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Ionesco, Le roi se meurt, dernière scène

Bonjour,
    Auriez vous l'amabilité de m'aider à répondre à ces questions sur la derniére scéne de cette piéce.
1ere question:     D'aprés les superpositions dont Marguerite invite le mourant à se débarasser, comment peut on dire que le spectateur assiste à une véritable mise en abîme de la représentation théâtrale?

2ème question:   Ionesco lorsqu'il a écrit cette pièce sortait d'une maladie très grave au cours de laquelle il avait failli mourir. En quoi semble t-il chercher, dans ce texte, à concilier
la certitude du néant et le besoin humain d'une parole consolatrice?

3ème question:   Pourquoi Marguerite donne t-elle des ordres au monde invisible? Comment évolue ce personnage présenté comme la "favorite" seule capable d'être au coté du roi au moment fatal?

merci d'avance ! roll

Le Roi se meurt raconte la lente dégradation d'un homme, le roi Bérenger; et son chemin vers la mort. Dans la première partie de la pièce, trop fatigué, il ne peut même plus monter sur son trône et hésite entre la révolte et le désespoir. Dans la dernière tirade de la pièce, sa femme, Marguerite, l'aide à franchir l'ultime étape.

MARGUERITE

Il perçoit encore les couleurs. Des souvenirs colorés. Ce n'est pas une nature auditive. Son imagination est purement visuelle... c'est un peintre... trop partisan de la monochronie.(Au roi) Renonce aussi à cet empire. Renonce aussi aux couleurs. Cela t'égare encore, cela te retarde. Tu ne peux plus t'attarder, tu ne peux plus t'arrêter, tu ne dois pas. (Elle s'écarte du Roi) Marche tout seul, n'aie pas peur. Vas-y. (Marguerite, dans un coin du plateau, dirige le Roi de loin.) Ce n'est plus le jour, ce n'est plus la nuit, il n'y a plus de jour, il n'y a plus de nuit. Laisse-toi diriger par cette roue qui tourne devant toi. Ne la perds pas de vue, suis-la, pas de trop près, elle est embrasée, tu pourrais te bršler. Avance, j'écarte les broussailles, attention, ne heurte pas cette ombre qui est à ta droite... Mains gluantes, mains implorantes, bras et mains pitoyables, ne revenez pas, retirez-vous. Ne le touchez pas, ou je vous frappe! (Au roi) Ne tourne pas la tête. Evite le précipice à ta gauche, ne crains pas ce vieux loup qui hurle... ses crocs sont en carton, il n'existe pas. (Au loup) Loup, n'existe plus! (Au roi) Ne crains pas non plus les rats. Ils ne peuvent pas mordre tes orteils! (Aux rats) Rats et vipères, n'existez plus! (Au roi) Ne te laisse pas apitoyer par le mendiant qui te tend la main... Attention à la vieille femme qui vient vers toi... Ne prends pas le verre d'eau qu'elle te tend. Tu n'as pas soif. (À la vieille femme imaginaire) Il n'a pas besoin d'être désaltéré, bonne femme, il n'a pas soif. N'encombrez pas son chemin. Èvanouissez-vous. (Au roi) Escalade la barrière... Le gros camion ne t'écrasera pas, c'est un mirage... Tu peux passer, passe... Mais non, les pâquerettes ne chantent pas, même si elles sont folles. J'absorbe leurs voix; elles, je les efface!... Ne prête pas l'oreille au murmure du ruisseau. Objectivement, on ne l'entend pas. C'est aussi un faux ruissseau, c'est une fausse voix... Fausses voix, taisez-vous. (Au roi) Plus personne ne t'appelle. Sens, une dernière fois, cette fleur et jette-la. Oublie son odeur. Tu n'as plus la parole. À qui pourrais-tu parler? Oui, c'est cela, lève le pas, l'autre. Voici la passerelle, ne crains pas le vertige. (Le Roi avance en direction des marches du trône) Tiens-toi tout droit, tu n'as pas besoin de ton gourdin, d'ailleurs tu n'en as pas. Ne te baisse pas, surtout, ne tombe pas. Monte, monte. (Le Roi commence à monter les trois ou quatre marches du trône) Plus haut, encore plus haut. (Le Roi est tout près du trône) Tourne-toi vers moi. Regarde-moi. Regarde à travers moi. Regarde ce miroir sans image, reste droit... Donne-moi tes jambes, la droite, la gauche. (À mesure qu'elle lui donne ces ordres, le Roi raidit ses membres.) Donne-moi un doigt, donne-moi deux doigts... trois... quatre... cinq... les dix doigts. Abandonne-moi le bras droit, le bras gauche, la poitrine, les deux épaules et le ventre. (Le Roi est immobile, figé comme une statue.) Et voilà, tu vois, tu n'as plus la parole, ton coeur n'a plus besoin de battre, plus la peine de respirer. C'était une agitation bien inutile, n'est-ce pas? Tu peux prendre place.

A la suite de cet extrait de la derniére scéne du roi se meurt de Ionesco je dois répondre aux questions suivantes; pourriez vous m'aider ! s'il vous plait ! en me donnant des pistes à suivre ou en m'expliquant car les questions me semblent difficiles!

Qu'est ce qui mérite le nom d'agitation? Pourquoi? A qui s'adresse Marguerite dans la derniére phrase?

Pourquoi Marguerite donne t'elle des ordres au monde invisible?

pourriez vous m'aider pour réppondre à ses deux questions !

merci

Rappel : pas de travail personnel = pas d’aide.
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

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Ionesco, Le roi se meurt, dernière scène

Bonjour,
voila j'ai un commentaire composé à rendre mais le souci est que j'ai beau lire, relire, décortiquer je ne comprends pas du tout le texte.

MARGUERITE
[…]
(au Roi) Plus personne ne t'appelle. Sens, une dernière fois, cette fleur et jette-la. Oublie son odeur. Tu n'as plus de parole. A qui pourrais-tu parler ? Oui, c'est cela, lève le pas, l'autre. Voici la passerelle, ne crains pas le vertige. (Le Roi avance en direction des marches du trône.) Tiens-toi tout droit, tu n'as pas besoin de ton gourdin, d'ailleurs tu n'en as pas. Ne te baisse pas, surtout, ne tombe pas. Monte, monte. (Le Roi commence à monter les trois ou quatre marches du trône.) Plus haut, encore plus haut, monte, encore plus haut, encore plus haut, encore plus haut. (Le Roi est tout près du trône.) Tournes-toi vers moi. Regarde-moi. Regarde à travers moi. Regarde ce miroir sans image, reste droit...
Donne-moi tes jambes, la droite, la gauche. (A mesure qu'elle lui donne ces ordres, le Roi raidit ses membres.) Donne-moi un doigt, donne-moi deux doigts ... trois... quatre... cinq... les dix doigts. Abandonne-moi le bras droit, le bras gauche, la poitrine, les deux épaules, le ventre. (Le Roi est immobile, figé comme une statue.) Et voilà, tu vois, tu n'as plus la parole, ton coeur n'a plus besoin de battre, plus la peine de respirer. C'était une agitation bien inutile, n'est-ce pas ? Tu peux prendre place.
Disparition soudaine de la reine Marguerite par la droite.
Le Roi est assis sur son trône. On aura vu, pendant cette dernière scène, disparaître progressivement les portes, les fenêtres, les murs de la salle du trône. Ce jeu de décor est très important.
Maintenant, il n'y a plus rien sur le plateau sauf le Roi sur son trône dans une lumière grise. Puis le Roi et son trône disparaissent également.
Enfin, il n'y a plus que cette lumière grise. La disparition des fenêtres, portes, murs, Roi et trône doit se faire lentement, progressivement, très nettement. Le Roi assis sur son trône doit rester visible quelque temps avant de sombrer dans une sorte de brume.

Si quelqu'un a quelques idées qui pourrait me débloquer. Merci

Rappel : pas de travail personnel = pas d’aide.
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

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Ionesco, Le roi se meurt, dernière scène

Bonjour,

Je dois rédiger un commentaire sur la dernière tirade de marguerite dans le livre" le roi se meurt" de Ionesco mais malheureusement j'ai beaucoup de mal a trouver un plan !
Pourriez vous m'aider s'il vous plait ?

Merci d'avance.

Rappel : pas de travail personnel = pas d’aide.
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

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Ionesco, Le roi se meurt, dernière scène

Quel effet a voulu produire Ionesco ?

En analysant les didascalies, tu peux t'apercevoir que la mort vient dissoudre la vie.
Les propos de la reine soulignent deux éléments fondamentaux :
- la perte d'autonomie,
- la mascarade, la fin des illusions...

La toute-puissance du roi, en fait les prétentions de tout homme, sombrent dans un ridicule pitoyable... Nous n'avons prise sur rien, la vie embrasse le néant, la mort est la prise de conscience de l'inanité de tout...
Comment garder sa dignité dans ces conditions ?
Faut-il se révolter ou se soumettre ?

Ionesco, Le roi se meurt, dernière scène

Bonjour,
J'ai étudié cette année plusieurs extraits de "Le roi se meurt" d'Eugène Ionesco cependant pour le dernier extrait, la scène finale, le prof ne nous a pas donné de plan et je trouve ce que l'on a écrit un peu court pour tenir 10mn. Est-ce que quelqu'un pourrait m'aider à trouver un plan et à rajouter quelques idées clés?
Voici comment j'ai organisé les idées données par le prof :

INTRO :

C’est le final de la pièce qui s’amorce avec la disparition progressive des persos. Ici c’est le processus ultime où le perso ppal, Bérenger doit faire le deuil ultime de sa vie. D’abord Marie disparait p124, ensuite c’est au tour de Juliette et du garde qui disparaissent subtilement p128 ainsi que le médecin qui disparaît de lui-même. Ne reste plus que Margueritte qui va servir de guide à Bérenger. Elle va l’aider à passer de la vie à la mort jusqu’à devenir la mort elle-même, pas lugubre mais rassurante. Tout comique a disparu et on passe dans le registre fantastique.
La fin est dans le commencement car Bérenger renait  de la mort. Ici plus on s’approche de la mort, plus on s’éloigne du tragique et du pathétique. C’est donc une mort porteuse d’espoir.
Le caractère symbolique du dénouement domine. La tirade de Margueritte prend un caractère symbolique voire même mythique, la mort est une sorte de naissance libérée.

Cette tirade nous donne donc à voir très précisément les étapes de ce dépouillement.

    DÉVELOPPEMENT :
         
        L1 à 5 : Renoncement à la perception des couleurs :
Dernières paroles de Bérenger sont sur les couleurs  et la dernière chose qu’il perçoit c’est la couleur bleu du ciel. Cela peut représenter l’élévation vers les cieux, l’avancée spirituelle de Bérenger.

    L5 : Marguerite est le guide  de Bérenger : Toutes les paroles de Marguerite s’adressent au roi = Une série d’exhortations, d’impératifs et de répétitions perçues comme des incantations sous forme d’anaphores qui invitent à agir de telle ou telle manière : « renonce » « tu ne peux plus » = effet rythmique --> aliénations, assonances --> Amène le roi vers un dépouillement, vers la perte de la matérialité.
Marguerite est  le maître de la spiritualité avec son disciple

    Il y a une suite de renoncements successifs :
Renoncer au temps, à la chronologie : « plus de jour, plus de nuit »
Bérenger doit suivre dans une roue « embrasée » --> Vision mythique (que l’on trouve beaucoup dans la religion)
Marguerite aide Bérenger à renoncer à toutes les frayeurs des hommes « loup » « rat » « précipices »
M fait s’éloigner toutes les peurs profondes de l’homme devant le mystère.
Toutes ces images concrètes de la peur amènent la mort.
M est le guide omniscient ; elle va éloigner toutes les tentations d’avoir encore des sentiments humains, il faut renoncer à la « pitié », la « miséricorde », la « charité »...
Bérenger doit renoncer aux sens : au goût : « » , à l’ouïe : « murmure du ruisseau », à l’odorat : « sens une dernière fois cette odeur »     (« évanouissez-vous », « je les efface »)
Il faut renoncer à la parole : « tu n’as plus la parole »

    Peut alors commencer la montée (plutôt qu’une descente) vers la mort --> « passerelle » qui passe du monde des vivants à celui des morts.
On assiste à la mort en direct mais cela n’est pas lugubre, c’est juste un passage d’un état à un autre. Bérenger a perdu le « moi » et peut passer à l’ « être ».
La dernière chose à faire pour B est de se séparer de son gourdin, son sceptre, ce qu’il a été et donc ensuite se débarrasser de son corps « doigt » « bras » « poitrine » « cœur »

    Marguerite est à partir de là un « miroir sans image » --> Marguerite est la mort elle-même.

Merci d'avance!

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Ionesco, Le roi se meurt, dernière scène

Bonsoir,
Pourrais-tu délimiter ton passage ? Comme tu le sais, il n'y ni acte ni scène dans cette pièce.
Quelque chose me choque dans ton introduction : c'est quand tu dis que Bérenger renaît de la mort...
D'autre part, où est la conclusion ??

7 (Édité par MarieD 20/06/2014 à 15:38)

Ionesco, Le roi se meurt, dernière scène

Bonjour, voici l'extrait sur lequel porte mon "commentaire" :

Il perçoit encore les couleurs. Des souvenirs colorés. Ce n'est pas une nature auditive. Son imagination est purement visuelle... c'est un peintre... trop partisan de la monochronie.(Au roi) Renonce aussi à cet empire. Renonce aussi aux couleurs. Cela t'égare encore, cela te retarde. Tu ne peux plus t'attarder, tu ne peux plus t'arrêter, tu ne dois pas. (Elle s'écarte du Roi) Marche tout seul, n'aie pas peur. Vas-y. (Marguerite, dans un coin du plateau, dirige le Roi de loin.) Ce n'est plus le jour, ce n'est plus la nuit, il n'y a plus de jour, il n'y a plus de nuit. Laisse-toi diriger par cette roue qui tourne devant toi. Ne la perds pas de vue, suis-la, pas de trop près, elle est embrasée, tu pourrais te bršler. Avance, j'écarte les broussailles, attention, ne heurte pas cette ombre qui est à ta droite... Mains gluantes, mains implorantes, bras et mains pitoyables, ne revenez pas, retirez-vous. Ne le touchez pas, ou je vous frappe! (Au roi) Ne tourne pas la tête. Evite le précipice à ta gauche, ne crains pas ce vieux loup qui hurle... ses crocs sont en carton, il n'existe pas. (Au loup) Loup, n'existe plus! (Au roi) Ne crains pas non plus les rats. Ils ne peuvent pas mordre tes orteils! (Aux rats) Rats et vipères, n'existez plus! (Au roi) Ne te laisse pas apitoyer par le mendiant qui te tend la main... Attention à la vieille femme qui vient vers toi... Ne prends pas le verre d'eau qu'elle te tend. Tu n'as pas soif. (À la vieille femme imaginaire) Il n'a pas besoin d'être désaltéré, bonne femme, il n'a pas soif. N'encombrez pas son chemin. Èvanouissez-vous. (Au roi) Escalade la barrière... Le gros camion ne t'écrasera pas, c'est un mirage... Tu peux passer, passe... Mais non, les pâquerettes ne chantent pas, même si elles sont folles. J'absorbe leurs voix; elles, je les efface!... Ne prête pas l'oreille au murmure du ruisseau. Objectivement, on ne l'entend pas. C'est aussi un faux ruissseau, c'est une fausse voix... Fausses voix, taisez-vous. (Au roi) Plus personne ne t'appelle. Sens, une dernière fois, cette fleur et jette-la. Oublie son odeur. Tu n'as plus la parole. À qui pourrais-tu parler? Oui, c'est cela, lève le pas, l'autre. Voici la passerelle, ne crains pas le vertige. (Le Roi avance en direction des marches du trône) Tiens-toi tout droit, tu n'as pas besoin de ton gourdin, d'ailleurs tu n'en as pas. Ne te baisse pas, surtout, ne tombe pas. Monte, monte. (Le Roi commence à monter les trois ou quatre marches du trône) Plus haut, encore plus haut. (Le Roi est tout près du trône) Tourne-toi vers moi. Regarde-moi. Regarde à travers moi. Regarde ce miroir sans image, reste droit... Donne-moi tes jambes, la droite, la gauche. (À mesure qu'elle lui donne ces ordres, le Roi raidit ses membres.) Donne-moi un doigt, donne-moi deux doigts... trois... quatre... cinq... les dix doigts. Abandonne-moi le bras droit, le bras gauche, la poitrine, les deux épaules et le ventre. (Le Roi est immobile, figé comme une statue.) Et voilà, tu vois, tu n'as plus la parole, ton coeur n'a plus besoin de battre, plus la peine de respirer. C'était une agitation bien inutile, n'est-ce pas? Tu peux prendre place.

Lorsque je dis (enfin que mon prof dit) "Bérenger renaît de la mort", cela signifie que sa mort est libératrice, il est dépouillé de tout ce qui le gênait sur Terre et sa mort sera salutaire.

Justement je n'ai pas fait de conclusion puisque je trouve que le commentaire est très mal construit, il n'y a pas de plan alors comment faire une conclusion. Ce qu'il me faut c'est un plan et je n'arrive pas à en trouver un puisque j'ai l'impression qu'il me manque des éléments...

Merci de votre aide, j'en ai vraiment besoin...

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Ionesco, Le roi se meurt, dernière scène

Bonjour,
Excuse-moi, je n'avais pas vu ta réponse. Oui, c'est bien dans ce sens qu'il faut entendre "renaître", mais ce mot me paraît tout de même prêter à confusion. Dans tout le mouvement qui précède, le roi se dépouille peu à peu de ses attaches terrestres et se résigne à entrer dans le néant : un néant absolu, bien entendu, et non un autre monde (c'est pourquoi j'avais tiqué en lisant "renaître").
Je vais regarder ton plan attentivement et je te répondrai ce soir.

Ionesco, Le roi se meurt, dernière scène

Oui il est vrai que cela peut porter à confusion...
Je vous remercie de votre aide !

10 (Édité par jacquesvaissier 20/06/2014 à 19:51)

Ionesco, Le roi se meurt, dernière scène

MarieD a écrit :

INTRO :

C’est le final de la pièce qui s’amorce avec la disparition progressive des persos. Ici c’est le processus ultime où le perso ppal, Bérenger doit faire le deuil ultime de sa vie. D’abord Marie disparait p124, ensuite c’est au tour de Juliette et du garde qui disparaissent subtilement p128 ainsi que le médecin qui disparaît de lui-même. Ne reste plus que Margueritte qui va servir de guide à Bérenger. Elle va l’aider à passer de la vie à la mort jusqu’à devenir la mort elle-même, pas lugubre mais rassurante. Tout comique a disparu (sauf au tout début) et on passe dans le registre fantastique.
La fin est dans le commencement car Bérenger renait  de la mort. Ici plus on s’approche de la mort, plus on s’éloigne du tragique et du pathétique. C’est donc une mort porteuse d’espoir.
Au contraire : le tragique s'accomplit dans toute sa splendeur : la fatalité s'est réconciliée avec la volonté humaine d'accepter librement et sereinement la nécessité de mourir. S'il y a espoir, c'est pour nous, qui restons sur la rive et qui devons souhaiter que la "cérémonie" se déroule sans déchirement excessif.    
Le caractère symbolique du dénouement domine. La tirade de Margueritte prend un caractère symbolique voire même mythique, la mort est une sorte de naissance libérée.
Non : une sorte de naissance inversée. cf plus bas.

Cette tirade nous donne donc à voir très précisément les étapes de ce dépouillement.

    DÉVELOPPEMENT :
         
        L1 à 5 : Renoncement à la perception des couleurs :
Dernières paroles de Bérenger sont sur les couleurs  et la dernière chose qu’il perçoit c’est la couleur bleu du ciel. Cela peut représenter l’élévation vers les cieux, l’avancée spirituelle de Bérenger.
Non, c'est ce qui le rattache le plus au monde terrestre : il ne doit pas s'élever vers le ciel, mais accepter le néant.
Parle aussi de la lumière : tu as deux phrases symétriques sur le jour et la nuit.
    L5 : Marguerite est le guide  de Bérenger : Toutes les paroles de Marguerite s’adressent au roi
Sauf au début où elle utilise la 3ème personne : elle est l'annonciatrice des états du roi pour le spectateur (ce que le garde avait déjà fait, comiquement d'ailleurs). Son ton assuré en fait un guide infaillible pour le roi et pour nous.
= Une série d’exhortations, d’impératifs et de répétitions perçues comme des incantations sous forme d’anaphores qui invitent à agir de telle ou telle manière : « renonce » « tu ne peux plus » = effet rythmique --> aliénations, assonances --> Amène le roi vers un dépouillement, vers la perte de la matérialité.
Oui, mais là, tu passes à un commentaire composé sans plan précis...
Marguerite est  le maître de la spiritualité avec son disciple.
Oui, cf plus haut.

    Il y a une suite de renoncements successifs :
Renoncer au temps, à la chronologie : « plus de jour, plus de nuit » cf plus haut.
Bérenger doit suivre dans une roue « embrasée » --> Vision mythique (que l’on trouve beaucoup dans la religion)
Marguerite aide Bérenger à renoncer à toutes les frayeurs des hommes « loup » « rat » « précipices »
M fait s’éloigner toutes les peurs profondes de l’homme devant le mystère.
Toutes ces images concrètes de la peur amènent la mort.
Tu veux dire que ces chimères ne doivent pas distraire le roi dans sa marche vers la mort, soit qu'elle lui fassent peur, soit qu'elles le retiennent (mendiant, vieille femme).
M est le guide omniscient ; elle va éloigner toutes les tentations d’avoir encore des sentiments humains, il faut renoncer à la « pitié », la « miséricorde », la « charité »...
Oui.
Bérenger doit renoncer aux sens : au goût : « » , à l’ouïe : « murmure du ruisseau », à l’odorat : « sens une dernière fois cette odeur »     (« évanouissez-vous », « je les efface »)
Il faut renoncer à la parole : « tu n’as plus la parole »
Ton commentaire n'est vraiment pas composé.
    Peut alors commencer la montée (plutôt qu’une descente) vers la mort --> « passerelle » qui passe du monde des vivants à celui des morts.
Attention : scéniquement, c'est une montée. Le roi doit mourir sur son trône, avec son royaume. Ionesco disait : "Nous emportons tous un royaume dans la mort".
On assiste à la mort en direct mais cela n’est pas lugubre, c’est juste un passage d’un état à un autre. Bérenger a perdu le « moi » et peut passer à l’ « être ».
Ce n'est pas si platonicien. Non, l'Etre n'existe pas, seulement le Néant (hi ! hi !)
La dernière chose à faire pour B est de se séparer de son gourdin, son sceptre, ce qu’il a été et donc ensuite se débarrasser de son corps « doigt » « bras » « poitrine » « cœur »

    Marguerite est à partir de là un « miroir sans image » --> Marguerite est la mort elle-même.
Oui, une sorte de Parque (on cite souvent Atropos). Mais c'est surtout un "pôle" de la conscience du roi : la raison, face à Marie qui était la passion, funeste, parce qu'elle le ramenait sans cesse à la terre.

- Des remarques intéressantes et judicieuses (si je puis en juger), mais le texte est un peu survolé. Tu ne pouvais tout écrire ici, et je te fais confiance pour "serrer" d'un peu plus près ce beau final (amputé de la dernière didascalie ; c'est dommage, celles-ci étant essentielles dans les pièces de Ionesco).
- Mais il faut trouver un plan. Tu peux songer tout d'abord à préciser le statut du personnage de Marguerite, comme tu as commencé à le faire (n'oublie pas de dire qu'elle donne également des ordres aux diverses apparitions, pas seulement au roi).
Je t'en propose un à la fois simple (il "colle" au texte, et en relation avec ma construction personnelle du sens de cet te fin. Attention, j'ai bien dit "personnelle" ! Je vois dans ce texte une sorte de création inversée. Dans la Bible, Dieu crée les choses en les nommant ; ici, Atropos-Marguerite les détruit en les appelant et en leur enjoignant de disparaître ("Loup, n'existe plus !" ; "Mais non, les pâquerettes ne chantent pas, même si elles sont folles. J'absorbe leur voix, je les efface", etc...). Et les éléments de l'univers sont classables par catégories, tout comme une sorte de Genèse inversée :
- Lumières, couleurs
- Autres sensations
- Animaux
- Ombres indistinctes (commente bien "mains gluantes, mains implorantes" : attache physique et morale.
- Etres humains, dont le roi qui perd la parole et l'usage des diverses parties de son corps à mesure que Marguerite les touche.
La différence, outre l'inversion création/retour au néant, c'est que la mort elle-même disparaît ("Regarde ce miroir sans image"). C'est normal : la mort n'est qu'un mot pour désigner la non-vie... Mais au théâtre, il faut bien que ce soit un personnage.
En parlant de mot, il faut bien ici admettre la force de la parole, puisque tout se déroule par elle, dans elle, pourrait-on dire. On est donc à l'opposé de la défiance ordinaire de Ionesco à l'égard du langage, dont le dérèglement est à la base de l'absurde, caractéristique principale de ses pièces ; ici, le changement de statut du langage accompagne le changement du personnage lui-même, fait rare chez Ionesco (il y avait eu Rhinocéros auparavant, mais à l'extrême fin). J'y vois un des signes les plus marquants d'une sorte de "classicisme" de la pièce.