Dossier sur l'image de la femme dans la poésie du XVIe siècle au XXe siècle

Bonjour à tous,
dans le cadre d'un dossier que je dois réaliser sur l'image de la Femme dans la poésie, du XVIème au XXème siècle, je cherche des poèmes présentant une image péjorative de la femme. Je manque cruellement d'exemples : les écrits de Baudelaire sont les seuls sur lesquels je me base actuellement. Ces derniers ne sont malheureusement pas représentatifs de l'image de la femme dans la poésie aux XVI, XVII, XVIII et XXème siècles. Auriez-vous quelques exemple de poèmes susceptibles de pouvoir m'aider ?

Merci beaucoup !

2 (Édité par Polo 14/04/2012 à 22:34)

Dossier sur l'image de la femme dans la poésie du XVIe siècle au XXe siècle

Les contre-blasons (même si ces poèmes satiriques étaient plutôt centrés sur une partie du corps féminin).
En un sens, "Vénus Anadyomène" de Rimbaud pourrait convenir, mais seulement si on le considère comme l'envers du canon féminin. Au fond, Rimbaud exalte ces femmes "belle[s] hideusement", car elles sont libres, le poète, et Rimbaud plus que d'autres, dirigeant toujours son regard au-delà des conventions.

Dossier sur l'image de la femme dans la poésie du XVIe siècle au XXe siècle

Bonsoir et merci pour votre réponse qui pourra m'aider à préciser mon analyse concernant le XIXème siècle. Auriez-vous, à tout hasard, des exemples propres à des siècles antérieurs ?

Merci beaucoup !

Dossier sur l'image de la femme dans la poésie du XVIe siècle au XXe siècle

Pour les contre-blasons, tu en trouveras une liste ici : http://www.weblettres.net/spip/article. … rticle=340
Pour le XVIe siècle, prends le Marot (le plus connu) et celui de Du Bellay auquel je ne pensais plus (sur les cheveux gris).
Pour le XVIIe il y a Scarron :

Vous faites voir des os

Vous faites voir des os quand vous riez, Hélène,
Dont les uns sont entiers et ne sont guère blancs ;
Les autres, des fragments noirs comme de l’ébène
Et tous, entiers ou non, cariés et tremblants.

Comme dans la gencive ils ne tiennent qu’à peine
Et que vous éclatez à vous rompre les flancs,
Non seulement la toux, mais votre seule haleine
Peut les mettre à vos pieds, déchaussés et sanglants.

Ne vous mêlez donc plus du métier de rieuse ;
Fréquentez les convois et devenez pleureuse :
D’un si fidèle avis faites votre profit.

Mais vous riez encore et vous branlez la tête !
Riez tout votre soûl, riez, vilaine bête :
Pourvu que vous creviez de rire, il me suffit.

Charmant !

5

Dossier sur l'image de la femme dans la poésie du XVIe siècle au XXe siècle

Bonjour,

Pour le XVIIIe (pauvre en poésie, c'est vrai), tu as "La jeune Tarentine" d'André Chénier

La jeune Tarentine

Pleurez, doux alcyons ! ô vous, oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez !
Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine !
Un vaisseau la portait aux bords de Camarine :
Là, l'hymen, les chansons, les flûtes, lentement,
Devaient la reconduire au seuil de son amant.
Une clef vigilante a, pour cette journée,
Sous le cèdre enfermé sa robe d'hyménée
Et l'or dont au festin ses bras seront parés
Et pour ses blonds cheveux les parfums préparés.
Mais, seule sur la proue, invoquant les étoiles,
Le vent impétueux qui soufflait dans les voiles
L'enveloppe : étonnée, et loin des matelots,
Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots.

Elle est au sein des flots, la jeune Tarentine !
Son beau corps a roulé sous la vague marine.
Thétis, les yeux en pleurs, dans le creux d'un rocher
Aux monstres dévorants eut soin de le cacher.
Par ses ordres bientôt les belles Néréides
S'élèvent au-dessus des demeures humides,
Le poussent au rivage, et dans ce monument
L'ont, au cap du Zéphyr, déposé mollement ;
Et de loin, à grands cris appelant leurs compagnes,
Et les Nymphes des bois, des sources, des montagnes,
Toutes, frappant leur sein et traînant un long deuil,
Répétèrent, hélas ! autour de son cercueil :
" Hélas ! chez ton amant tu n'es point ramenée,
Tu n'as point revêtu ta robe d'hyménée,
L'or autour de tes bras n'a point serré de noeuds,
Et le bandeau d'hymen n'orna point tes cheveux. "

6 (Édité par Portia 15/04/2012 à 15:14)

Dossier sur l'image de la femme dans la poésie du XVIe siècle au XXe siècle

Le sport féminin vu par Montherlant au XXe siècle :


Les bras abaissés

(Une arrivée de 800 mètres)

Elles cahotent derrière comme des pantins, se
désunissent, raccourcissent leur foulée.
La sienne, au contraire, depuis le départ, elle
l'a sans cesse et peu à peu augmentée.
Elle paraît ainsi pleine d'aisance, et elle est
ravagée à l'intérieur par l'effort.
Les autres, derrière elle, sont hideuses : leurs
bouches telles que sciées par un mors,
leurs bouches comme les bouches grandes ouvertes
des poissons morts et des soldats morts.
Mais Dieu est assis sur sa face. Elle arrive les
bras abaissés.



Henry De Montherlant

« Les Olympiques » 1924

Dossier sur l'image de la femme dans la poésie du XVIe siècle au XXe siècle

Merci beaucoup pour toutes vos réponses ! Je vais étudier sans plus attendre tous ces poèmes.
Merci encore.