Bonjour !
Je suis en train de lire le fascinant Faust de Goethe (la version traduite par Gérard de Nerval) et je suis en train de m'interroger sur ce que Goethe a voulu dire à travers son poème épique.
Faust représente-t'il la quête continue et inépuisable du savoir de l'être humain ? Goethe critique-t'il cette quête ?
Qu'en pensez-vous ?
Ce topic tombe à pic... 
Avez-vous pris du plaisir à lire cette oeuvre ?
Car moi, je suis en train de m'ennuyer devant ce bouquin... trop verbeux, trop grandiloquent...
Quelle lecture adopter devant un écrit aussi complexe ?
Il est intéressant de comparer les diverses réécritures du mythe de Faust. La plus ancienne que nous connaissions, la Tragique histoire du docteur Faust de Christopher Marlowe, est une condamnation de cet orgueil qui pousse l'homme à se damner, poussé sans cesse à la faute par Méphistophélès. La pièce en elle-même ne m'a pas fasciné, mais elle pose la grande équation dont le spectre flotte aujourd'hui encore il me semble au-dessus de nos têtes: la connaissance, c'est le mal. Il n'est pas nécessaire de chercher bien loin pour en trouver des illustrations: je pense au philosophe chez Sade, je pense au Baudelaire qui chante Satan, au Rimbaud d'Une Saison en enfer, au Machiavel de Joly, je pense au Maldoror de Lautréamont.
Cela fait longtemps que je n'ai pas lu le Faust de Goethe, mais dans mes souvenirs, si la "folie" de Faust cause finalement sa perte, la condamnation est bien moins âpre que ne l'était celle de Marlowe: ironiquement, ce pouvoir qui est condamné permet à l'auteur de laisser libre cours à son imagination. La quête pour la connaissance est une dynamique, une impulsion festive et débridée.
Le Président Faut que réalisera Louis Pauwels pour la télévision, adopte un regard encore une fois très différent. Pauwels, on le sait, vénère l'intelligence. Son Méphistophélès est un personnage tout à fait sympathique, et comment ne pas faire le lien entre le Pauwels du Matin des Magiciens et Faust ? "Je veux l'intelligence, toute l'intelligence". Cette quête se termine mal, elle débouche sur le constat de l'inutilité d'un savoir que l'on ne peut partager et qui ne rend pas heureux, mais je ne pense pas qu'il faille envisager cette fin comme un echec pour autant. A défaut d'un happy end, Pauwels élève l'intelligence au rang de fantasme en faisant rimer Savoir et Poésie. Et cela, ce n'est tout de même pas rien...
Édité par Goldmund (jeudi 07 mai 2009 à 17 h 59)
Je suis dans mes révisions de Littérature comparée pour demain et j'ai justement Faust de Goethe à connaître...
Voilà ce que nous avons pu voir en cours:
Après son pari avec le diable , Faust pense que c'est une quête impossible. Il attend pas la connaissance , ni de savoir ce qu'est le monde mais il veut être capable de sentir, de faire l'expérience du TOUT humain. Il veut jouïr du monde entier et de ce qui est humainement possible de faire.
Faust de Goethe c'est le pacte avec le diable non pas pour avoir la connaissance, mais connaître le TOUT de l'homme.
Dans Faust (première partie) il ne veut pas avoir la connaissance mais savoir tout de la vie et de l'humanité, dans Faust (Deuxième partie) il veut le pouvoir.
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