Bonjour,
Après avoir lu un topic dans la section entraide, j'ai vu qu'il serait sans doute intéressant d'échanger nos points de vues à ce sujet en donnant les arguments POUR et CONTRE mais surtout sans divaguer dans le subjectif, afin de pouvoir faire un débat constructif duquel on pourra, je l'espère, tirer une conclusion.
Je vous aurais bien donner mon point de vue mais je ne suis ni pour ni contre, OU pour être plus précise : je suis POUR et CONTRE.
Bref, j'attends avec impatience de vous lire afin de pouvoir enfin trancher.
A vos claviers,
Lyo92 
Bonsoir Lyo,
Étant donné que c'est toi qui as lancé le sujet, il me semble qu'il serait correct que tu offres tes arguments "pour" et "contre".
Ne t'inquiète pas, personne ne te jugera.
Muriel
Je suis totalement et définitivement Contre, dans tout les cas, dans toute les situations.
La peine de mort n'est qu'un acte de barbarie, rien de plus. Le fait qu'elle soit donné sous le couvert de la justice ne la justifie en aucune façon, je trouve. C'est une régression et un terrible aveu d'impuissance, une solution de facilité et qui n'a même pas le coté, souvent montrer comme argument majeur, d'être dissuasif.
En effet des Etats étatsuniens ayant réintroduis la peine de mort n'ont pas constaté de baisse de la criminalité. De plus nous constatons que les Etats de Nord Est des USA, ne pratiquant que 1 % des peines dans le pays ont aussi la criminalité la plus faible alors que dans les Etats du Sud pratiquant 80 % des exécutions la criminalité est plus forte. Sans aller jusqu'à dire que la peine de mort est vecteur de criminalité, nous pouvons dire que dans tout les cas elle ne favorise pas la baisse de la violence.
De plus, la peine de mort est par définition irrévocable. Cette irrévocabilitée va à l'encontre du coté faillible de l'homme, des juges et donc de la justice.
Enfin, et l'argument le plus fort selon moi : la civilisation, l'Humanité pour partir dans les grands concepts, doit tendre, selon moi, vers une pacification des rapports. La réponses de la violence par la violence, outre le fait qu'il porte le discrédit sur un Etat sensé garantir la "non-violence" et qui va à l'encontre des préceptes même de la justice (en ce sens que la justice condamne du meurtre, en pratiquant le meurtre), n'est qu'une régression de l'Humanité. La peine de mort est un recul, une fuite plus qu'une solution. Or je ne crois pas que nous évoluons par la fuite mais bien par la recherche de solutions, même si elles semblent impossibles à trouver, il faut continuer à chercher.
Bonjour Lyo,
voilà un débat un peu ancien pour la France mais hélas toujours d'actualité. Les partis populistes comme le FN sont les premiers à profiter des chocs causés par des faits divers de meurtres, de viols pour reparler de leur volonté de remettre la peine de mort. Je trouve que cet exemple illustre bien le débat car la peine de mort est une sorte de vendetta institutionnalisée basée avant tout sur une réaction émotive. Or la justice n'a t-elle pas pour ambitions d'agir de manière objective et raisonnable ? Les mêmes personnes qui ont des facilités à qualifier les étranger de primitifs sont partisans tout à la fois d'une justice des plus primitive. Je crois que l'objectif de la peine de mort n'est pas tant la punition ou la dissuasion mais plus une réaction de rejet, de recréer une identité collective qui se sépare bien de ces gens qui sont capables de telles monstruosités. Que penser d'une société qui crée son identité sur des meurtres collectifs ? N'y a t-il pas d'autres manières de se définir ? Je préfère encore les mensonges sur l'Histoire.
Je préfère encore les mensonges sur l'Histoire
Oh arrête dis pas ça ! c'est horrible le négationisme et tout ce qui est falsification de l'histoire, je trouve ça affreux de ne pas savoir, de construire l'avenir sur des bases fausses, il vaut mieux accepter pour évoluer.
Je crois que l'objectif de la peine de mort n'est pas tant la punition ou la dissuasion mais plus une réaction de rejet, de recréer une identité collective qui se sépare bien de ces gens qui sont capables de telles monstruosités. Que penser d'une société qui crée son identité sur des meurtres collectifs ? N'y a t-il pas d'autres manières de se définir ?
Tu vas un peu trop loin avec ta "réaction de rejet", je ne suis d'accord avec toi que sur le point de l'émotion !
Vois-tu quand je me mets en situation (celle qui me vient à l'esprit c'est toujours : on a tué ma mère (ou mon père)), eh bien je me demande ce que j'aurais envie de faire au meurtrier (en admettant dans ce cas de figure que c'est LE meurtrier, sûr), voilà mon problème.
Personnellement mes sentiments prendrons largement le pas sur la "raison" , rien à faire de la soi-disant "identité collective", je pense qu'on tue par vengeance et non pas pour séparer les monstres des autres (bien qu'évidemment on préfère isoler un serial killer des autres, dans un soucis de logique). Donc personnellement et en toute honnêteté j'aurais envie de le massacrer.
Moi je suis vraiment oeil pour oeil dent pour dent, mais le truc c'est que je ne pense pas que la mort physique soit la meilleure solution, et c'est là que ça devient tordu, parce que moi je cherche la façon la plus douloureuse, or il se trouve que la torture mentale est très efficace. Donc la prison à perpétuité me convient bien. C'est une mort sociale, et en fait ça me met d'accord avec tous ceux qui sont CONTRE la peine de mort mais pas pour les mêmes raisons : moi parce que je pense que c'est quand même un peine de mort en pire, et eux parce qu'ils ne veulent tuer personne ! Paradoxal mais pratique.
En tout cas, mes arguments pour et contre ne sont pas très originaux, pour faire bref :
Pour : une vie pour une vie, un serial killer/un récidiviste ça sert à rien d'essayer de le réinsérer
Contre : erreur judiciaire !!!!!!!!! ça me fait beaucoup flipper ça, les gens sont tellement pressés de mettre un visage sur le coupable qu'ils condamneraient le premier venu, or comme on l'a dit précédemment, la mort est irrévocable ; contre aussi parce que je répugnerais à me salir les mains, ça donneraient un mauvais exemple, ça encouragerait les gens à se faire justice par eux même bref, mauvais pour le moral de la civilisation.
Bon encore un truc bizarre, mais je trouve que la non-violence comme vous en parliez, est une grande violence dans un certain sens.
je suis totalement contre la peine de mort, mais j'admets aussi que c'est facile de dire ça dans ma position. qui sait comment réagirions nous si l'on touchait à nos enfants, à nos parents, à nos freres et soeurs, etc, bref si l'on nous touchait dans notre chair?
cependant, je pense (et j'espère!) que je resterais contre : les personnes considérées comme des monstres aux yeux de la société (meurtriers, violeurs d'enfants, etc) ne doivent pas faire de nous des monstres! de plus, je pense que c'est pire de croupir en prison sans liberté pendant pusieurs décennies, la preuve, certains condamnés à perpétuité (même si évidemment ils ne le sont jamais vraiment) demandent la peine de mort!
enfin, j'ai tellement peur de la mort, que je ne peux me penser infliger cette horreur à quelqu'un d'autre!
Dernière modification par seize the day (18/03/2008 19:53)
Lyo, je pensais aux mensonges sur l'histoire qui ont été fait lors de la création des nations avec tout sont lot de symboles qui est apparu comme par enchantement ( le kilt écossais par exemple ) ou encore le rejet de la filiation romaine en France en soulignant une identité celte ( pour plus d'info là dessus :La création des identités nationales d'Anne Marie Thiesse ). Le négationnisme ne fait pas partie de ce que je voulais dire car c'est une sorte de mensonge par omission, le refus d'une vérité pas une création sur laquelle va pouvoir se construire une identité collective.
Je crois que réfléchir à ce sujet en prenant l'exemple de l'assassinat d'un proche n'aide pas vraiment. Il est certain que les personnes directement concernées par la mort d'une personne aimée ne seront pas raisonnables. Moi aussi, à titre personnel j'aurais envi de me venger. Le problème c'est que ce n'est pas toi toute seule qui va réaliser cette vengeance mais la société toute entière à travers la justice (qui est censée représenter tout le monde).
Sinon ce n'est pas pour séparer matériellement les "monstres" des autres mais pour les empêcher de faire partie du genre humain car ce sont aussi des Hommes et de fait ça fait un lien entre "eux" et "nous".
Tout à fait d'accord sur le point de la violence psychique.
Dans quel sens est-ce violent ?
J'espère avoir été plus clair malgré le manque de temps, car pour l'instant tes oppositions se font sur une autre base que sur ce que je voulais dire.
Ah oui oui merci !!! Je n'ai pas l'habitude qu'on me réponde gentiment lool donc ta réponse me convient parfaitement!
Je suis désolée de ne pas avoir compris quand tu parlais de mensonges, et effectivement je ne m'y connais pas du tout sur ce sujet (avec les kilts et tout ça).
C'est vrai que prendre un proche est déraisonnable mais c'est ce qui colle le plus à la réalité, car en vrai on ne choisit pas toujours, et si quelqu'un veut tuer le meurtrier de sa mère par exemple, on lui accorde car ainsi si les pour les autres l'occasion se présentait, ils en auraient aussi la possibilité : d'une autre manière, si A B C interdisent à D de tuer le meutrier, alors si la mère de B meurent, ce dernier, ressentant enfin les sentiments de D, voudra se venger mais ne pourra pas, pour prévenir cette situation A B C ont tout intérêt à autoriser à D le meurtre.
Bien évidemment ce n'est qu'un exemple, tu sais maintenant mon opinion sur la peine de mort physique (je suis contre!).
En fait la non violence est une forme de violence car ça renvoie à l'idée que je développais plus haut : c'est une violence psychique, c'est comme s'exiter à tapé sur un Punching Ball qui ne vous répond pas.
Voila en gros ^^ (désolée je suis pressée)
Lyo++
Prenons un exemple : Actuellement la perpétuité n'est pas perpétuelle et il y a environ 3 % de récidivistes. Donc la vraie question est : si un criminel peut sortir après 20 ou même 15 ans de prison est-on prêt à risquer une ou plusieurs autres vies en s'en remettant au hasard ? Ce cas de figure s'est présenté récemment : un assassinat à la sortie de prison . On peut croire qu'un criminel saisira sa chance mais s'il faisait partie de ces 3 % ? Peine capitale = pas de récidive donc des meurtres évités.
De l'autre côté les erreurs judiciaires sont nombreuses et l'innocence parfois ne se démontre qu'après un grand nombre d'années.
Donc entre deux maux que choisir ?
Pour ma part je dirai qu'on peut laisser de côté vengeance, ou échelle de punitions etc. Les humanistes préfèrent d'ailleurs habiter bien loin des ex-criminels. La psychiatrie a fait naitre des espoirs mais donne aussi des tableaux très noirs d'individus irrécupérables.
Que peut faire la société ? organiser l'isolement et condamner à des peines incompressibles avec suivi électronique ensuite ou même condamner jusqu'à la fin d'une vie. Je vois cela comme inévitable pour sauver des vies. Et il y aura de toute façon moins d'innocents en prison avec les progrès scientifiques. Je regrette bien l'efficacité de la peine de mort mais c'est un peu trop barbare.
Arn.O a écrit :
Que penser d'une société qui crée son identité sur des meurtres collectifs ?
1789-1796!!
lyo92 a écrit :
C'est vrai que prendre (comme exemple le meurtre d') un proche est déraisonnable
Je trouve l'exemple soi est bien choisi. Pourquoi les émotions ne devraient pas jouer pour guider nos entendements? Simplement, si tu me permets, il aurait mieux valu de dépersonnaliser l'exemple ("la réaction de la famille lors de l'assassinat d'un de ses membres" plutôt que "une proche à moi").
J'ai pu reléver quelques formulations philosophiques dans tout ce qui a été écrit:
Arn.O a écrit :
Or la justice n'a t-elle pas pour ambitions d'agir de manière objective et raisonnable ?
À définir: JUSTE, JUSTICE, INJUSTICE, JUSTESSE.
Galain a écrit :
la civilisation, l'Humanité pour partir dans les grands concepts, doit tendre, selon moi, vers une pacification des rapports.
Certes, dans les grandes lignes, mais pas toujours dans les petits chemins.
lyo92 a écrit :
Donc la prison à perpétuité me convient bien. C'est une mort sociale,
Ou pour le moins un changement d'environnement! Il y a des criminels pour lesquels l'incarcération est une espèce de sécurité d'existence; pour d'autres, devenir caïd est une ambition….sociale et politique dans la société de la prison….
Arn.O a écrit :
croupir en prison sans liberté
Si la liberté de mouvement est sévèrement entravée, on ne peut pas dire la même chose pour des autres libertés. Le prisonnier est libre d'avoir des opinions politiques et de les exprimer, il peut lire et écrire, il reçoit de la visite, il peut faire l'amour, il peut sortir pour….la mort d'un parent, et il est libre….à réfléchir!
Portia a écrit :
Donc entre deux maux que choisir ?
C'est presque la définition de "liberté", Portia! :p
Portia a écrit :
Que peut faire la société ?
Réfléchir et légiférer. Éduquer.
Portia a écrit :
il y aura de toute façon moins d'innocents en prison avec les progrès scientifiques.
. Hmmm tu me fais penser à tous ceux qui sont en détention préventive: juridiquement présumés innocents, dans les faits ils sont emprisonnés!!
Étrange; le politiquement correct a encore fait son insidieux travail! L'opinion publique a bien viré depuis 1981, où, si le Parlement a bien voté l'abolition de la peine de mort, la majorité de citoyens était POUR sa rétention. Ceci n'est nullement un mensonge de l'histoire.