Bonsoir à tous,
Jéhan a écrit :
"Lisant ce livre, j'ai eu envie de voyager." On attire surtout l'attention sur le sujet, sur le fait qu'au moment de l' envie de voyager, il avait pour caractéristique d'être un "sujet lisant"
"En lisant ce livre, j'ai eu envie de voyager". Ici, on attire davantage l'attention sur la simultanéité de l'action de lire avec l'envie de voyager, sur cette circonstance de temps.
Je ne suis pas tout à fait d'accord. C'est très difficile à déterminer, dans ces énoncés, ce qui a initié l'envie de voyager.
Pour moi, c'est la même chose... Mais pas tout à fait... 
- Lisant ce livre (participe présent), j'ai eu envie de voyager. = Au moment où je lisais ce livre, une envie subite de voyager m'a prise (mais est-ce vraiment en rapport avec la lecture de ce livre ?).
- En lisant ce livre (gérondif), j'ai eu envie de voyager = il y a un rapport étroit et certain entre le fait que je lisais ce livre et mon désir de voyager...
Muriel
Bonsoir, Muriel.
Nous sommes tout de même plus qu'à moitié d'accord...
puisque je mentionne que le gérondif est un complément de phrase, une sorte de complément circonstanciel. Exprimant une circonstance, il introduit forcément un rapport (moyen, temps, concession, condition...) entre lui et tout le reste de la phrase.
En lisant, je m'instruis. = Par la lecture, je m'instruis. (moyen)
En lisant, je réfléchis. = Pendant ma lecture, je réfléchis. (temps)
Tout en lisant, je t'écoute. = Bien que je lise, je t'écoute. (concession)
En lisant, je comprendrais. = Si je lisais, je comprendrais. (condition)
C'est vrai que mon analyse du participe présent dans les mêmes phrases est un peu trop "jargonnante". J'aurais dû , comme toi, simplement souligner qu'avec le participe présent (qui n'est pas complément de phrase), cette mise en rapport est beaucoup moins nette.
Jéhan a écrit :
C'est vrai que mon analyse du participe présent dans les mêmes phrases est un peu trop "jargonnante". J'aurais dû , comme toi, simplement souligner qu'avec le participe présent (qui n'est pas complément de phrase), cette mise en rapport est beaucoup moins nette.
Tu sais, Jéhan, l'important est de faire part de sa pensée analytique... Tu as des qualités pédagogiques et c'est ce qui est le plus important. Dis tout ce que tu as envie de dire, ce sera enrichissant. Le tout est de rester humble, cela me semble essentiel. Voilà, c'est tout.
Muriel
"Le gérondif a les mêmes valeurs aspectuelles et temporelles que le participe présent". (Riegel)
Le participe présent est une forme adjectivale du verbe, il peut occuper toutes les fonctions de l'adjectif, sauf attribut du sujet.
C'est en position d'épithète détachée qu'il y a (parfois) les deux posssibilités, sans différence de sens.
"il n’est pas rare que l’on trouve dans la langue littéraire des participes présents devant lesquels en serait tout à fait possible (faut-il les appeler des gérondifs sans en ?) :
Célimène […] répondit, pesant les mots : […] (Duhamel) " (Grevisse)
Anne345 a écrit :
"Le gérondif a les mêmes valeurs aspectuelles et temporelles que le participe présent". (Riegel)
C'est en position d'épithète détachée qu'il y a (parfois) les deux posssibilités, sans différence de sens.
Bonjour, Anne.
La question initiale se rapporta justement sur la différence éventuelle de sens entre participe présent et gérondif.
Par quel procédé es-tu arrivée à la deuxième phrase en partant de la phrase de Riegel?
Je ne retrouve pas les neurones qui ont fonctionné. Qu'est-ce qui vous étonne dans cette phrase ?
Selon certains : "La grammaire scolaire nomme gérondif une forme composée de la préposition en suivie d'un participe présent".
Il y a quelques décennies on ne faisait d'ailleurs pas cette distinction : "Le participe présent ne peut être précédé que de la seule préposition en; cette préposition forme avec le participe une locution servant de complément de manière, de temps, etc."
Voir les paragraphes 246 et 247 de ce dossier
Bonjour à toutes et tous,
Quel plaisir de voir que le participe présent, avec ses valeurs temporelles et modale, ses aspects... fait toujours couler autant d'encre!... même virtelle.
"Songe, songe, lecteur, au particip' cruel
Qui fut pour tout un peuple une plaie éternelle"
(Pardon J.R.! J'ai un peu honte... mais peu!)
Transition pataude pour le plus célèbre de tous, celui qui a provoqué tant de gloses, participe invariable que J.R. a transformé en adjectif verbal... vous l'avez tous deviné, pressenti, reconnu, c'est le fameux "dévorants" du dernier vers de la célèbre tirade qu'on appelle le rêve d'Athalie (Acte II, scène 5)...
Juste pour que le plaisir l'emporte sur les ratiocinations des grammairiens (dont je suis...):
"Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange
D'os et de chair meurtris, et traînés dans la fange,
Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux
Que des chiens DEVORANTS se disputaient entre eux..."
Athalie, de J.R. (1639-1699)
Quelle hypotypose!...
Avec ou sans S, c'est beau, quoi!...
P.S. Comme les romans policiers d'Edgar Faure qui les signait Edgar Sandé. Mignon...
Bonjour, Aulignyetram. 
Le participe présent s'est très longtemps accordé en nombre et en genre, et ce n'est qu'en 1679 que l'Académie l'a décrété invariable, pour le différencier de l'adjectif verbal. Mais l'usage ne s'est que très lentement conformé à ce décret... Ne trouve-t-on pas encore des vestiges de variabilité (même pas raciniens) dans des expressions comme "séance tenante", "toutes affaires cessantes" ou "les ayants droit" ?