#1 23/03/2008 23:33

Ikaruga
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Entraide scolaire et méthode Explicit de la Peste d'Albert Camus

Rieux montait déjà l'escalier. Le grand ciel froid scintillait au-dessus des maisons et, près des collines, les étoiles durcissaient comme des silex. Cette nuit n'était pas si différente de celle où Tarrouet lui étaient venus sur cette terrasse pour oublier la peste. La mer était plus bruyante qu'alors, au pied des falaises. L'air était immobile et léger, délesté des souffles salés qu'apportait le vent tiède de l'automne. La rumeur de la ville, cependant, battait toujours le pied des terrasses avec un bruit de vagues. Mais cette nuit était celle de la délivrance, et non de la révolte. Au loin, un noir rougeoiment indiquait l'emplacement des boulevards et des places illuminés. Dans la nuit maintenant libérée, le désir devenait sans entraves et c'était son grondement qui parvenait jusqu'à Rieux.

Du port obscur montèrent les premières fusées des réjouissances officielles. La ville les salua par une longue et sourde exclamation. Cottard,* Tarrou,* ceux et celle que Rieux avait aimés et perdus, tous, morts ou coupables, étaient oubliés. Le vieux * avait raison, les hommes étaient toujours les mêmes. Mais c'était leur force et leur innocence et c'est ici que, par-dessus toute douleur, Rieux sentait qu'il les rejoignait. Au milieu des cris qui redoublaient de force et de durée, qui se répercutaient longuement jusqu'au pied de la terrasse, à mesure que les gerbes multicolores s'élevaient plus nombreuses dans le ciel, le docteur Rieux décida alors de rédiger le récit qui s'achève ici, pour ne pas être de ceux qui se taisent, pour témoigner en faveur de ces pestiférés, pour laisser du moins un souvenir de l'injustice et de la violence qui leur avaient été faites, et pour dire simplement ce qu'on apprend au milieu des fléaux, qu'il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.

Mais il savait cependant que cette chronique ne pouvait pas être celle de la victoire définitive. Elle ne pouvait être que le témoignage de ce qu'il avait fallu accomplir et que, sans doute, devraient accomplir encore, contre la terreur et son arme inlassable, malgré leurs déchirements personnels, tous les hommes qui, ne pouvant être des saints et refusant d'admettre les fléaux, s'efforcent cependant d'être des médecins.

Ecoutant, en effet, les cris d'allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu'on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu'il peut rester pendant des dizaines d'années endormi dans les meubles et le linge, qu'il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l'enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse.

Bonjour à tous,
très friand de forum littéraire pour approfondir mes devoirs, je vous communique aujourd'hui à propos d'un petit soucis qui j'espère sera bien vite réglé.

Pour commencer, j'ai à commenter un extrait de La Peste d'Albert Camus, depuis "Rieux montait déjà l'escalier" jusqu'à la fin du livre (environ une cinquantaine de ligne, donc).
J'ai de nombreuses recherches, j'ai terminé l'analyse linéaire du passage, relevé de nombreuses figures de style etc... seulement lors de l'élaboration de mon plan, je trouve que celui-ci se répète ou semble d'autres fois incomplet.

Pour l'instant je penche pour quelque chose dans ce goût là :

I] Une conclusion du livre

A) La victoire sur la Peste
-les réjouissances partout en ville...
-un nouveau départ pour les habitants

B) L'occasion de faire un bilan pour le narrateur
-on n'utilise plus le simple ton de la chronique mais on passe à la subjectivité et à l'utilisation du "je",
-Rieux est le témoin des évènements, il est important et va écrire pour laisser un trace
-que faut-il retenir de cette épidémie?

II] Un passage qui amène la réflexion

A) La réflexion sur la condition de l'Homme et son absurditée (grand thème de Camus)
-Camus veut montrer qu'il y a quand même du bon en l'homme
-en particulier grâce à la solidarité de Rieux, qui s'exclut mais travaille pour tout le monde

B) L'avertissement de Camus
-le fameux avertissement de Camus face à cette peste qui peut revenir, et donc on développe la métaphore du livre : le nazisme représenté par la peste
-il faut rester vigilant


Voilà, c'est tout, je ne sais pas si vous avez pu voir plus complet, j'ai pu apercevoir des plans en trois parties mais qui semblaient (très) redondants, donc à éviter. Ais-je louper quelque chose, un aspect de l'extrait, ou dois-je réorganiser ma pensée?

Dernière modification par Ikaruga (24/03/2008 10:08)

 

#2 28/06/2008 19:45

melv1
6 message(s)
Entraide scolaire et méthode Explicit de la Peste d'Albert Camus

Bonjour, j'ai passé l'oral de français et, malgré trois essais en classe, j'ai fait pour ainsi dire n'importe quoi le jour J.
En effet, j'ai été interrogé sur l'excipit de La Peste (à partir de "Du port obscur..."). Je suis vraiment maudit - vous allez penser que je mens -, c'est le texte que je connaissais le moins bien! Mais je dis bien la vérité: c'est le dernier des textes que nous avons étudiés en classe; aussi étais-je quelque peu désarçonné face à celui-ci. La question était: Quelles visions du monde et de l'Homme se dégagent de ce texte? J'ai trouvé la question étrange pour un commentaire; on dirait le genre de questions que l'on a en terminale L.
Voici mon simulâcre de plan:

I - situation du passage
II - philosophie camusienne


Si vous êtes tombé(e) sur le même texte - voire la même question -, faites-le moi savoir et donnez-moi votre plan.

MeRCi


(→ Message déplacé.)

Dernière modification par melv1 (08/07/2008 14:59)


"Le sage cherche la sagesse, le sot l'a trouvée." Lichtenberg, Aphorismes.