nathalie a écrit :Polo a écrit :Bonjour,
Il respecte en général les règles classiques et la rhétorique
Il aime faire passer le plus d'émotion possible dans l'expression la plus resserrée. Par exemple, pense au vers suivant : "Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige" ("Harmonie du soir").
Polo
Tu peux t'expliquer sur ces quelques points stp j'ai pas compris ce que tu voulais dire!
Sinon merci à vous 2 pour vos réponses!
→ Il respecte en général les règles classiques et la rhétorique.
Il y a peu d'innovations formelles (les césures à l'hémistiche sont souvent respectées tout comme les 4 mesures régulières (ex : l'alexandrin comporte 2 accents à place fixe (6e et 12e syllabes) et 2 accents à place mobile).
A titre d'exemple, voici le vers suivant :
" J'ai longtemps habité sous de vastes portiques" (accents sur "temps", "té", "vas" et "ti" (le e final est muet)).
Il utilise fréquemment l'alexandrin et le sonnet, forme exigeante et recommandé par les classiques et les parnassiens (cf sa citation : "Parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense").
Mais, comme l'a fait remarquer fuly, il peut aussi innover en alliant la tradition à la modernité. En effet, il utilise également des octosyllabes, des décasyllabes (vers utilisés par Ronsard => Pléiade), des quatrains à rimes croisées, des quintils etc.
Tu peux alors constater que Baudelaire respecte dans l'ensemble les règles classiques même si parfois, il se permet quelques petites entorses...
→ Il aime faire passer le plus d'émotion possible dans l'expression la plus resserrée. Par exemple, pense au vers suivant : "Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige" ("Harmonie du soir").
Cette image est plus qu'insolite !
Je te recopie ici l'explication de ce vers :
A partir d'un cliché de langage (le soleil rougeoyant se noie dans les flots), Baudelaire transporte la réalité visuelle sur le plan de l'imaginaire du corps : métaphore d'autant plus forte que la blessure mortelle, noyau de signification, est implicite seulement. Le travail poétique est ici dans la concentration du plus d'émotion possible dans l'expression la plus resserrée : c'est ce que Baudelaire appelle puissance "suggestive" de l'image.
Au cas où tu n'aurais pas trop saisi le sens du titre, quelques explications supplémentaires (ce qui me permets aussi de réviser un peu...) :
"Fleurs" et "Mal" sont bien deux mots qui s'opposent : "Fleur" en poésie connote l'éclat innocent et pur (la femme désirée et jeune), le "Mal", c'est le sombre, l'informe, l'hideux.
On en conclut alors qu'il existerait une beauté propre au mal.
De plus, la préposition "du" est importante : elle indique certes l'appartenance mais aussi l'origine. Les fleurs sont extraites du mal (la poésie a souvent tendance à transformer le mal et la laideur en beauté).
Enfin, le fait que "Mal" soit au singulier montre que Baudelaire englobe toutes les formes de souffrance et de misère (mal social ou moral ou physique ou métaphysique (révolte contre dieu pour se tourner vers Satan)).
Voilà, j'espère t'avoir aidé !