurait
voulu vivre dans quelque vieux manoir, connue ces châtelaines au long
corsage, qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude
sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la
campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir...

Il me parait important de parler de l'ironie du narrateur, de la lecture attrayante ( parce qu'elle est interdite, qu'elle fait rêver ), parler des clichés(poncifs) et évoquer la suite du livre ( fin = fatalité > suicide d'Emma. destruction progressive, pessimisme, idéalisme, rechercher l'idéal et tomber de haut, car la vie est terne > histoire triviale  )

Dernière modification par Alouette (24/03/2008 18:45)

 

#2 24/03/2008 19:04

Jean-Luc
3327 message(s)
Entraide scolaire et méthode Flaubert, Madame Bovary, I, 6 - Il y avait au couvent une vieille fille...

Bonjour Alouette,

1.La lingère initiatrice de l'amour
2.L'idéal sentimental plutôt que romantique
3.La critique des mensonges romanesques.

Cherche d'abord à décrire la lingère, ce qu'elle représente pour les pensionnaires d'un établissement religieux (attrait du fruit défendu, ouverture sur l'extérieur, entremetteuse…)
c'est le "diable dans le bénitier". Flaubert se livre à une analyse sociologique intéressante sur la société provinciale du début du XIXe siècle. Note l’humour et les coups de patte contre la vieille demoiselle apparemment irréprochable, mais bavarde et restée en enfance, d’où sa solidarité avec les pensionnaires : un vrai péril pour ses employeurs, mais une aubaine pour les jeunes filles.

Ensuite je parlerais plutôt d'idéal sentimental que romantique. Le romantisme ne se confond pas avec le sentimentalisme même s'il privilégie le lyrisme, l'expression des sentiments. Ce qui est romantique en revanche, c’est le goût pour le roman historique de Walter Scott. Ici tu peux montrer combien la conception que se forge Emma est sirupeuse à souhait. Ce qu'elle attend aussi, ce n'est pas un bûcheron ou un brave cultivateur, c'est un "prince charmant" aristocrate.

Pour la troisième partie, Flaubert se moque : il dénonce l'invraisemblance par l'accumulation dans une longue phrase. C'est le "bazar du sentiment". Flaubert montre aussi combien cette littérature est galvaudée par le stéréotype et le cliché. Les comparaisons que tu ne comprends pas sont des clichés, des expressions toutes faites. Elles renforcent l'impression de fausseté, d'exagération : Flaubert dénonce le ridicule des propos.

Dans cet extrait, Flaubert expose l'origine principale des malheurs à venir d'Emma : une vision déformée de la réalité, l'attente impossible d'un amour idéal et irréel, un sentimentalisme excessif, le goût de l'extraordinaire et son corollaire, le désir du luxe. L'éducation d'Emma est un grave malentendu avec la vie, elle ne l'a pas préparée à assumer sa vie d'épouse et de mère. Emma est restée une adolescente rêveuse et irresponsable.

Pour des pistes d'étude du texte supplémentaires, cherche du côté de la dénonciation des poncifs, des insuffisances de l'éducation dispensée aux jeunes filles, de l'absence de goût artistique dans la petite bourgeoisie rurale… Flaubert décrit soigneusement les origines du mal qui va frapper Emma, ce que l'on appellera le bovarysme, cette incapacité à se satisfaire de la vie réelle...


Jean-Luc    "Il n'y a jamais nulle part où aller qu'en dedans." Doris Lessing :)
 

#3 24/03/2008 19:23

Alouette
2 message(s)
Entraide scolaire et méthode Flaubert, Madame Bovary, I, 6 - Il y avait au couvent une vieille fille...

Et ce qui est ironique, n'est pas justement le fait qu'Emma soit dans un pensionnat pour apprendre à être une épouse exemplaire, et une mère honorable et qu'en fin de compte c'est dans ce pensionnat, à cause de la lingere qu'elle va idéaliser, qu'elle va chercher dans la réalité, quelque chose d'utopiquE, et finira par être une mère désinteressée, une épouse infidèle et une femme instable qui se suicidera?

Autre point ironique que j'ai noté :
- On sait tous que Flaubert a eu une période " romantique", et là il s'est converti au réalisme ( pour faire comme l'élite de son époque ou j'en sais rien ), et il dénonce le romantisme dans ce passage par une exagération des lectures de la lingère :

Ce n'étaient qu'amours, amants, amantes, dames persécutées
s'évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu'on tue à tous
les relais, chevaux qu'on crève à toutes les pages, forêts sombres,
troubles du coeur, serments, sanglots, larmes et baisers, nacelles au
clair de lune, rossignols dans les bosquets, messieurs bravres comme
des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas,
toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes.

Accumulation>cliché, ironisme >doux comme des agneaux< par exemple.
Au début flaubert peut laisser penser au lecteur, que la lingere a un role positif, mais en fait elle a un role nocif. Car c'est elle qui apporte les livres. C'est elle qui permet à Emma de transporter son imagination par la lecture et de s'évader.

* COmment puis-je parler du décalage entre la réalité et la fiction? ( car dans la suite de l'extrait ci-dessus, il y a un passage ou elle confond 2 personnages )

COmment faire mes sous-parties?
Et moi, je mettrais dans la partie III, tous les effets nocifs de la lecture comme l'identification à un héros, elle s'identifie à une princesse recherchant son prince charmant, je parlerais aussi du fait qu'elle confond fiction et réalité > la lecture cultive ses fantasmes de jeunes filles et impose une barrière entre elle et la réalité

 

#4 26/03/2008 17:51

mariane552
9 message(s)
Entraide scolaire et méthode Flaubert, Madame Bovary, I, 6 - Il y avait au couvent une vieille fille...

Roo j'aurai pas dut lire tout ça maintenant je sais qu'Emma va se suicider grrr!lol

 

#5 16/11/2008 00:45

jackass
3 message(s)
Entraide scolaire et méthode Flaubert, Madame Bovary, I, 6 - Il y avait au couvent une vieille fille...

Bonjour à tous ,

Voilà j'ai un commentaire composé à faire sur un extrait de Mme de Bovary au chapitre VI que voici

Il y avait au couvent une vieille fille qui venait tous les mois, pendant
huit jours, travailler à la lingerie. Protégée par l'archevêché comme
appartenant à une ancienne famille de gentilshommes ruinés sous la
Révolution, elle mangeait au réfectoire à la table des bonnes soeurs, et
faisait avec elles, après le repas, un petit bout de causette avant de
remonter à son ouvrage. Souvent les pensionnaires s'échappaient de
l'étude pour l'aller voir. Elle savait par coeur des chansons galantes du
siècle passé, qu'elle chantait à demi voix, tout en poussant son aiguille.
Elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles, faisait en ville
vos commissions, et prêtait aux grandes, en cachette, quelque roman
qu'elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne
demoiselle elle-même avalait de longs chapitres, dans les intervalles de
sa besogne. Ce n'étaient qu'amours, amants, amantes, dames persécutées
s'évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu'on tue à tous
les relais, chevaux qu'on crève à toutes les pages, forêts sombres,
troubles du coeur, serments, sanglots, larmes et baisers, nacelles au
clair de lune, rossignols dans les bosquets, messieurs bravres comme
des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas,
toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes. Pendant six mois, à
quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux
cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s'éprit de choses
historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels. Elle aurait
voulu vivre dans quelque vieux manoir, connue ces châtelaines au long
corsage, qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude
sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la
campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir

Je propose ce plan :
1)Une critique de la vieille fille
2) Un critique ironique su la littérature à romantique

Merci d'avoir pris un peu de temps pour me lire.

Spondée


Excusez moi mias personne ne peut me donner un avis sur mon plan s(il vous plaît

Jackass

 

#6 16/11/2008 08:47

nico7777
21 message(s)
Entraide scolaire et méthode Flaubert, Madame Bovary, I, 6 - Il y avait au couvent une vieille fille...

Tu as un plan de commentaire composé ici sur ce même passage avec introduction et conclusion rédigées.

Le plan est :
I) Le prestige de la lingère
II) L'imagerie romanesque
III) La critique des mensonges romanesques

C'est donc très proche de celui de Jean-Luc et je pense qu'avec les indications qu'il t'a données, tu n'auras aucun problème à rédiger le commentaire.


Atelier Litteraire : Vous aussi participez à la plus grande aventure littéraire, participez et faites profitez le monde entier de vos connaissances !
 

#7 16/11/2008 13:06

jackass
3 message(s)
Entraide scolaire et méthode Flaubert, Madame Bovary, I, 6 - Il y avait au couvent une vieille fille...

Merci beaucoup

 

#8 24/11/2008 19:06

anaiis23
1 message(s)
Entraide scolaire et méthode Flaubert, Madame Bovary, I, 6 - Il y avait au couvent une vieille fille...

Bonjours je viens de rentrez en seconde, et le prof me demande de faire un commantaire composé et c' est a faire pour demain et en plus c' est noté :s , et je galère, voila l' ennoncé :

Faire une annalyse preparatoire détaillé en essayant de regrouper les remarques autour de 2 axes :
1) L' influence de la lingère
2) l' ironie dans l' évocation des lectures d' emma

Rédiger l' introduction en incluant ces deux axes dans l' annonce du plan .

ET VOILA L'EXTRAIT :

"Il y avait au couvent une vieille fille qui venait tous les mois, pendant
huit jours, travailler à la lingerie. Protégée par l'archevêché comme
appartenant à une ancienne famille de gentilshommes ruinés sous la
Révolution, elle mangeait au réfectoire à la table des bonnes soeurs, et
faisait avec elles, après le repas, un petit bout de causette avant de
remonter à son ouvrage. Souvent les pensionnaires s'échappaient de
l'étude pour l'aller voir. Elle savait par coeur des chansons galantes du
siècle passé, qu'elle chantait à demi voix, tout en poussant son aiguille.
Elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles, faisait en ville
vos commissions, et prêtait aux grandes, en cachette, quelque roman
qu'elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne
demoiselle elle-même avalait de longs chapitres, dans les intervalles de
sa besogne. Ce n'étaient qu'amours, amants, amantes, dames persécutées
s'évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu'on tue à tous
les relais, chevaux qu'on crève à toutes les pages, forêts sombres,
troubles du coeur, serments, sanglots, larmes et baisers, nacelles au
clair de lune, rossignols dans les bosquets, messieurs bravres comme
des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas,
toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes. Pendant six mois, à
quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux
cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s'éprit de choses
historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels. Elle aurait
voulu vivre dans quelque vieux manoir, connue ces châtelaines au long
corsage, qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude
sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la
campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir"



(→ Message déplacé.)

Dernière modification par Muriel (24/11/2008 19:11)