A la fin de sa vie, en Belgique, il se disait catholique et plus que jamais. Mais il est possibles que ce soit par haine des belges libre penseurs. Il priait (voir Hygiène), il est allé à la messe de Noel. Son satanisme prétendu est très paradoxal. Il pensait que la plus grande ruse du diable est de faire croire qu'il n'existait pas. En exaltant Satan, le mal, la notion de péché, il donnait voix à la notion d'Esprit ("l'Esprit est plus vivant que la matière"). Dans une lettre à sa mère, en colère parce que l'abbé Cardine avait brûlé les Paradis artificiels qu'il lui avait envoyé, il écrit que d'un certain point de vue, nul n'est plus catholique que le diable. Il pensait contre Victor Hugo que Satan n'aura pas de fin; que la lutte entre le diable et le bon Dieu était éternelle. Affirmer que le diable allait disparaitre lui semblait un péché, une offense à Dieu car s'était contraire au dogme du péché originel.
Enfin, pour clarifier ses positions théologique qui peuvent paraitre confuses:
- Il n'était pas très convaincu de l'existence de Dieu.
- Mais il avait l'expérience du péché.
- Il avait le sentiment que le péché dépassait l'individu et provenait d'une force extérieure et méchante, le démon (voir une lettre à Flaubert à propos des paradis artificiels).
- Reconnaissant en lui une aspiration vers l'idéal et le bien, il affirmait une "double postulation": aspiration vers le mal, diabolique et aspiration vers le bien, divine.
- Il pensait que le mal suprême était d'ignorer la lutte du bien et du mal.
- En se faisant l'archétype du mal, il pensait que peut-être, indirectement, il servait le bien, puisqu'il ramenait son époque matérialiste à des questionnement spirituels et religieux.
- Il assumait le fait que peut-être, le champ de bataille de Dieu et du Diable était l'imagination humaine. Mais selon lui, c'est l'imagination qui gouverne le monde. "Dieu est le seul être qui pour régner n'a pas besoin d'exister". Ce n'était pas pour lui une objection.
- Il se disait catholique, mais son catholicisme était très personnel, "très suspect", comme d'ailleurs celui de Joseph de Maistre qu'il admirait. Il pensait que dans la providence divine, le Diable joue largement sa part... et que c'est très bien comme ça !