Le Grand Robert signale "tel" comme prenant dans ce cas le sens de "comme". Il propose cependant d'accorder.
Tel que je ressens cette construction, et s'il prend la valeur et le sens de "comme", moi, je n'accorde pas le mot "tel", et j'écrirais, par exemple:
Tel une ondine dormant sur l'eau, il fermait les yeux en faisant la planche.
Il semble que l'évolution de la langue, à laquelle tout un chacun participe, fasse aussi changer les mots de catégorie, comme certains prénoms ont changé de sexe....
Merci, Jean-Luc !
A l'intention de tous, voici un extrait de mon livre qui vous fera sans doute sursauter. Il s'agit d'une critique de la grammaire.
Il importe de se souvenir que, sur certains points, il peut y avoir des controverses, surtout lorsque l'Académie ne s'est pas prononcée. Avec objectivité, Grevisse s'en fait l'écho : sa grammaire est plus descriptive que normative. Mais il prend néanmoins position, en fonction de ce qu'on appelle le bon usage, qui est d'ailleurs le titre de son livre. Il signale également les divers niveaux de langue.
* Il y a autant de grammaires que de grammairiens, et même davantage. (ÉRASME. ÉLOGE DE LA FOLIE)
* La plupart des occasions des troubles du monde sont grammairiennes. (MONTAIGNE. ESSAIS)
* Ces gens doctement ridicules, / Parlant de tout, nourris de vent, / Et qui pèsent si gravement / Des points, des mots et des virgules. (VOLTAIRE)
* Je tiens pour un malheur public qu'il y ait des grammaires françaises. (ANATOLE FRANCE)
* Les grands écrivains n’ont jamais été faits pour subir la loi des grammairiens, mais pour imposer la leur, et non pas seulement leur volonté, mais leur caprice. (PAUL CLAUDEL. POSITIONS ET PROPOSITIONS SUR LE VERS FRANÇAIS)
* C’est à l’audace de leurs fautes de grammaire que l’on reconnaît les grands écrivains. (HENRY DE MONTHERLANT)
* Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code. (MAURICE CHAPELAN. AMOURS AMOUR)
L'Académie elle-même n'est pas toujours "univoque". J'en ai parlé récemment à propos du NE explétif avec "avant que" :
* Avant qu'il NE fasse froid. (Académie)
* J'irai le voir avant qu'il parte. (Académie)
Grevisse dit que le NE explétif est facultatif et qu'il ressortit à la langue soutenue. Personnellement, je m'efforce donc de l'éviter, d'autant que certains y voient une négation, ce qu'il n'est pas.
Ce que j'aime dans le "ne" explétif, c'est qu'il harmonise le rythme de la phrase. Je pense, en effet, que "avant qu'il ne parle" "coule" mieux que "avant qu'il parle", celui-ci me laissant de plus une impression d'inachevé sémantique, même si ce ne l'est pas.
Coucou !
Bon, allons-y pour l'anarchie grammairienne alors ! Dans un sens, cela arrange le modeste écrivain que je suis.
Amitiés
Katarina
Bonsoir, Katarina !
Qu'il y ait des contestations, des zones d'ombre et des couacs, soit ! Mais ne parlez pas d'anarchie grammaticale : pour l'essentiel, la grammaire est un socle sur lequel on peut s'appuyer.
Ne sortez pas du sillon grammatical. Votre éditeur risquerait de refermer votre manuscrit. Attendez d'abord d'être une écrivaine confirmée... C'est ce que je vous souhaite.
Cordialement,
Edy
Je viens de relire ce point d'étude dans son entier et j'ai encore des réticences. Quel "tel" utiliser ? Celui qui s'accorde avec le mot qui suit ou celui qui s'accorde comme un "semblable" dans ce cas cela donnerait "vous vous noyé (moi) tel une victime" ? Et surtout, est-ce que la seconde catégorie est considérée comme une erreur grammaticale ?
Relisant un texte aussi officiel que professionel, je suis tombé sur une expression que j'avais souvent entendue, sans jamais l'avoir lue:
" en tant que de besoin"
Je la trouve horrible, et pourtant expressive à sa manière; je ne peux l'imaginer dans un texte "littéraire".
Mais je la laisse à la sagacité des membres le soin de nous l'historiser, de nous la disséquer et de nous l'expliquer...
Pour Jérémy
Voici l'extrait de Arrivé que j'ai recopié au début de la discussion ; il résume fort bien la question.
* Tel utilisé comme comparatif pose un problème d'accord : doit-on écrire "il court tel ou telle une fusée" ?
Ce petit problème strictement graphique est généralement résolu au profit de l'accord avec le second terme (le féminin dans l'exemple choisi).
Mais l'usage contemporain fournit des exemples d'accord avec le premier terme (ce qui ferait apparaître le masculin dans l'exemple).
Le problème ne se pose pas quand tel, suivi de que, ne peut renvoyer qu'au syntagme nominal auquel il se rapporte et avec lequel il s'accorde : "il court tel qu'une fusée" (archaïque ou affecté).
CONCLUSION
* Il court telle une fusée.
* Il court tel qu'une fusée.
* ... telle une victime.
Pour Lebeau
Il s'agit d'une locution du langage administratif, et plus spécialement juridique.
Mais on rencontre plus souvent : pour autant que de besoin.
Signification : pour autant que cela soit nécessaire.
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