Je viens de lire le Château, et finalement, c'est un beau voyage, que de lire du Kafka. Après une Métamorphose ratée, qui ne m'avait guère enchantée, le Château a su me faire voir les contour noir de l'âme humaine, lorsqu'elle est plongée dans une société administrative, bureaucratique, où, Klamm, un simple fonctionnaire paraît être un Dieu, dont les envoyés sont multiples et interchangeables, ou l'homme a perdu toute sa singularité.
Finalement, même l'amour, dans ce "village", (espérons qu'il n'y ait qu'en ce lieu où les âmes soient corrompues... -idéalisme?-) est un voile couvrait l'ambition d'une ascension sociale vers le Château et ses hauts fonctionnaires invisibles, mais dont la présence est lourde en chaque page.
D'ailleurs, c'est intéressant de voir l'ambiance qu'il y a dans les livres de Kafka, on se sent comme piégé, emprisonné, ne pouvant faire autrement que de, dans une contrainte d'action, comme notre héros : vous devez subir un interrogatoire, nous n'avez pas le droit d'être ici" etc; pour finalement, ne toucher à la liberté qu'en un rare moment : dans le froid glacial de la neige, face à l’hôtel des Messieurs, après avoir bu une goulée et refuser de déguerpir de là.
En revanche je n'ai absolument pas saisi l'entretien avec le fonctionnaire précédant Erlanger, qui veut lui parler pour s'endormir, et où K. justement s'endort. Quelqu'un a une interprétation ? 