La prétention de philosophie

Appelez-moi Maman, Tantine, ou petite soeur, Leihe. Comme il vous plaira. ( Pourquoi au fait? C'est le mot "corriger"? Beaucoup d'adultes sont incorrigibles! )

Mais que voulez-vous que je vous dise, au juste? Quelle insistance!

La question de l'utilité de la philosophie et de sa prétention ne m'inspire pas forcément pour l'instant de commentaires.

Je crois que nos propos n'intéressent personne. D'autres membres du forum vont peut-être vous répondre. Ne désespérez pas. Moi, je vais me coucher! Belle nuit!  wink

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La prétention de philosophie

Bonsoir Leilhe.

          Ce que je veux dire, c'est que la spéculation pour le plaisir simple de spéculer n'apporte rien. C'est la recherche de la vérité qui doit motiver la spéculation philosophique. Je ne rejette pas la spéculation en particulier, mais le sens que l'on peut lui donner et qui écarte la recherche de la vérité. Réfléchissez : pourquoi donc le raisonnement philosophique se présente-t'il souvent comme un raisonnement scientifique qui avance des prémisses souvent justifiées (il suffit de partir par exemple de partir du constat que tous les hommes qui nous ont précédés sont morts = prémisse, pour en déduire que l'homme est mortel) pour ensuite en faire découler des déductions logiques ?

La prétention de philosophie

Je ne suis pas tout à fait d'accord quant à dire que le raisonnement philosophique se présente comme un raisonnement scientifique : il me semble que les raisonnements "philosophiques" qui se donnent comme tel ratent le plus souvent leur cible. Il me semblerait d'ailleurs extrêmement difficile de décortiquer en prédicat la force "philosophique" d'un roman, d'un tableau ou même d'un essai. Cela rejoint d'ailleurs la question qui était la mienne : est-ce que la volonté de faire de la philosophie un travail, une pratique, un exercice de la question, n'implique pas un oubli de la philosophie dans sa dimension de vécu ?

La recherche de la vérité, je ne vous apprendrais rien, ne peut être donné simplement comme la fin de la philosophie. Tout simplement parce que nombre de "philosophies" ont remis en cause l'idée même de vérité et qu'on ne peut donner ce concept comme une base, comme le paradigme d'une réflexion.

Il ne me semble pas que réfléchir à la légitimé des questionnements qui sont les nôtres (ou plutôt, à la forme que prenne ses questionnements et à la façon dont on aborde les questions) tiennent de pures spéculations. Je trouve justement que le problème est parfois que l'on questionne tant et si bien que l'on ne sait même plus pourquoi l'on questionne, d'où nous vient la question. Il serait intéressant de se demander si ce qui est perçu souvent par le "reste du monde qui n'est pas en fac de philosophie" comme de la vanité, n'est pas autre chose, chez les "praticiens de la philosophie", qu'une habitude si ancrée de questionner qu'elle ne réfléchit plus sur son "pourquoi". Or, le problème vient peut-être du fait que l'on fait de la philosophie un rapport à l'exercice et non plus un rapport au vécu. Lorsqu'on pense pouvoir décortiquer en prédicat les problèmes qui sont les nôtres, est-ce qu'on ne nie pas le rapport spontané et vertigineux au monde qui est à la base de nos interrogations ? L'enseignement en cette matière pose problème, peut-être, justement, parce qu'il donne à voir "de la philosophie", sans jamais essayer de donner à sentir le problème en lui-même, l'origine subjective, physique presque du vertige.

Lorsque des cours de philosophie que j'ai pu devoir donner, il m'a semblé, par exemple, que la profondeur et l'importance de la question du sujet était plus sensible, pour saisissable et finalement plus prégnante lorsque j'invitais celui à qui je "faisais cours" (étrange idée) à penser qu'il était lui, et à tenter de creuser cette impression du "je suis moi", plutôt qu'en faisant du sujet un syllogisme. Il me semble que la philosophie comme vécu prévaut sur la philosophie comme pratique et que toute philosophie comme pratique (au sens d'une philosophie pensée comme un exercice réflexif posant une question et tentant d'y répondre) dépend d'un vécu "philosophique" où l'évidence du monde, par exemple, s'effrite face à son absurdité, son mystère. L'angoisse qui saisi lorsqu'on pense à ce qu'il peut y "avoir après l'univers", "au delà de lui" est plus motivante pour la réflexion que n'importe quel syllogisme tendant à démontrer le paradoxe de l'idée d'infinité.

Cette prévalence là me semble être oublié dans le rapport que l'on tient avec la philosophie comme pratique dans l'enseignement (et plus généralement, chez les techniciens de la philosophie, étudiant, comme moi, ou professeur). Ca ne veut pas dire que tous les étudiants et tous les professeurs sont des gens secs ayant perdu se contact là. Ca veut dire simplement, je crois, que la philosophie comme vécue n'est que trop rarement celle que l'on met en question. Finalement, la pré-tension, cette attitude qui consiste à croire que l'on peut se "poser n'importe quelle question" parce qu'on "pré-tend" vers elle, n'est ni condamnable ni moralement problématique. Ce n'est pas la question. Simplement, et c'était le fond de mon problème, je me demandais si elle n'était pas la condition de possibilité d'une philosophique comme pratique ayant oublié ses fondements dans le vécu. Parce qu'un retour au vécu premier du vertige philosophique (à l'origine de la question), permet de ne pas construire une "pré-tension" justifiant l'interrogation.

Autrement dit, je me demande si faire de la philosophie une technique, une pratique, ne nie pas les fondements même de la philosophie comme rapport spontané et sensible au monde et à l'altérité. Si cette philosophie technicisé n'induit pas par ailleurs un découplage de la philosophie (devenu discipline) et du reste du monde et si ce découplage ne fait pas de toute réflexion "philosophique", pour le coup, une pure spéculation sans fondement.

PS :

Mais que voulez-vous que je vous dise, au juste? Quelle insistance!

Si vous n'avez rien à dire sur le sujet, pourquoi y postez-vous ?

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Bonjour.

       

Je ne suis pas tout à fait d'accord quant à dire que le raisonnement philosophique se présente comme un raisonnement scientifique : il me semble que les raisonnements "philosophiques" qui se donnent comme tel ratent le plus souvent leur cible. Il me semblerait d'ailleurs extrêmement difficile de décortiquer en prédicat la force "philosophique" d'un roman, d'un tableau ou même d'un essai.

         Ce n'est pas moi qui le dis mais un éminent philosophe du nom d'Aristote. Il utilise pour démontrer ce qu'il avance soit la démarche scientifique, qui amène à une conclusion nécessaire, soit la démarche dialectique, qui amène à une conclusion probable. La teneur de "certitude" que l'on peut évaluer d'une conclusion à un raisonnement doit se chercher dans le type de raisonnement que l'on utilise. Mais, pour éviter de tomber dans la pure spéculation, il convient, à mon avis, de confronter toujours nos idées à la réalité sensible, sous peine de la perdre pour de bon, et d'aboutir à des conclusions erronées.

         

La recherche de la vérité, je ne vous apprendrai rien, ne peut être donné simplement comme la fin de la philosophie. Tout simplement parce que nombre de "philosophies" ont remis en cause l'idée même de vérité et qu'on ne peut donner ce concept comme une base, comme le paradigme d'une réflexion.

          Là je dois dire que je vous attends au tournant. Je vous rappelle que tous ceux qui ont philosophé ont voulu faire prévaloir leur vision du monde, leur "vérité", à commencer par les Anciens comme Socrate (les philosophes sont "ceux qui aiment le spectacle de la vérité". Cf. La République de Platon), jusqu'aux existentialistes (Sartre et Cie).

Dans tous les cas, je me soumets avec bienveillance à cette maxime qui, à mon avis, doit commander à tout philosophe : Primum vivere, deinde philosophari.

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Vérité.

J’agite ce terme comme un monstrueux fétiche. Je drape les vanités de son joli visage. Je fantasme avec lui l’ensemble de ce que je ne peux saisir. Je justifie ma voix en lui vouant un culte. Le monde peut, sous ses augures, s’essouffler sous mes prédicats, se tordre à ma logique, se donner une allure et un style. Avec elle, ma pensée s’horizonne et touche quelque chose du monde. C’est elle qu’Aristote ou Nietzsche, que Kant ou Héraclite, qu’Hegel ou Descartes ont frôlée, palpée, dosée, inscrite, éteinte ou rallumée en écrivant.

Mais d’où la dialectique, la logique, d’où la philosophie ou la mathématique, d’où les mots même disent quelque chose du monde ? Qui peut dire que ce système que j’ai construit et que je nomme logique peut m’aider à juger de ce qui est vrai ou non ? Comment puis-je, moi qui ne connais ni le monde en son entier ni ma pensée dans ce qu’elle peut, dire que ce système est juste pour juger du réel ou de la vérité ?

Malgré tout, je pense pouvoir prétendre cela et, le prétendant, j’interroge : le monde existe-t-il ? L’humanité est-elle bonne ? Peut-on être moral ? Quelle est notre mission ? Je répondrai ou je ne répondrai pas. Cela se fera en trois parties bien clairement structurées, jointes entre elles par de belles transitions et finira sur une conclusion. Une conclusion et l’on passera à autre chose.

L’exercice sera lui-même justifié par différents arguments qui me serviront de garde-fou. Certain, diront qu’il participe à l’ouverture d’esprit, interroge la pensée et l’inquiète en l’obligeant à explorer les pistes. Mais, qui me dit qu’explorer des pistes m’ouvre, plus qu’autre chose, à la vérité ? Qui a dit que penser encore et encore, répondre encore et encore, faisait sentir le réel ? D’autre diront que c’est un choix, que leur raison est farouche, feront semblant d’assumer une vérité jusqu’au bout, jusqu’à l’excès, jusqu’au ridicule, simplement pour pouvoir continuer à rabattre ailleurs l’angoisse. Pourquoi faudrait-il que l’angoisse se taise ? Qui a-t-il de farouche dans une pensée qui s’affirme, comme un attentat, et ne se confronte jamais à rien d’autre qu’elle, de peur de voir quelque chose qui ne s’inclue pas dans son propre système ? L’on pourra aussi trouver ailleurs, certain, qui verront dans les sages philosophies des temps écoulés les théologiens de la vérité et feront de leur texte des Évangiles à décrire et à décortiquer.

Moi, parfois, je crois simplement en une forme de révolte. Quelque chose entre Sisyphe et K. Je construis un mythe où ce que j’écris s’auto-justifie. Où se que j’écris est un « effort louable ». Où se que je dis peut s’entendre comme une consolation de mon impossibilité à voir « vraiment » ou à sentir « vraiment ».

Mais souvent, effectivement, je me demande d’où peut venir cette prétention et m’interroge sur la possibilité d’y échappe ou d’aborder les choses autrement. Je ne doute pas de l’intérêt de ce qui fut écrit grâce à elle ou avec elle, je ne doute pas non plus de la « bonne foi » de ceux qui avaient avec elle une belle encre. Mais je ne peux me soustraire à l’idée qu’il y a dans tout se remue-ménage de questions et de réponses un délire étouffant et vertigineux lorsqu’on l’observe d’ailleurs, comme d’un aquarium.

L’on me dit que si je m’interroge sur cette prétention, que si je crois voir en elle l’un des traits marquant de notre manière de « faire » de la philosophie, alors il faut que je cesse même de « philosopher ». L’on m’écrit que la critique est « trop simple ». Mais d’où la simplicité est un défaut ? D’où l’apparente facilité d’une idée est une condamnation de cette idée ? Comme si la complexité d’une réponse ou d’une idée justifiait son existence ? D’où, par ailleurs, est-il impertinent ou inconvenant de réfléchir sur ce que nous faisons, nous, ici, à longueur de pages ? Pourquoi poser ces questions n’est-il pas justifié ? Est-ce qu’il faut réfléchir envers et contre tout sur n’importe quoi, sans jamais faire un pas de côté pour tenter de se demander simplement pourquoi on réfléchit à ses choses et comment on y réfléchit ? Je ne sais si la philosophie peut se faire autrement qu’avec cette forme de prétention que je ressens et je ne sais non plus si elle peut se faire sans cette impression de fatuité. En revanche je ne peux comprendre que l’on rejette une telle question sans y réfléchir (surtout lorsqu’on se dit, par exemple, « disciple d’Aristote »).

Suis-je le seul à « être en philosophie » et à ressentir ce vertige du vide lorsque j’entends des disputes sur ce qu’on nomme l’Être ou la Vie ou autre chose encore ? Est-ce qu’il est si délirant que de s’interroger sur les fondements des mots et des attitudes qui guident notre manière de parler sur le monde ? Peut-on construire autre chose que des postures si on ne cherche pas à envisager ces postures pour ce qu’elles sont ? Je connais des amateurs de la déconstruction ; ne faudrait-il pas déconstruire cette idéologique philosophique de la déconstruction, qui veut que tout peut se déconstruire sinon le sujet qui déconstruit ? Il est trop simpliste, pour le coup, que de renvoyer la simplicité d’une question comme unique réponse à cette question. Je n’aurais pas la « prétention » de dire que c’est révélateur : n’empêche que les réponses qui ont été faite ici ne répondait jamais, finalement, au problème et se bornait à l’esquive. Peut-être que l’esquive est la soupape de cette philosophie qui à force de se « faire » ne paraît, parfois, même plus s’éprouver.

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Et cette dernière intervention est également un effort louable : je m'y reconnais totalement.
Ce sentiment d'échec réussi mais que finalement répondre à une telle question n'est qu'un ersatz assez ridicule.

Merci pour cette invitation à faire un pas de côté également.

Je ne sais si la philosophie peut se faire autrement qu’avec cette forme de prétention que je ressens et je ne sais non plus si elle peut se faire sans cette impression de fatuité.

Non sans doute pas, je crois qu' on ne le fait pas sans avoir entendu un appel particulier et urgent doublé de ce sentiment d'impuissance.

Suis-je le seul à « être en philosophie » et à ressentir ce vertige du vide lorsque j’entends des disputes sur ce qu’on nomme l’Être ou la Vie ou autre chose encore ?

Non!

Pareil à toutes tes autres questions ; mais en fait, moi j'ai pas pris la peine de poser toutes ces questions (enfin pas explicitement), j'ai fait direct le pas de côté dès que j'ai ressenti cet appel! tongue

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Bonjour.

        Leilhe. Votre discours est un peu - comment dirais-je - une envolée lyrique que j'ai du mal à entendre. Du moment que vous vous comprenez, c'est l'essentiel. Mais n'oubliez pas que vous n'êtes pas seul. Je vous dirais simplement, à l'instar de Péguy, la vérité repose. Mais qu'est-ce-que la vérité ? Il semblerait qu'elle porte sur des choses de l'existence. Notre pensée fait un retour sur son contenu, le confronte au réel, à la réalité sensible, pour en faire une réalité intelligible, qui vit dans notre mémoire. La table qui est devant moi est mémorisée, elles devient une réalité immatérielle, une idée, mais qui a un lien avec la réalité sensible, la table qui existe devant moi, que l'on peut sentir au toucher, voir avec ses yeux.
       
        L'adéquation de la pensée, immatérielle (l'esprit, ou je dirais même l'intelligence), avec la chose matérielle, c'est ce que j'appelle la vérité. Ce qui peut faire écran dans cette adéquation, c'est notre désir de placer l'idée même comme point de départ et comme fin de notre réflexion, en excluant la réalité sensible. C'est le cas de certaines visions du monde. En effet, depuis longtemps, on nous a proposé plusieurs visions du monde, plusieurs définitions de l'homme, plusieurs interprétations. Or, il ne peut y avoir deux vérités. Comme le souligne Aristote, "il est impossible que le même appartienne et n'appartienne pas en même temps à la même chose et du même point de vue" (Métaphysique). C'est un principe à mon avis irréfutable. A partir du moment où vous ne vous souciez que des idées, ce sont toutes les dérives idéalistes... Mais nous avons aussi les nominalistes, qui excluent l'idée, l'activité de l'intelligence, et qui ne retiennent que le sensible. Ce sont autant de pratiques qui, à mon avis, nous éloignent de la vérité.

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Mon message paraît toutefois assez compréhensible pour que vous réussissiez à y répondre, cela me rassure un peu. J'imagine que l'ensemble manque un peu de syllogismes pour coller véritablement à ce que doit être l'Essence de la Philosophie !

Pour le reste, il me semble que définir la vérité comme une certaine adéquation entre la pensée (immatérielle (il faudrait dire en quoi elle est immatérielle d'ailleurs...)) et les choses matérielles, n'enlève strictement rien à la difficulté, voir à l'impossibilité de la manipulation de la notion "vérité" en philosophie ou ailleurs. Tout dépend, de fait, du jugement qui fait de tel chose une pensée ou de tel chose une "chose matérielle". Aristote est un philosophe extrêmement intéressant, mais je me garderais quand même de le prendre comme unique référence si je devais réfléchir sur des questions épistémologiques. Vous parlez d'une adéquation, mais vous ne dites pas comment il est possible d'avoir accès aux membres de cette adéquation. On n'a pas besoin de lire Kant pour sentir que ce qu'on nomme "chose matérielle" n'est peut-être et même sans doute rien d'autre que le résultat d'une construction de la "pensée" - comme vous dites - et dans ce cas là, dire que la vérité est une adéquation entre la pensée et la chose matérielle n'a aucun sens.

Bref, je comprend bien que vous restez sur votre position et je n'aurais ni la prétention ni l'idée de vous faire changer d'avis. N'empêche qu'on est obligé de constater que vous n'apportez rien de plus par rapport à vos paradigmes de bases et que votre idée de vérité, qui vous sert de socle, ne tient pas vraiment la route vu les justifications que vous lui donnez.

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La vérité n'est qu'une idée globale qui regroupe des propositions et idées multiples : c'est comme la Loi, la justice.
Elle est une sorte de tentative qui doit toujours être renouvelée sous peine de perdre son sens ou encore un conatus : elle est soumise à la loi du changement elle aussi.

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Bonjour.

       

Pour le reste, il me semble que définir la vérité comme une certaine adéquation entre la pensée (immatérielle (il faudrait dire en quoi elle est immatérielle d'ailleurs...)) et les choses matérielles, n'enlève strictement rien à la difficulté, voir à l'impossibilité de la manipulation de la notion "vérité" en philosophie ou ailleurs. Tout dépend, de fait, du jugement qui fait de tel chose une pensée ou de tel chose une "chose matérielle". Aristote est un philosophe extrêmement intéressant, mais je me garderais quand même de le prendre comme unique référence si je devais réfléchir sur des questions épistémologiques. Vous parlez d'une adéquation, mais vous ne dites pas comment il est possible d'avoir accès aux membres de cette adéquation. On n'a pas besoin de lire Kant pour sentir que ce qu'on nomme "chose matérielle" n'est peut-être et même sans doute rien d'autre que le résultat d'une construction de la "pensée" - comme vous dites - et dans ce cas là, dire que la vérité est une adéquation entre la pensée et la chose matérielle n'a aucun sens.

            Dire que notre appréhension du réel peut-être une pure construction de la pensée déconnectée, en réalité du réel, c'est aussi renier totalement l'idée de vérité. Dommage. Car le scepticisme se contredit même dans le sens où il veut apporter une solution à nos problèmes qui est une forme d'affirmation arbitraire. Mais je vois votre problème. Vous prenez la philosophie comme une discipline qui pose plus de questions qu'elle n'en résoud. Juste une question : lorsque vous êtes malade, vous ne vous dites pas que si ça se trouve c'est une pure construction de l'esprit, vous allez vous faire soigner ! Alors, pourquoi renier le réel et la possibilité d'une concordance entre celui-ci et notre pensée ? C'est tout de même incroyable !