#1 15/09/2006 23:21

mozart62000
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Littérature française L'Autre monde de Cyrano de Bergerac, polysémie du titre

Autres mondes, autres figures, autres fictions, mêmes impostures. L’œuvre romanesque de Cyrano s’inscrit d’emblée dans une tradition polémique de par sa polysémie équivoque. Tout d’abord, son ambiguïté consiste en l’expression par une même périphrase de deux réalités contradictoires : « l’autre monde », c’est celui de la Lune (dont notre Terre est peut-être une Lune) voire – au pluriel – l’infinité possible de l’univers ; mais c’est aussi – avec l’utilisation des majuscules – une expression singulière et figée qui désigne le monde d’après la mort, soit le Paradis (ou l’Enfer), selon la religion chrétienne. Or ces deux conceptions ne peuvent coexister, car le dogme chrétien nie l’existence d’une pluralité de lieux habités hors de l’orbe terrestre et refuse encore plus l’idée que le Terre ne soit pas le centre de l’univers et l’unique domaine de vie. En mettant en parallèle le monde lunaire et le Paradis terrestre, il est clair que Cyrano remet en question le principe d’une vie après la mort et l’existence d’un monde originel, fondements dogmatiques du christianisme. Les habitants de la Terre (et notamment les amis de Cyrano dans l’incipit) récusent la possibilité d’une existence ailleurs, même sur la Lune ;  l’auteur fait de même en refusant de croire au Paradis, ou à l’Enfer. En fait, tous les « autres mondes » que visitent Dyrcona renvoient à notre monde, à la Terre, et la description du Paradis terrestre sonne comme la description d’un lieu de campagne. Ils ne représentent qu’une facette plus ou moins défigurée de notre réalité et de notre humanité. (...)
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Dernière modification par webmestre (26/09/2006 17:10)


L'innocence palmaire implorant les noirs cieux