#21 26/04/2008 19:22

JSC
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Café philo La philosophie et les maths

La mesure de temps ne peut se faire que par rapport à t=0, et en définissant une unité.
C'est très propre aux maths!
Je crois savoir qu'Einstein se styla "mathématicien"...


La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble le pire des immoralités. (O. Wilde)
 

#22 27/04/2008 23:20

lebeau
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Café philo La philosophie et les maths

Je crois que mathématiques et philosophie ne sont rationnelles que dans la mesure où la nature peut l'être: les deux ne sont en effet qu'une tentative d'explication du monde. Et un troisième larron, la physique nous affirme que tout système tend au chaos.
Partant, la rationnalité n'est qu'un moyen d'explorer le monde, et elle n'y arrive guère, puisque nous n'arrivons à percevoir qu'une petite partie de ce monde.
Je renvoie maths et philo dos à dos, quant à la rationnalité, car toutes deux impuissantes à expliquer le monde de façon......rationnelle: il y a toujours de aberrations à expliquer.

Dernière modification par lebeau (27/04/2008 23:21)

 

#23 27/04/2008 23:41

JSC
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Café philo La philosophie et les maths

lebeau a écrit :

- Pourtant, la rationnalité n'est qu'un moyen d'explorer le monde, et elle n'y arrive guère, puisque nous n'arrivons à percevoir qu'une petite partie de ce monde.
-  il y a toujours de aberrations à expliquer.

- Quelles en sont les autres?
- Par exemple?

 

#24 29/04/2008 00:00

lebeau
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Toute tentative d'art, toute tentative d'imagination sont des tentatives d'expliquer et d'explorer le monde ou inversement.

2 Ne serait-ce que le comportement des hommes....

 

#25 29/04/2008 00:05

JSC
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Si tu avais dit "intuition"........
Mais imaginer le monde n'est pas l'expliquer; plutôt l'éviter.

Tu deviens vague. Aberration=comportement des hommes???

 

#26 30/04/2008 22:05

constantin
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lebeau a écrit :

Je crois que mathématiques et philosophie ne sont rationnelles que dans la mesure où la nature peut l'être: les deux ne sont en effet qu'une tentative d'explication du monde. Et un troisième larron, la physique nous affirme que tout système tend au chaos.
Partant, la rationnalité n'est qu'un moyen d'explorer le monde, et elle n'y arrive guère, puisque nous n'arrivons à percevoir qu'une petite partie de ce monde.
Je renvoie maths et philo dos à dos, quant à la rationnalité, car toutes deux impuissantes à expliquer le monde de façon......rationnelle: il y a toujours de aberrations à expliquer.

mais enfin... pourquoi veut-on absolument faire de la philosophie quelque chose de rationnel ? Si la philosophie est rationnelle dans sa définition, alors je ne vois pas ce qui la distingue d'une science. D'ailleurs, si la philosophie doit être une science, on peut bien dire en passant (même si cela ne la condamne en rien) qu'elle n'est pas une science très développé, au vu du peu de résultats auxquels elle aboutit du pint de vue de la connaissance.
Je crois la philosophie plus proche de la poésie (pas identique bien sûr), alors que les mathématiques s'en distinguent par la postulat de la rationnalité.

 

#27 03/05/2008 00:08

lebeau
592 message(s)
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Non, JSC, imaginer c'est tenter de trouver ailleurs ce qui peut concourir à expliquer le monde.
Oui, les aberrations des hommes ou celles de la "nature" ou autres, car elles sont souvent révélatrices du sens caché.

Dernière modification par lebeau (03/05/2008 00:08)

 

#28 07/05/2008 21:54

ENS
216 message(s)
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constantin a écrit :

mais enfin... pourquoi veut-on absolument faire de la philosophie quelque chose de rationnel ? Si la philosophie est rationnelle dans sa définition, alors je ne vois pas ce qui la distingue d'une science. D'ailleurs, si la philosophie doit être une science, on peut bien dire en passant (même si cela ne la condamne en rien) qu'elle n'est pas une science très développé, au vu du peu de résultats auxquels elle aboutit du pint de vue de la connaissance.
Je crois la philosophie plus proche de la poésie (pas identique bien sûr), alors que les mathématiques s'en distinguent par la postulat de la rationnalité.

La philosophie EST une démarche rationnelle ! Elle est une pensée qui, certes, ne produit pas un savoir positif, mais qui fait siens tous les réquisits d'une pensée rationnelle. Ton rapprochement avec la poésie, s'il peut être tenté pour quelques très rares auteurs (Nietzsche, Heidegger, en particulier) n'offre donc qu'une approche très marginale et finalement trompeuse de ce qu'est la philosophie.
Pour ta gouverne, la philosophie s'est, durant les 4/5 de son histoire, définie comme une science, et même comme le système de la science, la totalité de la connaissance. La philosophie n'a redéfini son programme que lorsque les sciences positives ont pris le chemin de la mathématisation et des procédures d'expérimentation.

 

#29 07/05/2008 23:37

JSC
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ENS a écrit :

Pour ta gouverne, la philosophie s'est, durant les 4/5 de son histoire, définie comme une science, et même comme le système de la science, la totalité de la connaissance. La philosophie n'a redéfini son programme que lorsque les sciences positives ont pris le chemin de la mathématisation et des procédures d'expérimentation.

Ah?
Les 4 premières 5ièmes ou les 4 dernières 5ièmes?
Définie par qui?

Et par la suite tu dis que la philosophie se définit????

Qu'est-ce qu'une science positive? Est-ce qu'il y a des sciences négatives?

 

#30 08/05/2008 00:47

ENS
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Cf. Descartes, Lettre-Préface aux Principes de la philosophie (on est donc au milieu du 17ème siècle) :

" J'aurais voulu premièrement expliquer ce que c'est que la Philosophie, en commençant par les choses les plus vulgaires, comme sont, que ce mot philosophie signifie l'étude de la Sagesse ; et que par la Sagesse on n'entend pas seulement la prudence dans les affaires, mais une parfaite connaissance de toutes les choses que l'homme peut savoir, tant pour la conduite de sa vie que pour la conservation de sa santé, et l'invention de tous les arts ; et qu'afin que cette connaissance soit telle, il est nécessaire qu'elle soit déduite des premières causes, en sorte que pour étudier à l'acquérir, ce qui se nomme proprement philosopher, il faut commencer par la recherche de ces premières causes, c'est-à-dire des Principes."

Un mot de commentaire :
1er passage en italique : fidélité totale à Aristote => "Nous concevons d'abord le sage comme possédant la totalité du savoir" (Métaphysique, A, 982 a) : cette sophia que cherche la philo-sophia est donc bien d'ordre théorique avant tout, c'est une connaissance, c'est même LA connaissance.
2ème passage en italique : là encore, reprise d'une définition aristotélicienne de la philosophie => "Par le nom de sagesse (sophia), on entend généralement ce qui traite des premières causes et des premiers principes de ce qui est." (Métaphysique, A, 981 b)

Pour en revenir à Descartes et à sa Lettre-Préface, le fait qu'il définisse encore la philosophie comme système de la science apparaît clairement dans la métaphore de l'arbre :

"Ainsi toute la philosophie est comme un arbre dont les racines sont la Métaphysique, le tronc est la Physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences, qui se réduisent à trois principales, à savoir la Médecine, la Mécanique et la Morale".


Cf. encore, un siècle et demi plus tard Fichte, qui intitule toujours ses ouvrages majeurs : "Doctrine de la science". Cf. toutes les tentatives encore plus récentes en vue de présenter "la philosophie comme science rigoureuse".

Pour ma part, je ne crois pas que la philosophie puisse encore se définir comme une science. Ne serait-ce que parce que la science positive a une visée descriptive et explicative seulement, là où la philosophie ne s'interdit pas la dimension prescriptive (et donc la réflexion sur le devoir-être). Mais la science n'a pas le monopole de la rationalité. La philosophie développe une rationalité discursive (Habermas, Apel), qui n'aboutit certes pas à la production d'un savoir, mais qui est pleinement rationalité tout de même. Je définirais bien volontiers la philosophie comme cet effort pour fonder en raison un certain nombre d'énoncés visant à expliciter et fonder nos compréhensions intuitives du vrai, du bien, du juste et du beau.